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chœur, est presque entièrement musical , et accompagné de génuflexions , de saluts , d'évolutions et de changemens de place, extrêmement imposans , mais assez fastidieux par leur multiplicité désordonnée et l'heure destinée au sommeil, qu'ils consument d'une manière si pénible. Ce service, qui ne fut entendu ni vu de personne, à l'exception de quelques Anglais , Russes et Polonais privilégiés qui avaient été admis dans le chœur , dura deux heures. . Alors commença la procession du berceau, composée de tout le clergé assistant, qui marcha vers une sorte de niche dans laquelle était cette relique, éclairée de mille flambeaux, entourée de dévots qui s'étaient relayés constamment pendant la journée et le soir précédent. On la porta de là avec des chants solennels à la chapelle de la Sainte-Croix. Pendant cet intervalle, tout était en mouvement, on s'agitait, on se foulait pour s'assurer des places dans la chapelle. Les musiciens , se hâtant de courir à l'orchestre préparé pour le second acte du spectacle , trébuchaient sur la multitude prosternée qui se trouvait soùs leurs pas; et tous ceux qui avaient paru indifférais pour l'office , s'empressaient à chercher les moyens de contempler le berceau. Une messe en musique fut exécutée , et le berceau étant déposé
CÉBÉMONIES DE L^GLTSE. ig
sur le grand autel (i) , les spectateurs , ennuyés et harassés , sortirent à l'instant où le dôme de Saint-Pierre se dorait des premiers rayons du matin , où lés coupoles et les clochers des sept collines se dessinaient au-dessus des brouillards de la nuit qui couvraient encore la cité et ses ruines. La fraîcheur et le calme du matin ne m'avaient jamais semblé si agréablés que je les trouvai alors en quittant le bourdonnement, les lumières, l'atmosphère empestée et la chaleur étouffante de cette cérémonie tant vantée. C'était le moment de la religion du cœur , dont le pur encens s'élève jusqu'au eiel.
La festa di Cattedra ou commémoration de l'installation du siège de S. Pierre, le 18 janvier, la bénédiction des cierges et celle des animaux, sont les cérémonies les plus frappantes qui succèdent à celles de Noël, et précèdent la semaine sainte. A l'extrémité de la grande nef de Saint-Pierre, derrière l'autel,
(1) La châsse où le véritable berceau était renfermé a été emportée par les Français , qui ne se montrèrent point du tout profanes en cette occasion ; car ils respectèrent cette relique (vieux morceau de bois vermoulu), et se contentèrent de son enveloppe. Elle est maintenant contenue dans une châsse de cristal et d'argent qui a été offerte à l'Église par un grand d'Espagne*
élevé sur une tribune dessinée et ornée par Michel-Atige , est une sorte de trône formé de matériaux précieux, et soutenu* par quatre figures gigantesques. Une gloire de séraphins , avec des groupe* d'anges» jettent uae brillante lumière sur toutes ces beautés (i). Ce trône sert de châsse au véritable siège de bois du prince des apôtres, simple > grossier et vermoulu, sur lequel on prétend qu'il a officié pontificalement. Cette relique, plus précieuse que For, le bronze T les pierres qui la couvrent n a été profanée qu'une seule fois par des regards humains, pendant le cours des âges (a). La festa di Çattedra est une des ce-
{i) C'est un effet très-singulier , produit par un cristal transparent avec des rayons dorés , placé dans une ouverture au-dessus du trône.
