Histor. Tribulat., Archiv, t. II, p.271elsuiv
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liment contre Frédéric II cl Manlicd, les pnprs avaient jujL(é qnc la base donnée par Iniioccnl III à l'autorilé apostolique était trop étroite, (j n'était plus assez, pour eux, d'être les maîlr<v do Home, alors que l'Empire prétendait être le maître de toute l'Italie. Afin de garder Thégémonic du parti guelfe, ils devaient s'assurer l'alliance de la Toscane guelfe et, par conséquent, garantir par leur puissance territoriale et militaire ce pacte politique. De môme pour l'alliance angevine. Quand la maison de Souabe fut tombée pour toujours à Bénévent et à Tagliacozzo, le Saint-Siège comprit qu'il risquait, s'il n'était aussi fort que possible, de devenir le client de son vassal français; plus lard encore, il lui parut que Florence serait une alliée dangereuse s'il ne la pacifiait par le bras très lourd de Charles de Valois. Entre Clément IV et Boniface Vlll, la papauté entreprit enfin de se soustraire à la gêne que lui imposait la vieille théorie du droit impérial. Au concile de Lyon, en 1274, Grégoire X obtint sans effort les plus grands résultats. Rodolphe de Habsbourg reconnaissait l'état ecclésiastique et renonçait à exercer à Rome et dans le pati'imoine les pouvoirs traditionnels de ses prédécesseurs; il acceptait Charles d'Anjou comme roi de Sicile; il s'inclinait et, avec lui, tous les princes de l'Allemagne devant la primauté religieuse du pontife, « le plus grand luminaire »; il se déclarait prêt ^
tirer l'épée pour la défense de rÉ«,dise, au premier signe que ferait le Saint-Siège. L'Empereur confirma, en 1278, ces engagements et reconnut en outre, à la sollicitalion de Nicolas 111 Orsini, les vieilles donations octroyées au Saint-Siège depuis l'ère carolingienne, la Penlapole et la Romagne, « le jardin de l'Empire». Les tyrans de la Romagne se virent imposer la suzeraineté pontificale. Puis le pape reprit à Charles d'Anjou la fonction de sénateur de Rome. Mais ces conquêles du Saint- Siège, chaque jour compromises par la révolution permanente de la commune romaine, étaient bien illusoires. Les familles romaines, sur lesquelles ne pesait plus la main de l'étranger, deveiidient très redoutables aux pontifes. Le népotisme, c'est-à-dire la sécurité dynastique, parut alors une nécessité constitutionnelle de la monarchie papale.
Nicolas 111 fit des Orsini les plus grands seigneurs de son domaine. H rêvait de leur créer en Lombardie et en Toscane des tyrannies militaires. « Il aima trop les siens », dit Ptolémée de Lucques. « Il édifia Sion pour le bien de ses parenls, comme ont fait plusieurs papes romains », écrit Salimbene. Il aimait aussi l'or, instrument premier de toute puissance politique. Dante l'a rencontré en enler, dans la région des siinoniaques. « Je fus si avide pour enrichir mes oursons que, là-haut, je remplissais ma bourse.
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et ici je me suis jeté au fond du sac infernal*. »
Ce pape, que Danle a frappé de damnation, fut certainement considéré par les spirituels comme indigne de présider à l'Église de Dieu. Dès celte époque, la pensée du schisme, qui n'éclatera avec une entière franchise qu'après Boniface VÏII, grandit silencieusement dans la conscience des mystiques. L'idée qu'ils se forment du vrai christianisme est clairement caractérisée par ces paroles d'une bulle de Jean XXII, en 1318 : « Ils imaginent deux Églises, l'une, charnelle, accablée de richesses, perdue de délices, souillée de crimes, sur laquelle, disent-ils, règne le pape romain ; l'autre, spirituelle et libre dans sa pauvreté. » Cette Église séparée des spirituels dut attendre jusqu'à l'élection de l'antipape Nicolas V, le mineur Pierre de Corbara (1328), un gouvernement distinct du Saint-Siège romain. Mais elle se nourrissait, depuis un demi-siècle déjà, des sentiments exprimés par Angelo Clareno. Saint François, écrit Angelo, a prédit « que l'on verra sur le siège papal un homme qui n'aura pas été élu catholiquement, qui pensera mal de la vie du Christ et de la Règle que par moi le Christ a donnée à mes fils et que l'Église a confirmée. Si le souveram pontife, par ses décrets, rend douteuses