‹ L'Italie (volume 5)Chapitre 2 sur 15 · IO · texte numérisé non relu

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cependant quelques troupeaux nombreux dans les montagnes; 011 les conduit l’hiver dans des marais, où les mérinos trouvent une pâture très-saine. Depuis que Ferdinand a permis l’exportation de la laine, on a fait beaucoup plus d’élèves. Il y a plusieurs cantons en Toscane où l’on élève des chevaux; mais excepté le haras royal, qui en produit quelquefois de bons , ces animaux sont en général inférieurs , et l’on ne pourrait s’en servir aux usages de luxe. Dans les provinces qui ont des forêts, on fait un grand commerce de cochons qui se nourrissent de glands. On consomme beaucoup de viande de porc dans les marchés intérieurs , et l’on en sale une assez grande quantité pour l’exportation. On trouve des troupeaux de buffles dans les marais; et à Pise, environ trois cents chameaux (dont la race a été importée d’Afrique, par les Médicis) servent à transporter les marchandises. Le sol est généralement divisé en champs, où l’on cultive, outre les plantes céréales légumineuses et les herbes de prairie , des vignes , des oliviers et plusieurs sortes d’arbres fruitiers qui réussissent parfaitement. C’est cette culture mêlée qui a déterminé l’usage de partager les gains. Dans quelques parties de la Toscane où l’ agriculture est plus simple, il existe d’autres

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coutumes. Dans quelques vallées on confie à la terre soixante-et-dix espèces de grains; mais celles qui sont préférées sont : quatre variétés de froment, le maïs, l’avoine, deux sortes de sarrazin , le seigle, l’orge, les haricots, les pommes de terre , les raves et le sainfoin.

La vigne croît spontanément à Florence , mais le vin n’a pas encore figuré dans le commerce, la culture des vignes n’étant calculée que pour la consommation intérieure. On commence cependant à faire de bons vins etpropres à soutenir un voyage, et cette denrée deviendra probablement un article d’exportation. L’huile est fabriquée dans la plus grande proportion, et c’est un des plus riches produits du sol toscan. La meilleure est celle qu’on obtient par la pression de l’olive non fermentée, et par le moyen de la plus simple machine. Une seconde pression en produit une qualité inférieure, mais qui, avec du soin et de la propreté, est encore passable; enfin, une troisième qualité, appropriée aux fabriques de savon et au commerce des laines , est tirée par l’immersion des mêmes substances dans l’eau bouillante, ou par une longue trituration dans l’eau froide.

Dans le voisinage des grandes cités, plusieurs espèces de plantes potagères sont cul-

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tivées en abondance. Les cantons les moins fertiles sont destinés à la culture des plantes qui produisent la paille pour les manufactures de chapeaux, et les demandes sont si considérables , et la matière première d’un si haut prix, que les cultivateurs y trouvent de grands avantages. Les vers à soie sont encore un produit important, spécialement depuis que la soie est exempte de droits.

Plusieurs sociétés d’agriculture existent en Toscane, et la plus célèbre est celle des Georgofili, de Florence. L’état lui doit plusieurs bienfaits considérables, spécialement la culture du sainfoin, la naturalisation del’accacia, et l’introduction de beaucoup d’améliorations pratiques.

On n’emploie pour combustible, dans les manufactures , que le charbon de bois , le charbon minéral n’étant pas exploité en Toscane. Cependant, on a fait des tentatives pour tirer du charbon et de la tourbe; mais les avantages n’étaient pas suffisans pour couvrir les dépenses. Les bois ont donc toujours fourni aux besoins du pays; mais un accroissement de consommation, joint à la négligence dans l’administration des forets, a menacé pendant un instant d’épuiser les ressources. Heureusement les efforts d’un petit nombre d’indivi-

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dus pour mieux diriger la coupe des bois, et des économies dans l’emploi qu’on en faisait pour les manufactures , ont rétabli la balance. ;

Les moyennes régions des montagnes produisent une abondance de châtaignes, qui forme un article si considérable dans la consommation populaire , que la récolte de ce fruit influe toujours sur le prix du blé.

La terre de Toscane a des qualités trèsvariées; chaque montagne, chaque vallée a un genre de fertilité qui lui est particulier. Le sol est généralement argileux, ou calcaire; mais l’art a presque partout surmonté les difficultés locales , et la campagne paraît un jardin continuel. La valeur des terres varie depuis six jusqu’à quatre-vingts écus florentins le stioro (i). Le blé produit de trois à dix-huit fois sa semence; mais, ainsi que toutes les productions de l’agriculture toscane , il est exposé à de grands risques par l’influence atmosphérique d’un ciel qui abonde en phénomènes destructeurs.

On trouve en Toscane beaucoup de substances minérales; mais les mines de Porto

(i) Le stioro est environ cent quatre-vingt-dix toises carrées. Voyez Lalande. Vol. 3, p. 33.

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Ferraio sont les seules qui soient en activité, et peut-être sont - elles les plus riches du monde. Le soufre naturel de Pereta est un article de commerce considérable. Il y a des mines de sel à Yolterra, et l’on tire des montagnes line grande variété de marbres blancs et de couleurs , d’albâtre et de pierre calcaire.

Les manufactures d’étoffes de laine et de soie, autrefois la richesse commerciale de la Toscane, sont tout-à-fait tombées. La manufacture de papier de Pescia, sous la direction du signore Magnani, est florissante, et l’emporte sur les importations étrangères de cette marchandise.

La manufacture de porcelaines, de la Doccia, fondée en 1741, par le marquis Carlo Ginori, s’est accrue graduellement, et soutient la rivalité qui résulte du commerce nouvellement rouvert en Europe. L’activité du marquis actuel, qui a visité les fabriques étrangères les plus remarquables, pour en adopter les perfectionnemens , a beaucoup contribué à son accroissement. Son grand fourneau est construit en quatre étages , qui atteignent à la hauteur de quarante-deux hraccii de Florence. Les avantages de ce fourneau sont une grande perfection dans la cuite , une épargne de temps et de combustibles très-considérable,

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et une plus grande quantité d’objet confectionnés. Le premier étage est employé pour la porcelaine, le second pour la terre de Wedgwood, le troisième pour la poterie commune, et le dernier pour la première cuite du biscuit. Ce fourneau peut contenir vingt mille pièces ; et comme l’opération de la cuisson est terminée en vingt-quatre heures, il est plus que suffisant pour fournir à toutes les demandes que la stagnation présente du commerce permet de faire. Le propriétaire de cette manufacture ne s’est pas borné à l’amélioration de la partie mécanique ; il a fait des recherches pour obtenir du pays même les terres nécessaires pour la fabrication de la porcelaine, et conjointement avec le marquis Ridolfi, il a vérifié par des expériences chimiques les qualités des terres et les défauts de chacune des veines qu’il a découvertes. L’excellence des matériaux, la beauté des couleurs, et l’élégance des formes des plu&belles pièces de cette fabrique, répondent au savoir et à l’activité de celui qui la conduit, et soutiennent la concurrence avec la porcelaine de France.

