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sont du quatorzième siècle, et trois mille manuscrits, etc. etc. etc. En montant le grand escalier, on découvre, par imc fiMu-lie spacieuse, un cimetière greco-romaiu, dans un jardin. Là, plusieurs tombes grecques et romaiu^^s ont été découvertes, et il reste encore beaucoup d'excavations à faire : c'est un objet très-curieux et très-intéressant, (i)
journcllcmenl à Poinpeii sont rédiiils eu poussière par riiuniidité, et il est impossible d'en rien sauver.
Le procédé dont on se sert pour dérouler les manuscrits est curieux. Une petite forme qui ressemble à celle des relieurs soutient le tissu auquel les écailles du volume, u mesure qu'elles se détachent , sont collées avec une forte gomme. Les caraclèrcs tracés ne se distinguent que par une IciiUe d'un noir plus fonce que le reste de la surface. L'opération a réussi au ])oint de découvrir le texte,, avec plusieurs lacunes il est vrai, mais suflisaminent pour le comprendre. (Àq)endanl on a peu de choses à espérer de cette source en fait de découvertes intéressantes. Un très-grand nombre de manuscrits ont été déroulés au point de reconnaître ce qu'ils contenaient, et il s'en est trouvé à peine un seul ipii eût une valeur intrinsèque : ils étaient tels qu'on pouvait s'attendre à les trouver dans l'obscure bibliothèque d'une obscure ville de province. On a bien plus à espérer des travaux de l'abbé Mai pour retracer les parchemins palimpsestiques.
(0 Voyez sur ce sujet, Mrrnnria tli un tinlico scpol- ( rrlo (Jrciu-l\in>Kinn tla I.oicnzo Ginstinid/ii.
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Le site le plus pittoresque des environs de Naples est la nouvelle route tracée d'après les ordres de Murât. Elle tourne autour des collines du délicieux promontoire de Pausilippe, au-dessus de la baie, et découvre les ruines d'anciens palais, baignées par les vagues bleues de la mer , qui réfléchissent toutes les formes d'architecture dévastées, que les peintres aiment à représenter, et qui, contemplées à la clarté de la lune, s'élèvent jusqu'à la beauté idéale du paysage romantique (i). Ces ruines, belles dans leur désolation, rappellent diverses époques de l'histoire de Naples. On voit là les derniers vestiges des pavillons gothiques de la fameuse Jeanne de Naples , dont la beauté , le génie, les crimes, peut-être supposés, et les infortiuies réelles , font la contre-partie de la destinée de Marie d'Ecosse ! Les restes des
(i) Naples, la patrie de Salvator-Rosa , a toujours été la résidence favorite des peintres étrangers, qui , laissant leur patrie pour se fixer à Rome , finissent en général par s'établir à Naples. Angelica Kauffraan y fixa son domicile 5 et le suisse Huber , le bollandais Pilloo , après avoir vu Naples , ne purent exister ailleurs. Si ce n'étaient les maux qu'un gouvernement despotique perpétue dans la société , et les fatales institutions qu'il a ravivées, Naples serait incontestablement la plus agréable résidence fie l'Ilalie.
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salles des vice-rois espagnols sout aussi éparses sur ces rives. Cest là que plus d'un somptueux festin a été donné aux dépens des privations d'un peuple. Les débris moins remarquables des villas qui bordent le rocher de Virgile , unissent le moderne et élégant casino d'une dame anglaise (i), aux sites de Marechiano où se trouvaient la villa de Pollion et la retraite maritime de Lucullus, à l'extrémité du promontoire de Posilipo , rocher agreste où l'on voit le figuier des Indes s'élever parmi des buissons épais et sauvages, (-a)
Au-dessus de ce coteau enchanté, d'où la vue s'étend sur des îles e't des îlots d'un intérêt classique et d'une beauté pittoresque, s'élève
(i) S. A. S. la margrave d'Anspach , dont le beau petit jardin et l'élëgant pavillon ont l'air d'avoir été transportés dans un étui, des bords de la Tamise aux rives de la Méditerranée.
