Opéra, Migne, PatroL, t. VI, p
E. Gebhart. — L'Italie mysiique. 14
198 L'ITALIE MYStlQUÊ.
testaments, citaient leurs débiteurs en justice, s'attachaient aux écoles de dialectique, négligeaient Toraison et l'Écriture pour « les curiosités inutiles d'Aristote ». Grescentius s'entourait ûe maîtres fourbes, tels que le frère Bonadies, son jurisconsulte, « qui buvait la fraude et le mensonge comme de l'eau », il observait d'un œil malveillant la secte grandissante des spirituels^ « qui ne marchaient pas, pensait-il, selon la vérité de l'Évangile, méprisaient les règles de l'ordre, se croyaient meilleurs que les autres, vivaient à leur guise, rapportaient tout à l'esprit, omnia spiritui tribuebant, et portaient même des manteaux trop courts, man^e//os curies usque ad nates^ «.Bientôt Grescentius accusa ouvertement auprès du pape ces frères qui, «en apparence et pour les séculiers, sont des saints, mais en réalité sont superstitieux, superbes, turbulents, indociles, champions de nouveautés dangereuses ». Innocent IV, qui s'engageait alors dans sa grande guerre contre Frédéric II, entendait que l'Église se rangeât tout entière sous sa houlette; il accorda donc à Grescentius la permission de poursuivre et de corriger les dissidents, d'arracher jusqu'à la racine « ces occasions de schisme et de scandale dans l'ordre». Le général, « avec l'agilité et la traîtrise du léopard », lendit une embuscade aux frères « pieux,