La fabrication des voitures se maintient malgré la rivalité étrangère : la défense d importer des fers étrangers lui est très-désavantageuse, en élevant les prix des marchandises qui

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y sont employées. Ce monopole accordé au fer indigène, joint à la manière coûteuse dont les forges sont échauffées par le charbon de bois,, rend cet article inférieur, et le double plus cher que le fer étranger. Les mines d’Elbe sont affermées par le gouvernement, et les intérêts de ceux qui en ont l’exploitation par contrat, se trouvent toujours en opposition avec toutes les améliorations proposées à l’ordre de choses actuel.

Les manufactures de Toscane souffrent infiniment par les mauvaises lois fiscales qui prédominent en Italie, et qui isolent l’industrie commerciale des différens états. L’indolence des grands propriétaires qui ont peu d’inclination à multiplier leurs capitaux, en les employant d’une manière productive, leur est aussi fort nuisible. La politique générale des petits despotes qui gouvernent chaque division de ce malheureux pays, n’est pas moins contraire à son commerce qu’à sa liberté. Mais la nullité de 1 Italie fait partie du système moral et religieux que l’hypocrisie, jointe à la force des armes, a imposé au genre humain; et pour le présent, les Italiens n’ont rien autre à faire qu’à obéir.

Les finances, en Toscane, excèdent de beaucoup les besoins de l’état, et sont principale-

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ment employées à corrompre le peuple. C’est pour cela que sans augmentation de territoire, n'ayant ni magnifiques entreprises à soutenir, ni dépenses utiles à assurer, lés impôts directs et indirects vont cependant toujours en croissant.

Sous Léopold, le revenu total était de huit millions de livres toscanes, en y comprenant le revenu de la dette (de six cent mille livres). A l’arrivée de Napoléon cette dette avait été portée à trente-deux millions, et il acquitta le tout par la vente des biens nationaux.

La restauration n’a été marquée par aucun retranchement, ni par aucune dépense utile. Huit millions de revenus ont disparu sans qu’un seul ouvrage important ait été entrepris; et les taxes élevées pendant la guerre se trouvent insuffisantes en temps de paix.

Sous Léopold, le revenu était

de . . . . 9, 100,000 L

Les dépenses de . 8,400,000

Laissant un excédant de . 700,000

En 1817, le revenu était de. . . 1 7,200,000 Les dépenses de . * . j 8,000,000

Laissant un déficit de . 800,000

Le nombre de troupes assigné à Florence

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par le gouvernement autrichien est de huit mille hommes ; mais il n’y en a pas plus de la moitié actuellement maintenues.

Aucune institution concernant la marine n’a été établie depuis que Léopold a supprimé celles qui y avaient rapport ; et quoique l’ordre de Saint-Étienne ait été rétabli, les chevaliers ne se mettent plus en mer pour défendre les côtes contre les pirates barbaresques. La discipline militaire est principalement entretenue par les coups de canne, et les enrôlemens portent pour la plupart sur des personnes condamnées au service par la police.

Les moyens du gouvernement consistent en impôt territorial , impôt famigliare ( sur les maisons), douanes, droits d’enregistrement, droits sur le timbre, loterie, vente de sel, de tabac, etc. etc. Cinq millions de dettes ont été contractées pendant l’invasion napolitaine, sous Murat, et on en a chargé différentes communes. L impôt territorial est fixé d’après un cadastre qui doit être renouvelé. Les droits des douanes sont oppressifs, plus peut-être par les restrictions qu ils imposent au commerce que par leur taux absolu.

A l’exception des avocats dans les causes civiles, personne ne peut rien publier sans 1 approbation des censeurs. Les collèges , les

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écoles, les universités demanderaient de gran- »

des améliorations; mais le zèle de plusieurs individus considérables par leur rang et leur fortune étant éveillé à ce sujet, on doit espérer que ces améliorations ne seront pas long-temps attendues, malgré l’opposition du gouvernement, opposition assez marquée par la suppression du lycée, et l’influence reconnue du

cabinet de Vienne sur les affaires de Toscane.

Disputes littéraires en Italie.

Les querelles littéraires ont succédé pendant long-temps en Italie aux contestations politiques. Les romantiques et les classiques sont les Guelfes et les Gibelins de nos jours; et les factions des blancs et des noirs, si elles étaient plus sanguinaires, n’étaient pas plus animées que les Trecentistes et leurs adversaires.

La situation politique des Italiens, ayant exclu tout autre motif d’exercice intellectuel , a jeté les littérateurs de ce pays dans une critique verbeuse, et des subtilités métaphysiques qui ont trop souvent dégénéré en vains débats, ou en aigres disputes. La discussion des choses étant défendue, l’esprit se portait sur l’examen des mots. Ce fait explique l’histoire singulière de la littérature italienne, depuis la chute des

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républiques, jusqu’à l’époque stimulante de la révolution française; et cela éclairci, le paradoxe apparent d’un génie national, actif et pénétrant, dépensé en poésie sans verve, en recherches pédantesques et en débats puérils(i). Les niaiseries fantastiques des Arcades, avec leurs sonnets à la Vierge, et leurs canzoni sur la Passion, et les éternelles discussions des trécentistes et des romantiques, développent le même fait physiologique, l’énergie naturelle luttant contre l’ennui dans l’agitation convulsive d'une inactivité forcée.

Sur le premier de ces sujets, il y a très-peu de choses à dire; et ce peu serait employé à décrire une existence qui approchait presque du néant. L’état actuel des académies littéraires, est celui auquel tendent naturellement ces sortes d’institutions. Quand elles sont fondées par la volonté spontanée des membres qui les composent, elles deviennent les foyers de toute la pédanterie et de toute la fatuité du pays, le centre de gravité de la médiocrité.

(i) Toute règle générale admet des exceptions. Cependant Filangieri et Beccaria appartiennent à l’époque vivifiante de Joseph et de Léopold, et ne peuvent guère être considérés comme faisant partie de l’ordre de choses léthargique auquel nous faisons allusion.

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Quand elles sont élevées, encouragées et stipendiées par les souverains, elles sont les marchés de l’intrigue, les instrumens de la servilité, offrant des moyens toujours prêls pour opprimer le véritable littérateur, qui marche à la célébrité par un chemin droit et ouvert, et méprise les voies obliques des lâches sycophantes.