(2) La curiosité sacrilège des Français a passé pardessus tous les obstacles pour voir le siège de saint Pierre. Ils enlevèrent sa superbe couverture, et découvrirent la relique. On apercevait à travers la poussière et les marques- de vétusté > des ligures creusées dans le bois qui ressemblaient à des lettres. Le siège fut promptement 4 exposé à un jour plus favorable; et après avoir ôté les toiles d'araignée et la poussière , on copia exactement l'inscription ( car c'en était une ) , qui était en caractères arabes, et renfermait la profession bien connue de la foimabométane : // n'y a de dieu que Dieu, et Mahomet est son prophète. On suppose que ce siège était au '
rémonies en très-petit nombre , ou âés/anzioni comme on les appelle , célébrées dans Saint- Pierre. Les troupes magnifiquement vêtues, qui bordent la nef, la variété et la richesse des habits des dignitaires ecclésiastiques et laïques, <Jes abbés, prêtres, chanoines, prélats, cardinaux, docteurs, dragons, sénateurs et grenadiers qui marchent tous en procession à travers ce temple merveilleux, forment un spectacle qui n'a pas son égal dans toute l'Europe. Au milieu des épées et des crosses, des hallebardes et des crucifix, entouré de bannières et courbé sous le poids de la tiare, marque dun triple pouvoir, le pape affaibli par Vâge et les infirmités , est porté dans un fauteuil cramoisi, ou sûr leé épaules de plusieurs hommes; tandis que d'autres esclaves (car ils paraissent tels) rafraîchissent avec des éventails de plumes, montés sur des bâtons d'ivbire, son corps épuisé de fatigues, trop frêlç pour supporter de tels honneurs. Tout
nombre Ses dépouilles offertes par les croisés à l'Église , dans un temps où il n'y avait encore ni savam antiquaires , ni acad&nies des inscriptions. Cette histoire a éî-é étouffée depuis , et le siège replacé. Actuellement il n'y a que les impies qui se rappellent ce fait, et les audacieux qui le répètent; cependant il s'en trouve encore quelques-uns , même à Rome.,
le monde se prosterne à mesure qu'il traverse l'église pour aller se placer sur un trône élevé pour le moment de la cérémonie , au-dessous du • siège de S. Pierre ou de Mahomet On fait alors un service solennel } et les dévots royaux ^i) et diplomatiques (2) paraissent dans le temple avec des gardes d'honneur et des laquais ; tandis que les dames et les gentilshommes anglais se foulent, se pressent, et répandent de l'argent pour se procurer des places commodes.
La bénédiction des cierges ( la Chandeleur d'Angleterre) se fait dans la belle chapelle du Quirinal où sa sainteté elle - même officie , bénit et distribue de sa propre main un cierge
(1) Parmi ceux-ci étaient la ci-devant reine d'Étrurie (duchesse légitime de Parme, et de facto duchesse de
, Lucques ) et son fils , le prince de' Saxe-Gotha , le prince de Mecklenbourg , le prince et la princesse royale de Danemarck, etc. etc. etc.
(2) M. de B.... était dans les cérémonies de 1820 à Rome ce qu'avait été M. de Chat.... dans celles de Paris en 1816. Le jour de la/esta di Cattedra il marcVa processionellement dans l'Église en grande tenue , précédé de laquais en vestes écarlates , avec de+ bonnets d'argent. Je demandai à une dame française qui se trouvait près de moi ce que cela signifiait; elle me répondit : Ça représente la majesté de France; cette réponse avait l'air d'une épigramme , cependant elle parlait tout de bon.
à chaque personne présente qui appartient au corps de l'église, chacun allant à son tour le recevoir à genoux au pied du trône. Les cardinaux commencèrent, puis les évêques, prélats, chanoines, prieurs, abbés, etc. , jusqu'aux sacristains et aux plus bas officiers de l'église. Quand les derniers de ceux-ci ont reçu leur cierge, les pauvres conservatori , les représentai du sénat et du peuple romain, viennent recevoir les leurs. Cette cérémonie terminée, les cierges sont allumés, le pape est replacé sur son fauteuil , et porté en procession , en chantant des hymnes tout autour de la chapelle ; le trône est dépouillé de ses splendides draperies; le pape et les cardinaux quittent leurs habits dorés , prennent leurs robes ordinaires, et Ton chante la messe du matin, La bénédiction des cierges a lieu dans toutes les paroisses pour le bénéfice du peuple à qui il est dit que cette cérémonie est un emblème de la lumière de la révélation (i), et une commémoration des offrandes de la "Vierge da,ns le temple,
La bénédiction des animaux, le jour de
(i) Dans les "antiquités populaires de Brand , la prière usitée en cette occasion est conservée ; en voici une partie : « 0 Seigneur Jésus, jeté supplie de bénir cette créature de
Saint* Antoine, est une demi-fête , et ce saint ami des bêtes paraît ainsi placé dans le rang des bienheureux à demi-solde. La cérémonie