(2) Le site couvert de ruines appelé Scoglio di Virgilio contient, dit-on , les débris de la villa de Lucullus, une de celles que cet élégant voluptueux possédait le long de cette côte. On suppose aussi que le cap de Pausilippe était le lieu oii se trouvaient les pêcheries de Vidius Pollion; mais tout cela est devenu un territoire contesté par les savans, depuis que la nouvelle lumière des antiquaires est venue dissiper toutes les illusions, et prouver que îiolhing is but what is not ( rien n'existe que ce qui ri 'existe pas ),
NAPLE8. iGv)
cette montagne dont le nom grec exprimait, dit-on, sa situation aimable, et qui restera toujours gravée dans la mémoire de ceux qui l'ont visitée, comme l'un des aspects les plus délicieux que l'art et la nature se soient plu à former, la montagne et le promontoire de Pausilippe. Ses ondulations entourent une grande partie de la ville, et déploient leur paradis à trois milles le long de la côte méridionale. Le plaisir et la piété l'ont choisi pour asile dans tous les siècles. Autrefois Tibère et Lucullus y donnaient leurs fêtes; maintenant le noir dominicain (i) et la rigide carmélite y tiennent leur tribunal, y conservent leurs châsses. La pieuse muse de Sannazar ('2) chantait ses hymnes dans
(i) L'église et le couvent des dominicains à Santa- Brigida , et le couvent des carmélites à Santa-Maria-del- Paradiso, sont sur le Pausilippe. •
(2) Sur le revers oriental du promontoire est la fameuse Mcrgellina , donnée à Giacopo Sannazaro , secrétaire de Frédéric, roi de Naples, comme la récompense de ses services, récompense que ce poète trouvait assez grande. Sa beauté , sinon sa valeur , la rendait précieuse à ses yeux; et ses palais et ses j.trdins rivalisaient ceux d'Armide : quand, hélas I un des généraux de l'empereur Ch.'irles-Quinf ( un prince d'Orange ) conduisit ses barbaies Germains à travers l'élysée de la Mergellina , dévasta les jiirdins et pilla le ])alais du poète. Dans le dépit que lui causa ce désastre, Saanazar abandonna le monde,
ces bois et ces jardins qui rivalisaient avec ceux de Paplios. Là , Virgile dort sous aon bosquet, objet du pèlerinage de Boccace; et Minerve et Apollon reçoivent l'hominage des dévots, sous les noms vénérables de Judith et de David, De toutes parts les clochers des églises et des couvens se mêlent aux belvédères et aux villas, au milieu de paysages gracieux c[ui rappellent et justifient les éloges de leur possesseur inspiré, dont la tombe ajoute un nouvel intérêt au site qti'il a célébré: O liela piaggia ! n solitaria vallcl O accolto mouticell clic lui difende D'ardente sol , con le lue ombrose spalle. O fresco I o chiaro rivo ! chi descend! NpI verde pralo , Ira fiorite sponde , E dolco ad ascoltar inorniorio rcndi , etc. etc.
- . SAWAZAnO.
et fonda une église sur les ruines de sa villa , qu'il dédia, par une assez étrange fantaisie, al snnlissinio jxirlo délia grande madré del Dio, l'île, après avoir composé quatre livres .sur le même sujet. Sa tombe est dans cette église , et l'on v voit aussi deux antiques statues de Minerve et d'Apollon , qui oui ('t(' baptisées David ol .luditli. Dans le seizième siècle, le gémirai de reniperenr d'Allemagne a rasé la «lomeure d'un des plus grands poètes (lu temps, et dans le dix-neuvii'iue , iiti .lulic empereur tr.Vllemagne , natif el seigneur de l'Italie, se vante de u'.ivoir jamais lu le plus grand jtoète que l'Italie ait jamais pro<liiil , l'Arlo-le.