Le trait qui caractérise particulièrement les académies italiennes, c’est un intolérable flux de vers qui tient à quelque degré au génie de la langue, et plus encore à celui du gouvernement civil et ecclésiastique dû pays, qui non -seulement punit les exercices les plus nobles de la pensée, mais par l’éducation qu il établit, rend les sujets incapables de penser. Des vers doux , harmonieux et sonores couvrent la pauvreté des idées et la fausseté des raisonnemens; et l’incohérence, la prolixité déplacée des improvisateurs, qu’on écoute avec plaisir quand elles se cachent sous des rimes mélodieuses, seraient rejetées avec dégoût si elles paraissaient en prose. La brièveté du sonnet contribue aussi à multiplier les mauvais poètes; parce que de semblables compositions ne demandent pas beaucoup plus de travail que de génie.

Par l’influence de ces causes, chaque ville

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d’Italie est surchargée de poèteraux : toutes les naissances, les mariages, les morts, les professions religieuses, ou les réceptions doctorales à l’université, sont célébrées par leur poème particulier, qu’on voit afficher sur les murs les plus apparens de la cité; et chacun de ces événemens paraît également propre aux inspirations poétiques. L’absurdité de ces vaines démonstrations prête au ridicule et à la plaisanterie; mais si 1 on compare ces œuvres poétiques des académiciens italiens, avec la prose des panégyristes, critiques et disséqueurs littéraires des académies des autres pays, on serait bien embarassé de savoir auxquels offrir la palme de la pédanterie et de la nullité.

Cependant, il est juste d’ajouter que ces hospices des enfans-trouvés des muses, excitent le dédain et la dérision des littérateurs qui se sont fait un nom européen : même le théâtre a su vouer au ridicule (i) le

Parson much bemused in beer The maudlin poetess, and rhiming peer, (2)

(1) Dans une des comédies de Notari, auteur vivant dont les ouvrages se jouent très-souvent en Italie , et qui sont bien supérieurs à ceux de Goldoni , sous le rapport de l’intérêt et de la philosophie.

(2) « Le curé dont la muse est le bon vin , la Sapho douceureuse et le pair rimailleur. »

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qui obtiennent ordinairement les principales places dans ces sortes d’institutions.

Les disputes littéraires qui occupent actuellement l’activité des écrivains italiens, quoique presque aussi futiles, excitent cependant plus d’intérêt comme montrant une phase particulière de l’esprit humain; un aspect de la vie sociale, dans lequel la philosophie peut encore trouver quelques avantages: leur importance devient plus grande , par la connexion des disputes et des disputeurs avec l’histoire politique du moment, et par les effets qu’elles peuvent produire sur les destinées futures de la contrée.

L’histoire de la littérature italienne présente le phénomène d’une langue qui prend une vie soudaine, et qui parvient rapidement à une perfection précoce, à l’appel d’un peuple aussi soudainement arrivé à l’existence politique , et conduit aussi promptement au plus haut degré d’activité sociale.

La connexion entre la société et la langue est inhérente à la nature des choses. Un riche vocabulaire suppose un fonds d’idées extensif; et s’il est épuré , il implique aussi nécessairement la friction de l’usage. L’époque de la formation de la langueitalienne, intéressante sous tant de rapports, liée avec des intérêts actuels,

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entrant dans le système de civilisation existant alors , se trouve déplus conservée dans des documens plus authentiques que ceux de l’origine des littératures grecque et latine. Des faits aussi évidens prennent une vivacité de couleur qui donne involontairement l’idée qu’ils sont uniques: mais la même connexion doit avoir existé à l’origine et au développement de chaque langue qui a été parlée ou écrite par les hommes.

La période de la liberté italienne, aussi courte que brillante et vivifiante , a laissé après elle une longue nuit de sommeil et de nullité. Pour les enfans dégénérés du despotisme et de la superstition, les héros et les écrivains des temps passés devinrent des géans qu’il était difficile d’imiter et impossible de surpasser. Tandis que les yeux des plus jeunes nations européennes se tournaient vers l’avenir, quelles anticipaient le perfectionnement et provoquaient la réforme, les Italiens fatigués et enchaînés, restaient fixés sur le passé, et la mémoire et le génie s’attachaient, avec un égal amour, une égale fidélité, aux triomphes de la littérature et des arts, dans les treizième, quatorzième et quinzième siècles.

Le renouvellement de la littérature grecque coïncide avec cette période de splendeur passagère ; et quand ses trésors de poésie et de

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critique furent ouverts devant le génie italien , ils ont dû l’éblouir par leurs richesses et le décourager par leur perfection. Dans le même temps que les hommes opulens s’efforcaient de sauver et de multiplier les souvenirs de la civilisation des anciens, les littérateurs s’occupaient à étudier leur philosophie, et à imiter les grâces de leur style. Cette circonstance a sans doute contribué à la politesse, au raffinement, à l’élégance, non-seulement de la langue italienne, mais de toutes celles de l’Europe qui se sont trouvées dans la sphère de son influence ; mais l’imitation raisonnable des anciens dégénéra bientôt en copie servile, ou plutôt en adoption générale de leurs idées, de leur phraséologie , de leur mythologie , de leurs notions amoureuses, et des formes de leurs meilleures compositions. A mesure que la gloire nationale déclina, les modèles étrangers, et contraires au génie national, furent plus strictement suivis, et la littérature devint toujours plus factice. Enfin, éloignée de tout sentiment et de toute passion capables d’inspirer de la sympathie, elle devint un arrangement de mots, un assortiment de sons dénué d’énergie et d’intérêt.

Mais tandis que Jupiter régnait une seconde fois sur le Capitole, que Vénus et Cupidon parcouraient les bosquets avec les Corydons et

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les Ménalques dans les sonnets des académiciens italiens, le reste de l’Europe pensait, et agissait. La réforme , la philosophie de Bacon , les guerres de la Ligue et de la F ronde enFrance, et la première révolution en Angleterre, avaient étendu la sphère des idées , et forcé les nations à adopter un vocabulaire plus nombreux , une richesse d’expression qui surpassait de beaucoup celle qui avait été atteinte dans les temps les plus raffinés de la civilisation grecque et romaine. Quand les Italiens, enfin réveillés de leur long sommeil, voulurent traiter des sujets européens, ils se trouvèrent embarrassés par la pauvreté de leur idiome. Continuellement stimulés à briser la chaîne que les puristes avaient jetée autour d’eux, ils inventaient ou empruntaient aux autres langues les termes qui leur étaient absolument nécessaires, et qui n’existaient point dans les écrits de leurs modèles les plus respectés.