cire et de lui accorder ta céleste bénédiction par le pou-* voir de la croix sacrée , pour que, de même qu'elle a été donnée à l'homme pour chasser l'obscurité , elle puisse maintenant être douée d'une telle vertu par le mérite de la sainte croix, que partout où elle sera allumée cft placée le mauvais esprit tremble, et soit ainsi que ses serviteurs dans une frayeur et une confusion qui les obligent à s'enfuir de cette habitation et à ne plus troubler tes serviteurs*» (Domine Jesu benedicas , obsecro, liane creaturam ceream , etc. etc. )
Becon , dans ses Reliques de Rome , attribue cette cérémonie à un rite observé dans Rome païenne en l'honneur de Februa , mère de Mars. Pendant un temps (dit-il dans son vieux anglais), quand les Romains, par grande puissance et pouvoir royal , eurent conquis le monde entier, ils devinrent si fiers qu'ils oublièrent Dieu,, et créèrent divers dieux d'après leurs penchans. Parmi tous les autres ils en avaient un qu'ils appelaient Mars, qui avait été avant un notable chevalier dans les batailles.... et pour cela ils invoquaient ce chevalier , et le peuple le priait et rendait de grands honneurs à sa mère , qu'on nommait Februa.... Les Romains, cette nuit, couraient la ville avec des torches allumées en l'honneur de cette femme , etc. etc. Alors il y avait un pape nommé Sergius, etc. etc. Il voulut abolir cette vilaine coutume , et la faire tourner en dévotion à Dieu et à Noire-Dame , et il ordonna que tout chrétien se rendit à l'église avec un cierge, allumé , comme on le faisait pour cette femme
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a lieu dans son propre temple, près de Sainte-* Marie-Majeure : elle dure plusieurs jours ; car non -seulement chaque Romain, depuis le pape jusqu'au dernier paysan qui a un cheval, une mule ou un âne, envoie ses animaux pour être bénits à la châsse de Saint-Antoine; mais tous les Anglais y viennent avec leurs chevaux et leurs chiens favoris; et pour la légère offrande de quelques paoli , ils les font asperger d'eau bénite, sanctifier et placer sous la protection de ce digne personnage, qui aimait tant à s'entendre prêcher, que, quand il avait lassé tous ses autres auditeurs , il prêchait aux poissons (i). Les voitures se suivent, les files de mules arrivent pêle-mêle avec des
Februa , et de l'offrir à Notre-Dame et à son divin fils , notre seigneur Jews-Christ , etc. etc.
Un usage ancien qui existe encore dans quelques parties de l'Irlande , c'est que les chandeliers font à cette époque un présent de chandelles à leurs pratiques.
( i ) Saint Antoine préchant les poissons, est un sujet qui a été traite par des peintres éminens. On voit un Veau tableau représentant ce miracle dans le palais Borghese, ou le saumon regarde le prédicateur de l'air le plus édifié, et un autre poisson , les yeux tournés vers le ciel , semble aspirer à la nouvelle lumière ; on peut acheter ce sermon mémorable dans toutes les boutiques de Rome. Saint Antoine s'adresse ainsi aux poissons : cari'ed amatipesci ( cbers et bien-aimés poissons ) , et la légende ajoute', que
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charrettes et des barouches ; les chevaux ruent, les mulets sont rétifs, les chiens hurlent peu* dant que le prêtre sort de sa petite chapelle , plonge un goupillon dans le bénitier, en asperge les animaux , prie pour eux , empoche la simonie , et se retire. Cette cérémonie est répétée aussi souvent qu'il se présente de nouveaux candidats.
quand le discours fut achevé , les poissons saluèrent avec une profonde humilité et une contenance grave et religieuse (co/i gesti di profonda umiltà e con reverente semblante di religione). Le saint donna alors la bénédiction aux poissons qui se glissèrent dans l'eau , et qui allèrent sans doute comme missionnaires aquatiques faire de nouvelles conversions. Cette aventure n'est cependant pas unique ; car les poissons tinrent la même conduite à l'égard de saint François , quand il prêchait sur les rives de Gaëte. L'église de Saint-Antoine , k Rome , est peinte en fresques anciennes et très-curieuses , qui représentent les tentations du saint. Dans l'une on le voit bénissant le diable déguisé en vache ; et dans la suivante il est vu dans son cercueil où il s'était placé pour méditer plus sûrement de vanitate mundi etfuga seculi ; mais une troupe de malins petits diables s'avancent autour de lui en faisant les grimaces les plus étranges et les plus effroyables , et font la parodie du musicien enragé d'Hogarth. Un abominable démon souffle d'jun cor de postillon dans l'oreille du saint , et paraît aussi satisfait de sa musique qu'un enfant avec sa crécelle ou un virtuose à son premier ad libitum*
Le carnaval Aux cérémonies et aux fêtes de Noël, succède le carnaval (i), cette saison des plaisirs, sur laquelle la conscience n'a aucune juridiction. L'Église pourvoit alors aux faiblesses de ses enfans -, et donne une licence pour des erreurs destinées à confirmer son pouvoir, et à remplir ses trésors des offrandes de la contrition. Ce ne sont point les saints qui ont fait la puissance des hiérarchies ecclésiastiques, et provoqué leurs intérêts mondains, ce sont tes pécheurs; et des myriades d'êtres ont erré et souffert pour que les prêtres puissent continuer à absoudre et régner.
