‹ L'Italie mystiqueChapitre 23 sur 53 · Chron., XXW.Min. Gêner, ap. Ehrle, Archiv, l. II, p · texte numérisé non relu

Chron., XXW.Min. Gêner, ap. Ehrle, Archiv, l. II, p

i/EVANGii.r: !• TKitNr: I.. 199

simples et formes dans la vérité et la charité », qui, de leur côté, s'acheminaient vers Rome; il les fit arrêter, les arcahla de mauvais traitements, puis les envoya deux à deux, précédés de lettres calomnieuses, comme hérétiques d'importance, aux gardiens des provinces les plus éloignées. « Mais Dieu, dit Angelo Glarcno, voulut que leur vertu se répandît comme une lumière et un parfum parmi les frères chargésde les punir, et qui furent réjouis par leur conversation angélique » ; il étendit sa main sur les spirituels^ et l'élection de 1247 ou de 1248 porta au gouvernement des mineurs le frère Jean de Parme, « illustre par sa science et sa sainteté ». Le premier acte de Jean fut de rappeler les proscrits. La maison d'Assise tressaillit de joie; les vieux amis de saint François, les derniers apôtres de la première Église franciscaine, « Egidio, Masseo, Angelo, Léo, éclatèrent en transports d'allégresse, parce qu'ils croyaient voir en Jean de Parme l'âme même de saint François qui ressuscitait » ; Egidio, éclairé par l'esprit prophétique, lui dit : « C'est bien, ta venue est heureuse, mais tu viens bien tard* ».

1. Bene et opportune venislif sed vemsti tarde. Archiv^ t. II, p. 25) à 263.

200 L'ITALIE MÏSTIOUR.

Les années que Jean Borelli de Parme passa à la tête de Tordre d'Assise sont d'une importance capitale pour J'histoire religieuse du moyen âge. Autour du nouveau général se groupèrent les velléités d'opposition, les rancunes anières, les aspirations encore indécises des spirituels. Les idées joachimites qui, depuis près d'un demi-siècle, flottaient toujours dans la chrétienté italienne, prirent tout à coup une recrudescence extraordinaire et se fixèrent en quelques vues très précises auxquelles les mystiques se rallièrent avec empressement. Déjà en 1240, le frère Aymon, Anglais d'origine, prédécesseur de Crescentius, était revenu à la méthode prophétique du moine calabrais par un commentaire sur Isaïe. Jean de Parme à peine élu apparut à ses frères comme le représentant du plus pur idéal franciscain. Contre les conventuels et les tièdes il agit en réformateur, allant sans cesse de maison en maison pour y restaurer la Règle de 1209 *. L'enthousiasme pour

1. Hist. littér. de la France, t. XX, p. 30 et suiv. SalimbeiNE, Çron., p. 128. Renan, Nouv. Ètud. d'hist. rclig., p. 246.

Page 1