Dans toutes les innovations, comme elles sont généralement commencées par la partie la plus jeune, la plus entreprenante et la moins prévenue de la société , il doit toujours se former en même temps un corps d’opposition composé d’individus âgés et saturés de préjugés, dont les idées accoutumées à se soumettre

à un arrangement donné, ayant toujours été

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combinées suivant des associations déterminées, doivent être adverses à tout ce qui tend à les combiner d’après d’autres lois , et à nécessiter de nouvelles études. L’hostilité une fois excitée ne saurait manquer d’alimensdans les méprises et les faux calculs des adversaires. C’est ainsi qu’une guerre est allumée, dans laquelle chaque parti peut se donner raison jusqu’à un certain point , et le temps seul peut décider si la victoire doit être donnée , avec justice, à l’un plutôt qu’à l’autre.

Telle est l’histoire des querelles littéraires qui occupent maintenant les doctes loisirs de l’Italie * et divisent ses savans en factions des puristes et des novateurs , des romantiques et des classiques. Les premiers s’occupent de la langue, et les seconds des idées dans les compositions.

Il est facile de concevoir que ces deux questions ont dû s’amalgamer graduellement avec les débats élevés sur les grands sujets qui intéressent l’Europe; que les avocats de l’innovation en littérature doivent se rencontrer parmi les zélés défenseurs des réformes politiques, et que ceux qui ont le tort de vouloir ressusciter un langage usé verraient sans peine les maux qui résulteraient de la faiblesse des institutions usées. L’étroite liaison de ces idées

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en fait des parcelles du même système; mais il y a peut être quelque chose de plus dans cette connexion. Le gouvernement autrichien , quoique passablement tyrannique, ne se fait pas remarquer parmi les despotismes européens par la perspicacité et la promptitude du jugement. 11 peut bien déployer une louable activité en emprisonnant un démocrate, en bannissant un jacobin , ou en persécutant un carbonari ; mais il est plus que probable que ses censeurs laisseront passer une honnête quantité d’opinions hétérodoxes qui se présenteront sous le masque des discussions littéraires (i). Ainsi donc ceux qui dédaignent de s’humilier devant un capucin aux pieds nus, ou qui sont découragés en voyant leur pays conquis , soumis à un gouvernement qui , avec toutes les oppositions possibles de mœurs et de sentimens, n’a pas le bon sens d’amalgamer ses intérêts avec ceux de la nation; ceux-là cherchent la sûreté de leurs personnes et le moyen d’exhaler leurs sentimens patriotiques

(i) Dans les divers journaux que nous avons lus pendant notre séjour en Italie , nous avons très-fréquemment rencontré les doctrines les plus sévèrement proscrites par l’Église et par l’État, disséminées dans les discussions littéraires , échappant ainsi à l’examen peu intelligent des censeurs.

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sous le voile de disputes étrangères , et à l’intelligence et à la jalousie de leurs maîtres abhorrés. Mais quelle que soit la vérité de cette assertion en théorie, elle s’accorde avec les faits; car il est peu d’exemples où l’enthousiasme politique ne s’unisse pas à l’enthousiasme littéraire, et dans lequel le partisan de la théologie païenne ne soit pas dévoué à l’aristocratie féodale et à la domination ecclésiastique.

La querelle des trecentisti n’est pas de fraîche date; elle se rattache à une autre question qui a été long-temps un sujet de contestation; c’est celle de savoir si la langue elle-même doit être appelée italienne ou toscane. Cette dispute, quoiqu’en apparence plus futile, en excitant des jalousies municipales a été soutenue avec plus d’aigreur et d’emportement que la première. Il est difficile pour un étranger d’entrer dans les détails de cette question ; mais il existe certaines propositions philologiques propres à éclaircir la discussion, et sur lesquelles on peut se risquer à parler sans présomption. Les écrivains des villes d’Italie qui n’étaient pas comprises dans les états toscans, fatigués peut-être de la fatuité littéraire et desprétentions pédantesques des puristes florentins, en ont appelé de l’autocratie de la Crusca,

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et ont vigoureusement attaqué les droits paternels que les Toscans prétendaient s’arroger sur leur langue commune. En maintenant le droit très-naturel qu’ils avaient d’adopter à Milan, à Bologne ou à Naples le style et les expressionsqui leur paraissaient les meilleures, ils cherchaient à prouver que la langue italienne écrite, ne dérive pas d’un dialecte particulier, mais que c’était un choix des plus nobles parties de tous les dialectes. Quando V Alighieri, scrisse il suo poema (dit Perticari) con parole illustre toi te a tutti idialetti d'Italia, allora diremo ch’ ei fondasse la favella Italiana (1). Cette proposition est soutenue par l’autorité de Dante lui-même, dans son traité l)e vulgari eloquentia; mais Perticari donne au sens de ces paroles une étendue qui les met en contradiction avec la possibilité physique. L’histoire des langues prouve qu’aussi long-temps qu’une société demeure dans l’état de la plus simple agrégation, il ne peut exister aucune règle de langage. Chaque village parle comme il peut et comme il veut; et conséquemment il ne

(1) Liv. i, ch. 8. « Quand le Dante écrivit son poëxne dans un noble dialecte emprunté à tous ceux de l’Italie , c’est alors que nous dirons qu’il a fondé la langue italienne. >»

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pourrait être entendu à une très-petite distance, où on a l’usage d’un autre dialecte. Mais quand un gouvernement puissant s’établit, et que le peuple se rassemble pour former de grandes cités, les parties du discours deviennent un motif d’étude, et la nécessité d’avoir des documens écrits conduit à la perception des analogies grammaticales. Les plus hautes classes de la société, surtout quand il y a une cour, adoptent une manière de parler différente de celle des gens du commun, plus douce, plus régulière et plus harmonieuse. Les premiers écrivains n’ayant point de modèles sur lesquels ils aient à se régler, étant d’ailleurs plus envieux de plaire à ceux qui sont le plus capables de les récompenser et de les honorer, prennent naturellement le langage de la classe à laquelle ils adressent leurs ouvrages. 11 se fait ainsi une distinction entre le style noble et le style dit vulgaire. Il n’existe rien dans la nature intrinsèque d’un mot ou d’une phrase, qui puisse les rendre ignobles ou élevés. C’est par l’usage que ces caractères sont acquis , et les expressions qui ont figuré dans le monde distingué, descendent au peuple quand les manières deviennent plus raffinées , et sont bannies de la bonne société.

