‹ L'Italie (volume 5)Chapitre 6 sur 15 · XC · texte numérisé non relu

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Ce Muséum est une des preuves nombreuses du peu d’invention des Romains. Les dépouilles de l’Égypte et de la Grèce remplissent ses galeries, comme les spolice opimct enrichissaient le temple de Jupiter Férétrien, presque sur le meme sol. • Le pillage a toujours été un principe fondamental chez ce peuple, depuis Sylla rebâtissant le temple de Jupiter avec les colonnes enlevées au Jupiter Olympien d’A.thenes, jusqu’au dernier des cardinaux spoliateurs, dont les palais sont construits des débris des temples païens, de ces monumens que le goût, sinon les principes, aurait dû laisser sur le site qu’ils avaient consacré. 11 suffit de dire de cette collection, quelle renferme le Faune, le Gladiateur et V Antinoüs! Si une familiarité intime avec ces objets, produite par des visites fréquemment réitérées, pouvait autoriser une description détaillée de leurs beautés dans ces pages modestes , la tâche serait délicieuse par les impressions agréables

qui ait jamais paru sur les bancs de Old Bailej. Il est cependant remarquable que la noblesse des traits devient p us rare à mesure qu’on redescend dans les séries; le sang mêle et les habitudes vicieuses du Bas-Empire aylnt évidemment dégradé les visages de ces misérables, que le hasard appelait au trône , du sérail du palatin ou des rangs d’une armée dissolue et barbare.

PiOME.

qu’elles renouvelleraient; mais les merveilles thi Musée Capitolin demandent et ont employé des plumes supérieures; et, malgré les savantes controverses que plusieurs de ces, chefs-d’œuvre excitent chez les connaisseurs polémiques, on ne peut rien dire de neuf à leur sujet, quoique rien de proportionné à leur excellence n’ait jamais été et ne sera jamais écrit.

L’édifice à gauche du palais sénatorial est nommé palazzo de’ Conservatori 3 d après les trois conservateurs de Rome, que M. Wiggins appelle les ombres d'une ombre, dont le plus haut privilège est de porter les vases sacrés entre le grand autel et le pape, le jour de la solennité de Pâques, et qui (dit le signor Vasi) tiennent là leurs assemblées. Je ne me suis jamais informée de ce qu’ils traitent dans ces assemblées qu’ils tiennent là. Je les ai vus avec leurs habits de mélodrame sur la seconde marche du trône papal, dans plusieurs cérémonies, et l’impression que leur image m’a laissée était si complète, que je n ai jamais cherché à la combiner avec des relations plus importantes et plus solennelles. Cette fabrique, ainsi que celle du Musée Capitolin, est consacrée aux arts, et consiste en une suite de pièces et de galeries remplies d’antiques et

ROME. 2 3 i

d’une superbe collection de tableaux. C’est le temple des Carrache, du Guerchin, du Guide, des Veronèse et du Palma; mais ce n’est point comme on l’a pompeusement affirmé, le palais du peuple romain , le siège de son pouvoir et la résidence de ses magistrats (r).'Le pouvoir du peuple romain! ! ! Les sculptures antiques qui ornent le Campidoglio, ses lions .de basalte d un travail égyptien, ses statues colossales de Castor et Poliux, etc. etc. sont décrits trèsexactement dans toutes les tablettes des voyageurs, et imprimés dans tous les Voyages en Italie. Mais quelques-unes des associations les plus curieuses du mont Capitolin sont liées a la destinée singulière du dernier tribun romain, Cola di Rienzi , le Spirto gentile de Pétrarque. Ce fut là qu’il donna sa fête, sa Viziosa Buffoneria ; ce fut des naseaux du superbe cheval de bataille dAurélien (2), qui décore toujours le milieu de la place du Campidoglio, que des flots de vin coulaient en l’honneur de ce jour de pompe burlesque. D’autres scenes ridicules , et d un effet moins frappant, ont été

(x) Eustace.

(2) On dit que c’est la seule statue équesti'e existant à Rome.

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