ENSEIGNEMENT OFFICIEL
raux de la Prusse. C'est à Vécole aussi que le patriotisme germanique a été nourri, depuis 1806, par renseignement de l'histoire, de la littérature, par le chanta par les associations de gymnastique, par tes fêtes nationales. « Il faut, disait, après la défaite d'Iéna, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume* III, que TÉtat regagne en force intellectuelle ce qu'il a perdu en force physique. — De son côté, le ministre Stein écrivait : « Nous sommes partis de Tidée qu'il fallait inspirer à la nation entière un esprit de moralité, de religion, de patriotisme. » Fichte réclamait comme un droit pour l'État l'éducation de tous les enfants. Ces idées ont porté leurs fruits. Il n'est pas douteux que la pédagogie, se faisant en quelque sorte l'auxiliaire et la préparatrice de la discipline militaire, est parvenue sur certains points à modifier le caractère de la nation. Les événements accomplis depuis 1866 et depuis 1870 n'ont fait qu'accroître l'importance de son rôle. L'État, voyant dans l'école wn moi/m de gouvernement eide propagande, s'exagérant peut-être la vérité de l'adage : « Qui tient l'école, tient l'avenir, » s'en est rendu exclusivement le maître, et s'en est fait un allié dans la lutte contre le clergé catholique, un instrument d'assimilation pour ses récentes conquêtes. Une loi votée par les Chambres prussiennes le 11 mars 1872 déclare que l'État a l'inspection de tous les établissements d'instruction, non seulement publics, mais privés. L'influence laissée jusque-là au clergé a été restreinte. Les conférences d'instituteurs ont été employées à la discussion de sujets d'actualité. Dans les pays récemment annexés ( Schleswig-Holstein, Alsace-Lorraine), l'intention de germaniser les populations au moyen de l'école a été hautement annoncée. L'État intervenant dans la rédaction des programmes, des préoccupations politiques ont pris place dans l'enseignement de la langue, de l'histoire, du chant, dans le choix des livres de lecture courante, dans la célébration des fêtes scolaires.
M. Bréal qualifie de travers cette méthode qui consiste à développer systématiquement, dans le cœur de l'enfant allemand, la haine et le mépris du Français, et à prêcher à la jeunesse