Tout style écrit, qui n’est pas fondé sur un

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dialecte parlé par une classe de personnes, est alors purement conventionnel , et doit nécessairement dégénérer très-vite en jargon pédantesque, lequel n’étant point propre aux affaires de la vie, étant inintelligible pour ceux qui ne sont point initiés à ses mystères, cessera bientôt detre employé, puisqu’on n’écrit que pour être lu. Nous avons un exemple de cela dans les ouvrages du docteur Johnson, qui, quoique nerveux et imposans, ne sont pas anglais , et n’ont pu faire qu’une impression très-passagère sur la langue. (1)

L Italie ayant été subdivisée en plusieurs états indépendans , ils devaient offrir autant d z foyers d’un dialecte noble et choisi, chacun desquels a pu devenir une langue écrite. Le vénitien est presque devenu tel, par l’usage que les sénateurs en faisaient dans leurs discussions publiques, ce qui le polissait en lui donnant plus de cours. Comme tous ces dialectes avaient une origine commune , il est problable que le Dante, combattant contre la difficulté d écrire dans un langage qui n’avait pas encore été cultivé, a pu adopter de temps

(1) Tel a été le sort de Y Euphuisme du temps de la reine Élisabeth : c’était un composé de folie et d’affectation , à peine concevable à une époque aussi énergique.

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en temps une seule expression aux idiomes environnans, quand elle lui paraissait plus sonore, plus significative ou plus élégante que celle du dialecte de son pays. Dans ces cas , le commerce entre les différens états, l’analogie, ou la contexture du passage suffisait pour le rendre intelligible sans le traduire, comme les premiers écrivains anglais ont fait en introduisant les mots latins terminés en abilis. (i) Mais il y avait, sans doute, un commencement de structure grammaticale, des conjugaisons et des déclinaisons connues et intelligibles chez le peuple auquel le Dante s’adressait; et son nouvel édifice a dû être basé sur ces premiers fondemens ; autrement , il aurait écrit dans un jargon qui n’aurait pu être entendu qu’avec une grammaire et un dictionnaire faits exprès pour lui servir de clef. Ainsi donc, si la construction générale du langage adopté par le Dante et les autres pères de la langue italienne écrite , était celui qui se trouvait en usage parmi le peuple de Florence, et non

(i) L’auleur cite quelques passages d’une traduction anglaise de la Bible, qu’on croit faite du temps d’Édouard m , dans laquelle plusieurs mots latins terminés en abilis , ibilis , sont introduits en changeant cette terminaison en able , ible.

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point ailleurs, ce fait est suffisant pour justifier les réclamations des Florentins. Il n’est pas difficile d’expliquer comment ce dialecte fut généralement adopté par la bonne compagnie , et pour les communications écrites, (i) La cour de Rome, le seul état capable de rivaliser Florence en littérature, avait adopté le latin, pour les affaires publiques et diplomatiques; et les Florentins étant forcé, d’après la nature populaire de leur gouvernement, d’adopter une autre méthode, leur dialecte devint naturellement plus poli et plus régulier; et les formes populaires de leur gou-

(i) Il se trouve cependant une difficulté qui ne peut s’expliquer par des propositions générales ; c’est la grande ressemblance des dialectes des Provençaux , des Siciliens et des Toscans. C’est un fait qui ne pouvait pas être l’effet du hasard ou de la simple imitation. Mais si l’on admet qu’il existait un langage poétique, un idiome de cour commun aux classes élevées et éclairées dans toute l’Italie (ce qui n’est guère soutenable, d’après la situation où se trouvait le continent) , comment cette langue estelle devenue celle du peuple de Florence? Si le Dante , comme on le prétend , l’avait importée, son livre , inintelligible pour le grand nombre , ne serait jamais devenu populaire ; cependant on sait que le contraire est arrivé; et quoique le Dante ait pu raffiner le langage de son pays , il est évident que ce langage subsistait , et qu’on le parlait familièrement ayant sa naissance.

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vernement ayant mis en activité tout le génie et tous les talens dont ils pouvaient se vanter, des auteurs dans les diverses branches des lettres parurent à Florence et donnèrent le ton aux autres états, moins favorablement situés pour le développement littéraire. Pendant une longue suite d’années, Florence a été le centre de l’opinion publique, le grand marché des productions des arts et des lettres. Il était donc naturel que les poètes et les historiens adoptassent le dialecte le plus raffiné par l'usage, le plus propre à remplir leur objet, et qui promettait le plus de chances de publicité.

Jusque-là les prétentions des Florentins paraissent fondées sur des raisons inhérentes à la nature des choses , et sur lesquelles on ne risque pas de se méprendre ; mais la justice de leur cause semble s’arrêter là. (i)

(i) A l’égard de l’origine des divers dialectes d’Italie , on peut regarder comme certain , soit que l’italien ait élé formé du latin corrompu, soit qu’il ait existé en même temps que cette langue (comme le cardinal Bembo et d’autres autorités respectables le souliennent) , que ses dialectes doivent avoir pris une forme différente dans chaque canton , suivant les changemens particuliers qui y étaient apportés par les tribus barbares qui s y établissaient. On peut faire la même observation dans les pa-

La première absurdité dans laquelle ils sont tombés, est celle de s’efforcer d’introduire et d’incorporer dans la langue italienne tous les termes vulgaires de la populace de Florence qui, ayant été employés dans les ouvrages de quelques écrivains licencieux et burlesques, sont regardés comme ayant reçu la marque de l’authenticité; mais leur plus grande erreur est de supposer qu’il soit p’os* sible de lier et de consolider une langue , en ôtant au peuple qui en fait usage, le jus et norma loquendi.

Quand le dialecte toscan a pris le pas sur tous les autres, comme langage littéraire, les Florentins étaient le peuple le plus actif et le plus lettré de l’Italie : c’est à présent tout le contraire; les lettres sont beaucoup plus cul- • tivées chez les Italiens du nord. Si les écrivains de Milan et de Bologne sont condamnés à se

tois des provinces d’Angleterre , qui se ressentent toujours des invasions saxonnes ou danoises; Un des plus forts argumens en faveur de l’antiquité de l’italien, est fonde sur sa douceur et son harmonie , qui sont plus grandes que celles du latin dans toute sa pureté; car il ést déraisonnable de supposer que l’union de deux langues comparativement rudes et peu sonores ait pu en produire une troisième , remarquable par les qualités opposées.

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renfermer dan* le tu cisme pur des premiers siècles de la littérature italienne , ils deviendront inévitablement froids, pédans et même difficiles à entendre pour ceux qui ne parlent que l’italien moderne : ils seront de plus obligés d’abandonner un ample vocabulaire de termes nouveaux essentiellement nécessaires à leurs sujets. Il est vrai que le cours des événemens , ayant amené de France les inventions en physique et en philosophie, a infecté de gallicismes la langue italienne parlée ; mais c’est un mal inévitable, et les Italiens doivent se résoudre à franciser ou à s’asbtenir de discuter les sujets modernes. Ce n’est donc point à une ville , bien moins encore à une académie ou à un individu quelconque, à déclarer excathedra ce qui est correct ou irrégulier. C’est le suffrage ou la désapprobation du public, en général, qui doit décider un auteur, sur le choix de son style. S’il charge ses pages de néologismes, ou qu’il affecte de faire usage d’un nombre excessif et inutile d’idiomes de provinces ou de conversation, il ne sera point goûté par la masse de la nation , et son libraire le remettra bientôt dans le bon chemin; mais une langue est comme la vie humaine, elle change avec les années; et le dialecte pur du treizième siècle, appliqué aux discussions de

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notre temps, serait aussi peu convenable que les armures chevaleresques clans les guerres actuelles.

