‹ L'Italie mystiqueChapitre 33 sur 53 · Gregorovius, Gesch der Stadt Rom. %m Mittelalt., t. V · texte numérisé non relu

Gregorovius, Gesch der Stadt Rom. %m Mittelalt., t. V

ROME KT I.ES Fil ATICKM.FIS. 241

sie le souvenir de sain! Fiançois el qui fût plus propre à niellrc (l'accord la Iradiliou première d'Assispavccles conditioiiïsréelles du chrislianisun latin. Mais il était cardinal el docleur, Ihcdo^ien écoulé à Rome, ennemi des pieuses «himèrcs, convaincu que la doclriue de l'absolue pauvreté allaihlirail la valeur sociale de l'institut; enfin, il avait succédé à Jean de Parme, et, bien que celuici l'eût désii^né à l'éleclion du chapitre, il sembla aux exaltés détenir un pouvoir illégitime. « Il fut créé général, dit Angelo Clareno, et sous lui commença la c^iualrième persécution. » Angelo ne craint pas d'accuser Bonavenlure de duplicité et de mensonge; au cours de l'enquôle instituée sur la foi de Jean de Parme, « quand il se renfermait avec Jean dans sa cellule, il pensait comme lui; mais en présence des frères il parlait contre Jean ». Bonavenlure, ayant lu dans le sermon d'un spirituel une véhémente critique des prélats prévaricateurs, se reconnut lui-môme et pleura, et ce fut l'une des quatre causes de la persécution nouvelle. Quand il s'agit de prononcer la sentence contre Jean, la sagesse et la sainteté du frère Bonaventure s'obscurcirent, sa mansuétude se changea en colère furieuse, et il s'écria : « Si je nr « regardais point à l'honneur de l'ordre, je rerai> « châtier celui-ci comme hérétique. » Les spirituel.^ voyaient, dans leurs extases, Jean de Parme revèiu de lumière, et Bonaventure, les doigts munis

Ikl L'ITALIE MYSTIQUE.

d'on«-les de fer, s'élançant contre le saint pour le déchirer. Jésus et saint François se montraient alors et désarmaient les mains du sacrilège*.

Mais, en face du Saint-Siège, les spirituels serraient leurs rangs et se mettaient sur la défensive, à la façon d'une secte décidée à résister jusqu'au schisme. Le Père Séraphique, en communiquant à ses fils la libre vie intérieure, avait jadis relâché les liens qui unissaient les fidèles à la hiérarchie; mais il gardait pour l'Église une vénération attendrie, et, pour le dogme dont l'Église est le tabernacle, la foi simple d'un enfant. Ici la liberté religieuse est troublée par un souffle de révolte. Le mépris excessif des choses de la terre a jeté les mystiques dans un christianisme très particulier, qui n'est plus celui de l'Église de Rome. Le progrès séculier de l'Église, commencé par Innocent m sous les yeux de saint François, grandit si rapidement, que les chrétiens rigides, qui haifssent la richesse et la puissance, ne regardent plus du côté de Rome qu'avec angoisse; ils se demandent si cet évéque, si âpre à la recherche des biens du monde, est encore le vicaire du Dieu évangélique. La pensée ne leur vient jamais que peut-être l'histoire elle-même du siècle impose aux ponlifes cette passion extraordinaire pour la grandeur temporelle. Dans la lutte désespérée qu'ils sou-

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