‹ L'Italie rouge;Chapitre 20 sur 27 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

CoDstilution napolitaine. — Le ministre Bozzelli. — Le char de Mammone — Organisation des clubs — Expulsion des Jésuites.

La constitution napolitaine promise le 29 janvier, devait être promnlgnée le 10 février. Ses bases étaient les suivantes :

« 1* Pouvoir législatif exercé par le roi et par les deux Gliambres. « Les députés nommés par le peuple, d'après un cens établi. Les « pairs nommés par le monarque, selon la volonté souveraine;

« 2* Religion catbolique, seule reconnue par l'état;

« 3* Royauté inviolable, héréditaire, irresponsable et sacrée ;

« 4* Le ministère dédaré responsable ;

« 5* Organisation de la garde nationale ;

« 6* Armées de terre et de mer sous les ordres du roi ;

« 7* Liberté de la presse, avec restrictions pour la défense de la « religion, de la morale et du repos public, pour la répression des « outrages au roi, à la famille royale et aux souverains étrangers, « pour la garantie de l'honneur et des intérêts de chaque citoyen. »

Mais il ne suffisait pas d'avoir des bases, il fallait aussi des articles. On s'occupa de chercher un nouveau Siéyès, capable de rédiger

à la parisienae une, deux, quatre, huit, douze constitutions différentes, selon que pourraient l'exiger les circonstances, et susceptibles d*être annuellement révisées. Cela demandait de l'étude et du temps.

La France, bien qu*à sa douzième Charte 9 soupirant ellemême après une nouYcîle loi fondamentale, n'est point encore définitivement constituée ; elle en est encore à réviser, à refondre, à refaire à recommencer.

Or, pour élaborer le grand œuvre, ou choisit parmi les sectateurs de la jeune Italie un nonuné Ciccio, Paolo, Boxzelli. Secrétaire du carbonaro Pépé , en 1820 , il avait eu IMnsigne honneur d*être proscrit, après les désordres de cette époque, comme perturbateur du repos public.

Il joignait à ce titre celui d*avoir publié des écrits obscurs de toutes façons, qui lui avaient valu la gloire d'être mis à Tindex, comme écrivain séditieux, impie et immoral.

En outre, il soupirait des églogues et roucoulait des pastorales* Ses épltres grivoises à Chloris et ses madrigaux mythologiques à VAnacréon^ mêlés artistement à ses élucubrations sur la démagogie polf tique et sur la poésie det hébreux (i), le présentaient . à sa propre pensée comme une des sublimités du siècle.

En parcourant avec admiration les pages de son Extatica dramatique (2), il se pavanait dans leur illustration à venir, comme, plus tard, au milieu des bouffées de cigarre que lui Jetaient ses radicaux à la face, il se prélassait dans les pompes de son autorité législative en prononçant ces mots historiques : « Je suis las de ma souveraineté, »

M. Bozzelli, qui avait quelque chose de travers dans le regard comme dans imagination, et qui allait doter l'État d'un travail aussi immortel que sa propre renommée, laissait, avec une rare facilité, le oui et le non se succéder alternativement sur ses lèvres. Ce mérite, surtout, l'avait fait choisir par les Fratelli qui comptaient le mener en lesse, en lui dictant paroles et actes.

On ftit donc lechercher au rez-de-chaussée d'une retraite modeste

(1) Ouvrages de M. Bozzelli.

(â) Livre du même écrivain sur l'art théâtral.

où il se tenait coi depuis sa sortie de prison, tremblant toujours d'y être ramené. Au bruit que fit la députation qui frappait à «a porte, il frémit et se crut perdu.

surprise î On yenait lui annoncer qu'appelé à buriner la constution donnée à perpétuité aux Deux-Siciles, il était fait premier ministre (!)•

Bozzelli recula stupéfait. Entre lui et l'empereur Claude, àla mort de Caligula, il trouva de suite une analogie frappante. Claude pensait qu'on venait Fassassiner : on lui apportait la pourpre impériale.