Il est de fait qu’il n’existe aucuns modèles bien généralement reconnus pour l’Italien; et les meilleurs écrivains, même parmi les Toscans, diffèrent les uns des autres, au point que celui qui veut les étudier, rencontre une difficulté nouvelle à chaque auteur. En outre, ils sont trop verbeux, trop chargés de circonlocutions pour satisfaire un goût formé sur

I élégante netteté du style français ou anglais.

II est indubitable que les meilleurs modèles à étudier sont ceux qu’ont laissés les esprits nobles et libres qui écrivaient dans les beaux jours de la république florentine, et que depuis son extinction, la langue a toujours perdu plus ou moins de sa vigueur ; mais il existe une grande différence entre une émulation généreuse, et cette imitation servile qui hésite à se servir d’une phrase bien appropriée ou d’un tour cl expression clair et facile, parce qu’ils, n ont pas été sanctionnés par l autorité d’un classique toscan, (i)

(i) Nous pouvons offrir un exemple de ce faux système dans le style d’un auteur vraiment patriote, Angeloni, qui , en fulminant contre la perfidie du cabinet

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Si les Florentins fondent leur prétention à dogmatiser les Italiens, sur le nombre et l’importance de leurs auteurs récens , elle est assez mal appuyée. Monti et Perticari son gendre, Pindemonti, Parini, Alfieri, Giordani, Ugo Foscolo,ne sont point natifs de la Toscane. Les termes sanctionnés par leur exemple, et les tours de phrase consacrés par l’usage qu’ils en ont fait sont tous immanquablement adoptés , quoiqu’ils puissent répugner à l’oreille d’un Toscan pur.

Mais quoique ce résultat de l’état âctuel de la société en Italie soit inévitable, il est cependant désavantageux, et finira par entraîner la décadence de la littérature italienne. Tandis que les écrivains de chaque ville d’Italie maintiennent dente et ungue leur droit pour donner des lois à la langue commune, ils en négligent presque tous l’usage habituel. Les malheureux

anglais, et en démontrant la tromperie manifeste dont son pays a été la victime, se montre trop bon trecentisle pour donner à ses personnages leurs titres actuels , et arrache à son lecteur un sourire involontaire par de bizarres incongruités, telles que, messer Casllereagh. L’historien Botta appelle le congrès des habitans de Saint- Domingue , il convento de’ dominicani. On peut voir quelques autres traits plaisans de ce genre dans l’ouvrage du comte de Stendhal , Rome, Naples et Florence.

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patois des différentes provinces ne sont pas seulement parlés par le vulgaire , mais ils servent à toutes les classes dans le commerce ordinaire de la vie. Plusieurs dames milanaises et piémontaises, distinguées par leur rang et leur élégance, écriraient plus facilement et plus correctement le français que l’italien. Tant que cette coutume absurde sera conservée, le dialecte écrit deviendra tous les jours moins familier, et se convertira graduellement en langue morte , toujours moins adaptée aux sujets modernes. Les divers auteurs, adoptant aussi des règles qu’ils créent pour eux-mëmes , se privent par là de la pierre de touche de l’opinion publique : ils écrivent aussi péniblement que s’ils composaient dans une langue étrangère ; et à mesure quils se rendent plus corrects, ils sont en meme temps plus froids. Si le présent système de division politique devenait ( ce qui est impossible ) permanent en Italie , la langue de ce pays aurait le meme sort que son indépendance. La nation italienne aurait, dans ce cas , peu à communiquer, soit avec elle-même, soit avec le reste de l’Europe; et ses regrets ne seraient pas de longue durée. Mais si la nature humaine est autre chose qu’une vaine abstraction , si les causes et les effets agissent

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par des lois constantes sur les affaires de ce monde, d’autres circonstances donneront bientôt aux Italiens une chance de consolidation et de liberté : quand l’instant sera venu, puissent-ils frapper avec vigueur, et se reposer en triomphe! (i)

• Quand la littérature a été ravivée, et que les trésors de l’antiquité ont été ouverts en même temps à la contemplation des savans , le charme de la nouveauté ajoutait à leur beauté intrinsèque; il n’est donc ni étonnant, ni déraisonnable que les littérateurs de cette époque aient essayé leurs forces par des tentatives pour imiter les chefs d’œuvre qu’ils avaient étudiés. L’extrême rudesse des ouvrages d’imagination, qui avaient précédé cette période, n’était pas propre à satisfaire ceux qui s’étaient

(i) Parmi les meilleurs ouvrages écrits de notre temps sur ce sujet , est uu essai du signor G. B. Niccolini de Florence , sur la paî t que le peuple peut avoir dans la formation d'une langue. Dans cet ouvrage , la question est considérée plus philosophiquement que les disputeurs littéraires n’ont accoutumé de le faire. Monti et Perlicari sont les chefs du parti opposé à celui de la Crusca ; et l’on trouve dans les écrits du signor Lampredi , un Florentin résidant à Naples, quelques observations trèscurieuses sur l’origine de la langue italienne, d’après lesquelles ils tirent des conclusions tout-à-fait contraires aux opinions reçues.

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désaltérés à une source plus pure ; et celui qui •aspirait à plaire à la partie la plus élevée de la société, devait s’efforcer d’employer dans ses compositions, ces formes, ces expressions, ces sentimens dont elle était si justement enthousiaste. C’était une erreur bien pardonnable et bien naturelle que d’imaginer, en étudiant des modèles supérieurs à tout ce qui pouvait être offert dans l’état actuel de la civilisation , qu’ils étaient les types absolus de la perfection possible, et que tout ce qui s’en éloignait devait nécessairement être considéré comme une déviation. De là est né ce respect pusillanime pour le passé , cette aveugle admiration de l’antiquité, d’abord favorable aux progrès de l’esprit, mais qui devint par la suite le plus grand obstacle à son perfectionnement.

