‹ L'ItalieChapitre 11 sur 19 · PERSONNAGE · texte numérisé non relu

PERSONNAGE

Pio vi.

Principessa Braschi ( sa nièce).

Principe Braschi.

Busca cardinale segretario.

Principessa Santa- Croce.

Conte Antonio ( ex-cocher (le la princesse Braschi).

Le général des Dominicains.

Senator Rezzonico ( général des troupes papales).

Gandini ( brigadier ).

Cardinaux, théologiens, moines, abbés, courtisans, dames romaines, gardes suisses, soldats romains, peuple, etc.

Le général Colli ( commandant Tannée française ).

Officiers allemands.

(1) « Le général Colli à Rome , ou le Ballet du pape. »

La narration de ce fait historique a un caractère qui nous aurait engagés à la supprimer; mais plusieurs journaux français ayant annoncé une traduction qui doit paraître après la nôtre , et dans laquelle on promet de ne faire aucuns retranchemens, nous nous sommes décidés à suivre le même système, et à donner l’ouvrage dans toute son intégrité. ( N . de VÊd. )

LOMBARDIE

Tous les caractères offerts dans cette pièce à la dérision publique , étaient bien connus; c’étaient la famille du pape régnant , les soutiens obstinés de la puissance papale , et les secrets ennemis de la révolution d’Italie. Le soir de la première représentation , le nouveau gouvernement en craignit l’événement. Toutes les autorités civiles devaient être sur pied, et des gendarmes distribués dans la salle. Introduire le pape sur la scène, était une pierre de touche hasardeuse, et le matin du jour où cette représentation devait avoir lieu (le premier jour du carême de 1797), les groupes rassemblés autour du théâtre avaient presque décidé à retirer la pièce , quand , au grand étonnement de tous , on découvrit que l’empressement pour se procurer des places causait seul les rassemblemens. A l’exception de quelques loges appartenant à la haute noblesse , la salle étaitpleine jusqu’aux combles. Une impatience mêlée de gaîté se montrait sur tous les visages, et les gendarmes n’eurent pas besoin de paraître. Enfin la toile se leva , et la magnifique salle du consistoire au Vatican, parfaitement exécutée, excita de vifs applaudissemens. Dans le centre on voyait le trône pontifical couvert d’étoffes d’ or : le pape y était assis , entouré du conclave, et des prélats, tous superbement

LOMBARDIE. 169

habillés. Les articles de paix proposés par les Français, étaient le sujet de la discussion. Le général des dominicains exprimait en dansant, avec la gravité qui convenait à son costume, qu’il jugeait la décision du conclave contre les propositions des Français, inspirée par les Anglais et les Autrichiens, plutôt que par le Saint- Esprit, et il finissait son solo argumentatif en se jetant aux pieds du saint-père , pour protester contre une détermination aussi contraire à ses intérêts , et aussi inutile, puisque l’Italie était presque entièrement révolutionnée.

Le pape , confondu à cette nouvelle contrepartie de saint Paul réprimandant saint Pierre ( le programme dit : Il papa sorprese di trovare in uno de’ suoi teologi lo zelo di san Paolo che osô di rimprovare san Pietro ), repoussait le dominicain par un balancé menaçant, recueillait les votes du conclave, qui tous étaient pour la guerre , et brandissait l’épée de l’Eglise au milieu des vivat des cardinaux belligérans.

Les intrigues des princesses Braschi et Santa- Croce (nièces du pape, et reines rivales du Quirinal), l’arrivée du général Colli, l’influence de la Braschi sur son cœur, les conseils duVatican et du palais Braschi, tout fut développé au grand amusement de l’auditoire. Mais quand à l’instant même où l’armée papale se préparait à

Page 1