Privés de tout frein moral ou religieux, dégagés de la crainte de l'opinion, et tentés par les séductions les plus puissantes, si tous les Italiens passent leur carnaval plutôt dans la folie que dans la licence; s'ils sont plutôt fragiles que criminels, c'est une preuve entre mille autres de la tendance inhérente vers le bien , de l'heureuse organisation naturelle de ce peuple aimable et trahi. L'amour n'est
(1) Le carnaval commence après les Rois 5 mais ses grandes fêtes publiques sont réservées pour les dix derniers jours. Autrefois elles commençaient par une exécution , un criminel étant réservé exprès. Mais cette coutume a été abolie par le cardinal Gonsalvi à son trèsgrand honneur.
pas un péché en Italie; ni la loi, ni la religion, ni les usages ne retiennent ses impulsions, ne leur imposent des bornes; et si l'amour n'est pas la seule affaire du carnaval , il en est du moins une des plus considérables; le reste consiste en amusemens frivoles, en plaisirs puérils.
Le carnaval offre cependant quelques traits favorables qui sont dus à la condition actuelle des Italiens. Si les jeunes gens et les hommes de moeurs relâchées dévouent ces jours d'indulgence à une galanterie illicite, une grande partie de la moyenne et des dernières classes se montre en public sous l'aspect respectable et touchant de Funion domestique et des jouissances de famille, que ces classes ont toujours conservées le mieux sous toutes les lois , toutes les religions et tous les gouvernemens. On voit souvent un groupe composé de trois générations entassées dans une voiture ouverte, rangées sur des chaises louées au Cours > ou regardant sur les épaules les uns des autres dans uîie galerie élevée près de la fin dû Cours, ne prenant d'autre part à ce brillant tumulte que celle de spectateurs ravis de la scène la plus singulière et la plus divertissante.
Plusieurs jours avant ces fêtes, la ville des
morts offre l'agitation £t l'activité des vivans. Les boutiques sont converties en magasins de costumes; des rues entières sont tapissées de masques et de dominos, de robes de sultans, de vestes de Pantalons; les balcons et les fenêtres sont ornés de draperies; des échafands sont élevés sur toute la ligne dii Cours, pour ceux qui n'ont pas le moyen d'obtenir leur admission dans les maisons on les palais; et un double rang de chaises est placé le long au chemin, et loué pour les moins opuiens des candidats de la fête.
Cette époque est le temps de récolte pour les amateurs et les marchands de curiosités, qui savent prendre avantage de la nécessité où l'on se trouve parfois de se procurer une voiture pour la semaine. Un beau déguisement, un billet pour le bal masqué aij théâtre 4'Âlibert, diminuent souvent les trésors (Tune galerie, et de ce petit magasin d^antiqui£éd que tout Romain s'enorgueillit de posséder. Le buste d'un sage de la Grèce sert à orner le sein d'une jolie femme, et la tête d'une impératrice ro marne est troquée contre la coiffure d'upe marchande de moAs françaises; des vases, des aiguières son* emportés pour les vendre de nuit et en cachette, afin d'échapper à la curiosité des voisins, dont la jalousie ou
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l'admirât ion doit être excitée le lendemain par l'arrivée de V équipage d 'obligation , avec ses livrées neuves, et l'attirail complet du bal masqué.