11 serait difficile de démêler les causes qui en différens pays et différentes branches de littérature ont donné un divers degré de développement à ce principe. Les Allemands et les Anglais ont été les moins infestés d’érudition pédantesque dans leurs ouvrages d’imagination. Les Français, qui en ont été esclaves dans leurs compositions tragiques, ont un théâtre comique, parfaitement et entièrement national. Les Italiens, malgré l’exemple du

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Dante, de l’Arioste et de leurs suivans, loin d’essayer d’avoir une littérature nationale, ont borné leurs efforts pendant des siècles à reproduire éternellement la mythologie et les idées des anciens, en négligeant ces nobles sujets si propres à exciter le génie, que leur offrait l’histoire de l’Italie dans le moyen âge, quand elle avait une existence politique.

Les Anglais, qui dans leurs premières poésies avaient montré une veine d’originalité et d'indépendance, et dans la forme et dans le sujet, avaient été conduits ensuite par l’imitation des Français à l’adoption des tours classiques; et, sous cette influence, ils étaient tombés peu à peu dans l’insipidité. Le règne des Georges n’a pas été favorable au génie poétique; ses sources paraissaient tout-à-fait taries, quand un nouveau courant s’ouvrit, et vint offrir des trésors inépuisables pour l’imagination la plus brillante, des moyens d’exprimer dans des rimes hardies les sentimens les plus intimes du cœur humain, les motifs les plus cachés qui peuvent influencer les actions des hommes. Cependant cette nouvelle manière d écrire passa comme une simple affaire de pratique, et ne donna lieu à aucun système alambiqué, à aucune recherche théorique sur les principes de l’art.

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Mais quand une impulsion vers la, régénération excita les Italiens à une semblable innovation, il s’alluma une des querelles littéraires les plus âpres des temps modernes, et un degré de passion qui paraît bien extraordinaire et bien déplacé à ceux qui sont parvenus à la même fin sans employer de tels moyens. La possibilité théorique d’un système poétique fondé sur d’autres manières que celles des anciens , fut comme un éclair soudain pour l’imagination des Italiens , et leur attention se tourna plutôt sur la critique de la doctrine que sur l’épreuve qu’on pouvait faire de son mérite par la pratique. La petitesse de l’arène rendit les disputes personnelles, la jalousie, l’aigreur de la rivalité augmentèrent la ferveur du zèle polémique.

Les critiques allemands ont divisé la poésie en deux classes : celle qui appartient aux systèmes de civilisation des Grecs et des Latins, qui emprunte des anciens ses idées et ses machines; et celle qui (dans le langage d’un écrivain distingué ) tient de quelque manière aux tra~ ditions cheva lexesq ues (1) : c’est de cette division que sont nées les épithètes de classiques et de romantiques.

(i) U Allemagne. Tom. r , pag. 71.

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On prend ainsi une position évidemment fausse. La question n’est pas l’examen de deux systèmes qui adoptent différentes machines dans les compositions poétiques: elle consiste dans l’absurdité de renfermer le génie dans les bornes d’une seule époque de la civilisation , ou le ridicule plus grand encore de donner le même coloris à tous les siècles; et dans la convenance de laisser le talent suivre ses inspirations sans contrainte, en s’astreignant seulement à donner à chaque sujet le costume, les manières et les idées qui lui appartiennent réellement.

Les fictions de la chevalerie et de la féerie sont aussi étrangères aux opinions et aux sentimens de la société actuelle, que le mont Olympe et le sombre Ténare; et quoique la nouveauté des premières et des formes pittoresques dans leur bizarrerie, leur aient prêté un charme que la mythologie usée des païens ne pouvait plus offrir, l’enthousiasme pour elle a été de courte durée en France et en Angleterre ; et la première vogue passée, on les a réléguées dans les chambres des nourrices, et dans les mélodrames des théâtres inférieurs.

Le siècle dans lequel nous vivons est trop calculé, trop philosophique pour se plaire

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long-temps dans les conceptions qui appartiennent à une thaumaturgie quelconque. La poésie doit donc chercher à intéresser plutôt par l’intensité de la passion et le développement des combinaisons sociales , que par des agens fantastiques et des événemens surnaturels. Le plus fort argument en faveur des romantiques , n’est point la supériorité de leurs machines, mais l’intérêt plus profond qu’excitent leurs sujets. « Le moyen âge et l’histoire moderne nous appartiennent exclusivement. Des écrivains romantiques peuvent donc travailler sur la féodalité, la chevalerie du temps des Normands, les croisades et lesguerres religieuses, les supplices atroces de l’inquisition, les découvertes nautiques , les guerres des Portugais, des Anglais et des Hollandais en Orient, la conquête de l’Amérique, la navigation autour du globe, les mœurs des Indiens, l’esclavage des Nègres , celui des Européens sur les côtes de Barbarie , les gouvernemens ecclésiastiques de Rome et de la Mecque , la civilisation momentanée sous les califes, les guerres des Turcs , l’industrie commerciale des Italiens, etc. etc. etc. » (1). Tous ces sujets ap-

(1) Conciliatore. N° 2Ô. On peut ajouter à ce passage le tableau des manières nationales particulières à la litterature anglaise.

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parviennent à des combinaisons sociales , sur lesquelles nous avons des notions plus ou moins parfaites, et ils amènent des situations et des développemens de sentimens avec lesquels nous avons de la sympathie. Les Grecs et les Romains sont à notre égard des abstractions trop idéales; et en les mettant en action, le poète est obligé de travailler sur des généralités qui n’offrent point ces traits caractérisa tiques et particuliers qui donnent du naturel et de la vie. De là est venue la division de l’action tragique en caractères définis; le roi , le tyran , le premier amoureux , etc. etc. La poésie qui peint la vie réelle n’est pas susceptible d’ëtre ainsi analysée. Elle ne représente pas un amant en général, ni un tyran abstrait; mais un Grec, un Turc, un Chrétien avec toutes les qualités qui appartiennent à ces castes ; et si le personnage est historique, avec toutes celles qui conviennent à sa naissance, à son éducation, à son individualité. Entre ces deux systèmes, il y a autant de différence qu’entre une préparation anatomique et un homme vivant.

