‹ L'Italie (volume 5)Chapitre 10 sur 15 · ROM · texte numérisé non relu

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les plus parfaites qui aient jamais été conçues par le génie , ou exécutées par le talent et le travail humain : telles sont les salles, clés animaux, des bustes, des muses de la rotonde, les cabinets de la Biga, des candélabres, et ce grand espace qui prend les noms de Corridor , des Inscriptions (dei lapicli) , de Belvédère , de Musées Chiaramonti et Clementino. Cette vaste galerie est divisée (i) par des portes et

(i) Ces superbes salles, mêmes privées des trésors qu’elles contiennent , mériteraient qu’ont fit pour elles seules le voyage de Rome. Ce sont les digues temples des arts. Leur pavé est en riches mosaïques, leur plafond bleu est aussi brillant que le ciel romain ; leurs murailles sont ornées des plus belles sculptures ou des peintures des plus grands artistes ; leurs colonnes sout de porphyre, d’albâtre , de lapis lazuli , et de marbre de Parosj leurs portes d’or et de bronze , enfin leurs formes présentant des cercles parfaits ou d’élégans octogones , partagent l’attention du spectateur avec les chefs-d’œuvre qu’elles renferment. Cependant , malgré cette magnificence qu’elles étalent depuis si long-temps, on y retrouvait encore dans le dix-septième siècle, quand les papes habitaient ce palais , une étrange image de pouvoir barbare mêlée aux plus superbes résultats de la civilisation. Évelyn , quand il les visita, les trouva remplies par une garde de suisses gigantesques, tous occupes à boire ou à jouer aux cartes; et cependant il déclara que c était le plus splendide appariement de l univers. Le Laocoon , le Torse, et tous les ouvrages préeminens en beaute et

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des colonnes, qui interrompant son interminable longueur, offrent des stations pour reposer l’imagination, et des points de rappel pour la mémoire. La première partie ( sur laquelle donne la bibliothèque de Vatican ) est bordée des deux côtés par la plus rare collection d’inscriptions qui existe en Europe. Celles des premiers chrétiens ( grecques et latines ), qui ont été trouvées dans les catacombes , sont à gauche; et celles des païens sont à droite,

en célébrité, sont dispersés dans les divei’ses pièces; 1 Apollon du belvédère est encore où Michel-Ange l’avait placé. Ceux qui voudront lire la seule description qui approche de la perfection de cette statue , la trouveront dans le dernier chant de Childe Harold. Les dernières statues placées dans ce monde des arts , sont le Versée et les Boxeurs, de Canova. L’ensemble offre la plus grande fraîcheur. Le public est admis deux fois la semaine , sans aucune rétribution imposée à sa bourse , ni aucun obstacle à sa curiosité. Cependant , quoique nous ayons visité plus de vingt fois les galeries du Vatican, nous n’avons jamais aperçu un seul llomain parmi les curieux , les savans , ou les oisifs dont les salles étaient comblées; mais nous y avons toujours remarqué des groupes de paysans des villages et districts voisins , s’arrêtant ébahis devant les statues et les monumens , et faisant retentir de leurs pas pesans ce pavé précieux qui ne semble fait que pour les pieds légers des fées.

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