Le premier jour du Cours le corps d'armée n'est pas encore rassemblé; mais Rome entière est déjà occupée à répéter les mascarades. Les vieilles femmes arrangent sur leurs portes des habits d'Arlequin , les jeunes prennent le masque de Gille avec les chausses blanches et la chemise latge mise par dessus tout , avec de grandes manches rattachées par des rubans de couleur ; déguisement ordinaire de celles qui ne peuvent pas s'en procurer d'autres. Déjà elles essaient les pointes de leur esprit encore neuf, elles intriguent, et danno guaik tous ceux qui passent à pied ou en voiture, et surtout aux étrangers , qu'on prend toujours pour des Anglais. Les enfans paraissent très-affairés à fabriquer leurs masques de papier, et à ceindre leurs épées de bois. Au son du canon tiré sur la place de Venise , qui annonce chaque jour le commencement des divertissemens,on ferme les boutiques, on déserte les palais, et le long et étroit défilé du Cours se remplit de presque toute la population romaine. La scène est vraiment extraordinaire et très-amusante pour un jour ou deux. Toute la longueur de la
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rue, depuis la porte du Peuple jusqu'au Capitole, ce qui fait plus cl'un mille, est parcourue par des troupes de cavaliers; les fenêtres et les balcons sont pleins, jusqu'au sixième étage, d'acteurs et de spectateurs qui , de temps en temps, descendent et prennent place dans la procession de voitures, ou parmi les masques à pied. On aperçoit çà et là la tonsure d'un moine ou le crâne écarlate d'tm cardinal, s'avançant au milieu de têtes qui n'ont rien de plus fantastiques que la leur. Les chaises et les échafauds, des deux côtés de la rue, sont surchargés de masques et de paysans dans leurs habits de fêtes, bien plus grotesques que tous les déguisemens. Le milieu du Cours est oc& cùpé par les voitures des princes, des potentats, des ambassadeurs de toutes les nations, et de la municipalité de Rome ; et deux lignes de voitures, marchant en sens contraire, sont remplies de pairs d'Angleterre, de gentlemen irlandais, de comtes polonais, de grands d'Espagne, de barons allemands, de lairds écossais, de marquis français ; et de tous les badauds ou pizzicaroli de Rome (1), dans les carrosses
(i) Aller au Cours dans une voiture pleine à étouffer de femmes, d'enfans, etc. etc., Vappelle, far il pizzi carolo , c'est-à-dirfr, faire une partie de badauds.
de louage. Ceux-ci né sont pas la partie la moins curieuse de la procession, et ils représentent mieux que tous, le carnaval tel qu'il existait il y a cent ans. Dans une voiture ouverte parait, assise bien droite la signora padrona, maîtresse de la maison; montrant presque tout son beau buste, couvert seulement de rangs de corail , de perles ou de diamans faux ; sa robe de satin blanc , et sa coiffure à prétention , exposée à la grêle lancée par les fenêtres de toutes les maisons, et par les mains de tous les gens a pied sur ceux qui occupent les voitures : grêle en forme de dragée, mais qui n'est en substance que du plâtre £u de la cbaux. En face d'elle est son cher époux, le modèle de tous les chers époux, dont Jerry Sneak est le type abstrait. Le bon homme ' moscovite ; s yeux aveu- ; démasqué, [u'appar tient e, ce turban doré et ce caftetan cramoisi. Le cavalière pagante, s'il y en a un daus la famille, ou sinon, l'abbé favori , occupe la place à côté de madame, soigneusement caché sous le déguisement bannal de Pierrot ou de Paillasse ; et tous les petits signorini mâles et femelles sont
entassés sans miséricorde ,« habillés en Àrife-* quins, en Colombines; en' Rote et en Reines. Le cocher lui-même est potarvu 'd'un déguise-
ment, et; il paraît sur son siégé d art 9 le coutume d'une vieille damée** d'uiïiierger arcadien •■; et le laquais { l'aj>prénti ou le scroccone j, placé derrière* la voiture, prend là fofrmedune miss anglaise on d'une damé de ^i)fr française, et figure avec an spencer et titiq jJ^pe Jcburtey lâchant de temps à autre VM^god+daPn, bu! bien^ aMiiblé d'un panier avec im>grattd éventail à la main , il salue lejs pa^sffiS) d'un buon giour, messieurs. .i.:.-irw. . ; . . ..;>;
Le» voitufteé d# quelques priftoes > du gôuverneur de fUMpiei, et de M. de: Biacas, am* baasadeur> Aé France , étaient d'une extrême magnificence; et les Aftgiais , oes penseurs profond^ 'toujours Us premiers dans la cai% rière des plaisirs y Faisaient plus de bruit, se donnaient p|u^ de mouvement, et jetaient plus de plâtre cfw« toute la population romaine, (r)
iA Tangelus^à la chiite ^u jmir, le canon donne, encore ta signa4 «le débarrasser la 'rue
r.'M. , : » itM^mi !■■» n\ ri* ' m, Ji"i y ■ ■ — *" ■■!'■*■■
(1) I^es Anglais sq, ut bien, perfectionnés dans leurs manières depuis le temps où il était de mode de les accuser de timidité , depuis te temps où un* bel esprit disait qu'un ÀtiglaiV, dans 3ùne' cour £tran£èrî ; avait l'air' d'un homme kj\tf#e Répète1 à Vb^ef HiBrfè* à1 bière: %