Une des collines du Pausllippe est particulièrement romantique et solitaire. C'est un défilé étroit et richement boisé , bordé par des buissons et des arbustes, tapissé de clématis et de chèvrefeuille , et ombragé par de grands ormes et des chênes majestueux : il se termine tout à coup au bord d'un précipice, dans une petite prairie devant la cabane d'un ermite, ou du moins une cellule qu'un ermite aurait pu élever de ses propres mains. Des myrtes et des lauriers sortent de ses crevasses, et le lierre qui la couvre descend jusque sur l'entrée en festons fantastiques. L'intérieur répond à l'apparence agreste et romantique de l'extérieur; les murs humides sont faiblement éclairés par une petite fenêtre cintrée, à demi cachée par des plantes. De cette ouverture on découvre au-dessous une scène magique : c'est la caverne d'un enchanteur, la grotte d'une sibylle, merveilleuse à contempler, impossible à décrire. La longue perspective échapperait à l'œil, sans le rayon de lumière d'un bleu brillant, admis aux deux extrémités et réduit par la distance à un point; tandis que le centre sur lequel plonge le spectateur, est éclairé par des lampes suspendues à la voûte des rochers, jetant une lueur dorée sur les massives murailles, et tombant avec un effet encore
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plus frappant sur les groupes mouvans qui passent dans une hâte silencieuse à travers cette galerie souterraine. Quelquefois les rayons tombent sur une procession de moines qui accompagne avec des torches et un crucifix un corps porté à découvert sur une bière; d'autres fois sur le paysan de Pozzuoli dans ses habils de fêtes, portant des paniers de marché, ou conduisant des mules chargées; d'autres fois sur la barouche anglaise ou la calèche napolitaine, avec leurs nombreuses et grotesques charges. L'œil se trouble en s'arrêtant sur ce panorama mouvant et magique de la hauteur qui le domine, et l'on se détourne de sa vue pour examiner la cellule d'où cette caverne se découvre le mieux : la cellule est la tombe de Virgile ; la caverne est la grotte de Pausiîippe!(.r)
(1) Les gens du pays l'appellent Grolta di Pozzuoli. Pour éviter de passer dans cette grotte , le seul chemin qui conduisît de Naples à Pozzuoli , Murât imagina sa belle roule sur le revers de la montagne. On ne peut rien dire de neuf sur ce singulier monument : on est encore en doute si c'est l'ouvrage des habitans de Curaes ou des Romains. Strabon et Senèque, qui y avaient passé, l'ont décrite; mais des changemens matériels y ont été faits par Pierre i*' d'Aragon et le vice-roi don Pedro de ïolède. Celle grotte est maintenant bien tenue et bien
La campagne de ce coté de Naples , Pozziioli , Baies, Misène, etc. etc. occuperait plusieurs jours l'antiquaire le moins minutieux. La cote, pendant plusieurs milles, abonde en restes de temples, de villas, d'amphithéâtres, et l'on y retrouve partout les sites des anciens chants. Chaque route offre un point à examiner, ou une dispute à décider. Mais dans toute cette multiplicité d'objets, il en est cependant fort peu qui soient assez parfaits pour intéresser l'observateur philosophe, en rappelant l'économie intérieure des anciens, comme ceux de Pompeii. Mais c'est la richesse admirable des paysages qui dédommage amplement de la fatigue de descendre dans des trous nommés par dérision, grottes des sibylles, ou de se plonger dans l'atmosphère humide et froide des amphithéâtres enterrés, qui ressemblent assez à des celliers, ou bien d'errer à travers des murailles dégradées, à qui l'on veut bien donner des noms historiques. Toute cette ligne est de plus le site d'un volcan éteint, dont l'activité cessa probablement quand celle
éclairée; l'entrée et la sortie sont d'un effet impossible à décrire. La tombe de Virgile est toujours disputée par les antiquaires; mais ce serait une folie de douter de ce qu'on a du plaisir à croire^ et l'on est tenté de prendre le laurier qui croît en ce lieu pour une couronne.
du Vésuve commença ; quoique la formation du monte Nuovo soit d'une date bien plus récente. Le lac d'Agnano forme un cratère, le lac d'Averne (car c'était un lac du temps de Virgile) en est un autre, et l'œil de la science en retracerait beaucoup plus dans un espace de peu de milles. Le mont Pausilippe est de tuf, et la même substance mêlée de fréquentes veines de lave forme le sol de toute la contrée. Le lac Agnano conserve cependant deux traits de sa formation originale, dans la grotte du Chien, qui renvoie depuis des siècles un torrent d'acide carbonique continuel; et à cent pieds de distance, les bains de vapeurs de San-Germano, qui sont produits en grattant simplement la terre, ce qui en fait sortir des vapeurs chaudes, épaisses etminérales qui s'exhalent et forment une atmosphère qu'on estime trèspuissante dans la cure des rhumatismes. La Solfatara , cratère qu'on peut à peine regarder comme éteint, émet en tout temps une fumée dense; et l'abîme sur lequel on marche, dont la voûte résonne comme le tonnerre quand on frappe sur le sol , renvoie assez de soufre sublimé pour que, lorsque la Sicile s'est trouvée séparée de Naples, la Solfatara ait fourni à la consommation du royaume continental. 11 se trouve dans ce lieu 4ine assez grande manu-
facture d'alun, et des bains plus efficaces que ceux de San-Germano, qu'on a, dit-on , employés avec succès dans les affections pulmonaires. Mais les objets de recherches scientifiques et antiquaires sont également étrangers au plan de cet ouvrage et aux connaissances* de son auteur. Ils sont amplement détaillés dans les écrits des savans, et même dans des compilateurs itinéraires, qui sont extrêmement répandus : ainsi donc la répétition de ces détails serait aussi présomptueuse que superflue.