Il n'est pas nécessaire de donner un plus grand développement à cette question littéraire pour montrer les causes de l’hostilité qu’elle a excitée # même chez des personnes

peu habituées à s’occuper des querelles scolastiques. Tout ce qui tend à réveiller les Italiens de l’inertie ou plutôt du désespoir où les circonstances les ont plongés, fait naître les soupçons de ceux à qui on ne laisse la jouissance des terres fertiles de l’Italie , que sous la condition d’annuler les facultés morales de ses citoyens. Prendre pour sujets des compositions littéraires les faits du moyen âge, c’est tourner l’attention publique sur ces vertus et cette gloire qui peuvent rappeler au.x Italiens qü ils ont eu des ancêtres; c’est remettre sous leurs yeux le bonheur de l’indépendance, le bien-être réel qui accompagne la liberté; c’est les faire souvenir de la bassesse, de la perfidie, de l’intrigue qui les ont soumis à leurs maîtres, et des grandes qualités par lesquelles leurs pères avaient résisté avec succès à ces mêmes maîtres. Il est impossible d’imaginer un système plus contraire au despotisme soporifique de l’ordre actuel , doux , mais persévérant; craintif, mais impitoyable. Cependant le système en lui-même était moins offensif que les personnes qui l’avaient épousé; et la petite société de patriotes qui contribuait à la rédaction du Conciliateur , l’élite de la jeunesse de Milan , qui avait saisi ce moyen de raviver 1 énergie de leurs concitoyens, était aussi dis-

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tiuguée par un zèle honorable que par des talens éminens : elle formait une sorte d’opposition incorporée aux. efforts anti-nationaux et anti-civilisant de ceux qui, en succédant à la tyrannie de Bonaparte (i) , n’ont hérité ni de sa vigueur, ni de sa prudence. Les nobles qui soutenaient ce journal avaient été remarqués du gouvernement par leurs efforts pour maintenir l’indépendance nationale, et pour introduire toutes les améliorations utiles dans l’économie intérieure de leur pays. Mais activer le commerce, exalter l’intelligence, construire des bateaux à vapeur et des appa-

( i ) Le Conciliateur était un journal quotidien publié à Milan , dont Silvio Pellico était l’éditeur, et auquel tous les hommes de talens et d’esprit qui résident dans cette capitale coopéraient. C’était un ouvrage purement littéraire, et le seul en Italie sur la fidélité et l’indépendance duquel on pouvait compter; mais qui a fait tort à sa réputation, en prenant une part trop active dans cette querelle des romantiques , dont l’acrimonie ne s’étend pas beaucoup au-delà de la Lombardie. L’éditeur étant Piémontais, a été menacé d’être expulsé des états de l’empereur, et forcé d’abandonner l’ouvrage au cent dix-huiticme numéro; mais dans ce court espace de temps, il a peut-être disséminé plus de vérités philosophiques et littéraires qu’on n’en pourrait trouver dans aucun des journaux, ses contemporains, établis depuis la restauration.

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reils de gaz hydrogène, ce n’est pas accroître le pouvoir du maître, en développant les faculté (îe son peuple; c’est au contraire affaiblir ses moyens de domination et de malveillance domestique , c’est renfermer sa puissance dans les limites ou elle est utile au bonheur de ses sujets. Cela peut en effet lui donner plus de force pour faire le bien, mais c’est un frein qui peut 1 arrêter dans la carrière de la folie , du vice et de la perversité ; c’est donc un véritable attentat, odieux , intolérable, et auquel on doit opposer toute l’influence du trône, de 1 autel et des baïonnettes.

La véhémence avec laquelle la question du romantisme a été débattue, aura une influence favorable sur les Italiens, en stimulant leur littérature, en les tirant des sujets frivoles et presque puérils qui ont trop souvent employé leur plume. Mais, sous un autre point de vue , ces querelles doivent être sincèrement réprouvées, comme fournissant un alimentaux haines municipales et nationales. Les Italiens sont généralement trop enclins à entretenir des préjugés contre les naturels de tous les états de la péninsule, excepté celui où ils sont nés. Un étranger pourra être estimé, honoré, reçu comme un frère; il sera jugé moins sévèrement, surveillé avec moins de jalousie que

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l'habitant de la ville ou du canton le plus voisin. Dans le moment actuel , où l’union d’esprit et de cœur serait si nécessaire pour les Italiens de toutes les dénominations, il est déplorable de les voir divisés, non-seulement par les séparations géographiques, mais par les factions. On est affligé de voir le peu d’écrivains éminens qui ne sont pas abattus sous la verge du pouvoir, oublier ce qu’ils doivent à leur patrie, pour se livrer à ces vains débats ; et quand ils ont si peu de moyens pour édifier, dépenser leur énergie dans une irritation inutile, (i)

Les ouvrages que l’on doit à la littérature moderne sont presque tous connus, et tous ceux qui méritent le mieux d’attirer l’attention d’un étranger sont généralement imprimés à Londres; l’obscurantisme des souverains, tyrans de l’Italie, ne tolère aucun écrit, s’il ne tend pas à propager l’erreur et à faire rétrograder l’intelligence. Le principal mouvement d’esprit existe en Lombardie; à Florence il s’efforce

(1) Les éditeurs du Conciliateur ont bien senti les dangereuses conséquences de ces débats ; mais les disputes littéraires étaient le seul refuge des 02^inions libérales , même de toutes les opinions qui n’étaient point fausses; ils n’avaient donc que le choix de s’exposera un mal accompagné de quelque bien , ou de tomber dans une nullité certaine.

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d'avancer (i); à Rome (2), il est endormi. Dans cette ville qui, pendant plus de deux mille ans, a forgé des chaînes pour le monde civilisé , on voit régner une brutale et complète ignorance de ce qui se passe même dans ses propres murailles. Bologne, quoiqu’elle se trouve sous la censure papale, combat noblement l’obscure politique du temps; et Naples, si elle maintient son indépendance, deviendra un foyer de lpmières qu’aucun pouvoir humain ne pourra empêcher de se répandre dans toute l’Italie.

Une des causes les plus puissantes qui découragent les Italiens qui pourraient se livrer aux travaux littéraires, c’est l’incertitude du droit de manuscrit. Un ouvrage imprimé à Milan est bientôt pillé à Lugano, à Gênes, à Bologne ou à Naples. Il est impossible qu’un

(1) Depuis notre départ d’Italie, un nouveau journal a été projeté sous la protection et par la coopération active d’un seigneur patriote; car les nobles italiens sont les premiers soutiens de la cause de l’humanité. L’objet de ce journal serait d’importer toutes les améliorations qui s’établissent daus l’étranger , et de remettre Florence au niveau du reste de l’Europe. Je ne sais point si on y introduira quelques sujets purement littéraires; mais je pense que l’esprit du gouvernement s’y opposerait.

(2) Nido di tradimento in cui si trova Quanto mal per lo mondo oggi si spende.

Petrakca. Son. 107.

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libraire puisse faire la moindre avance à un auteur; en sorte que tout ce qui s’imprime est publié pour le pur amour de la gloire , ou l’espoir d’être utile à l’humanité. La littérature ne peut pas être un métier, et il n’y a point d’opinion publique pour soutenir un auteur contre le pouvoir d’un gouvernement jaloux. En un mot, on ne peut concevoir une réunion de circonstances plus propres à arrêter les progrès les plus précieux de la civilisation , ou plus parfaitement adaptées pour paralyser tout exercice intellectuel.

ROUTE DE FLORENCE A ROME

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