Sur la plus haute des montagnes qui entourent Naples , est le superbe monastère des Camaldules. 11 vaut bien la fatigue qu'on éprouve en y montant, quoique le chemin soit à peine rotabile y comme les Italiens appellent les routes où Ton peut aller en voitures. On voit de la le Vésuve, la Solfatara , Pozzuoli, Baies, Misène, et même les rives de Cumes et de Gaëte. C'est le plus beau panorama naturel qu'on puisse imaginer; cependant il est presque égalé par d'autres montagnes couronnées de forts et de couvens qui représentent réellement le gouvernement et ses institutions , la force et l'erreur.
Il est de mode de dénigrer l'architecture de Naples et de faire écho à cette observation laconique d'un moderne voyageur français : Ici
jyÔ NAPLES.
pas un bon morceau cT architecture ! Mais si l'architecture n'est pas bonne, elle est originale, quelquefois pittoresque , quelquefois grotesque, mais jamais totalement dépourvue des qualités qui agissent sur l'imagination , hors quand *ses lourdes imitations visent au style grec. Parmi les trois cent trente églises deNaples, plusieurs sont très-dignes d'être vues, quoique leur examen ne soit pas un devoir imposé par le code ciceronique. Quelques-unes , bâties par les princes de la maison d'Anjou, sont gothiques et massives : telle est la cathédrale où le miracle de saint Janvier se fait encore, au grand amusement de la populace, et au grand dégoût des personnes plus éclairées (i);
-(i) Pendant la première occupation des Français le miracle manqua , et la chose était faite à dessein pour agiter le peuple et produire une réaction ; mais le général français envoya au saint un ordre péremptoire de se conduire convenablement, sous peine de faire un exemple sur les prêtres qui le desservaient; cet ordre fut promptement exécuté. Quand le miracle manque , le peuple vomit contre le saint toutes les injures et toutes les imprécations imaginables , et malheur à l'étranger qui resterait dans l'église dans cette conjoncture : on attribuerait le manquement du prodige à sa présence hérétique, et il serait indubitablement outragé et maltraité.
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et l'église de saint-Dominique élevée en 1284. D'autres ont un caractère moresque comme ceUede San Giacomodei Spagnuoli (^àeSaint-lacques des Espagnols), où l'on voit les beaux mausolées de PierredeTolède et desa femme. L'église de San Giovanni a Carbonara (nom qui, je suppose , sera bientôt changé , comme de mauvais augure, même pour une église) est le Westminster de Naples; elle abonde en superbes tombeaux anciens dédiés aux dominateurs de Naplesde toutes les nations. Là, lesprincesd'Anjou et d'Aragon reposent enfin en paix, et mêlent ensemble leurs poussières.
L'église de Sainte-Claire (Santa-Clara) est la plus intéressante de Naples par son antiquité et sa magnificence; elle a été commencée en i3i8, par Robert, roi de Naples, et la reine Sancia d'Aragon, sa femme. Le beau monument de son royal fondateur est son principal ornement ; la grande antiquité et le beau travail en font un des plus singuliers mausolées d'Italie. On trouve encore là une inscription à l'infortunée Jeanne 1'% quoique sescendresreposent dans l'églisede Saint-François. Elle priait dans l'oratoire de sa prison de Mont-Saint- Ange , lorsque quatre spadassins hongrois , sujets de son cruel beau-frère, etagens de son protégé Charles de Duras, forcèrent son asile