Cédant aux voeux de ses frères et amis, M. Bozzelli prit la plume. Mais quelle espèce de constitution lui fallait-il bâcler, selon l'exï)ression adoptée? Serait-ce une charte anglaise ? ou une constitution espagnole? Valait-il miewx celle de France? ou devait-on préférer celle de Grèce ? Au besoin ne pourrait-on fouiller dans celles du Brésil, du Portugal, de la Suède et de l'Amérique ? en attcudant qu'il en fût proclamé quelqu'une à Constantinople et à Bagdad, voire même k la baie d'Hudson t

On pensa naturellement aux constitutions des rois Joseph et Murat. On n'oublia pas celles des carbonari Napolitains en 1820. Ou médita profondément sur la plus absurde de to ites, celle donnée par les Anglais à la Sicile, en 1812. Finalement, le sieur Bozzelli se décida à ne rien inventer de nouveau en ce genre, et à copier tout bonnement mot à mot l'une des onze constitutions les plus démocratiques de Paris, celle du roi Louis-Philippe. Cela ne nécessitait aucun effort de génie.

Hélas 1 eût-il pu prévoir que sa Charte modèle àe juillet, dont il allait faire un monument indestructible à Naples, n'avait plus guère que trois semaines à vivre en France î

Il avait été promis, le 29 janvier, que la loi fondamentale* serait promulguée le 10 février. Cela fut remis au U ;et,"dans la mâtiné de ce jour, eUe fut placardée sur les murs. La foule aussitôt se porta sur la place du palais, et le roi parut au balcon. Acclamations et fôtes d'usage; répétitions des mômes moyens.

(1) M. Bozzelli remplaçait au ministère M. Cianculli.

Le soir, course fantastique d'étoupes enflammées, à la manière des Euménides. Expressions délirantes de reconnaissance aussi fugitives que les étoupes. Cela dura trois jours et trois nuits.

Pour scène finale, un cortège de cantatrices bayadères défila un soir, sous les ombres, entre une haie de gardes civiques ; sur leurs tètes se balançaient des palmes et des lumières : décors volés aux petits théâtres de vieux mélodrames. Tout cela, criant Vive Pie IX arriva sous les murs du palais. Là se fit un silence solennel, d'où s'éleva tout à coup un chœur àe séraphins, du moins selon le prospectus. Leur hymne commença ainsi :

< Le mot suprême a retenti ; « Le cœur brûle, l'esprit pétiliey • Vaurore italienne ùrilie. »

On était au milieu de la nuit, en plein hiver , et sous la èrume{i).

Nouvelle solennité le 24 février suivant.

Le roi se rendit, en grand appareil, à l'église Saint-François- de- Paule, pour y prêter serment à la constttution. Cette fois, la chose était grave. Ferdinand H, décidé à tous les sacrifices qui pourraient assurer la paix et le bonheur à son royaume, paria d'une voix ferme et sonore ; il fut couvert d'acclamations.

Et que fit-on après dans la ville, en guise de reconnaissance? On promena le char de Mammone.

C'était dans la nuit du 25. Une marche de deux cents personnes, composée en partie d'étudiants, avec des cierges à rubans bariolés et 4is lanternes à trois couleurs, part, deux à deux, de la place du Mercatello et traverse la rue de Tolède : elle était précédée par une compagnie de gardes civiques et suivie par une foule de curieux. Tout cela escortait, au bruit d'une fanlïire militaire, le char pyramidal de Mammone, traîné par six bœufs blancs à cornes gigantesques (2).

0) Storia degli ultimi fatti di Napeli, p. 111 et suiv iV Mammone était le nom de rinventeur et de l'ottv

'ouvrier.

Ce cbar représentait un immense mausolée; et ses quatre faces , couvertes d'inscriptions lumineuses » rappelaient à la mémoire du peuple les noms des insurgés qui avaient péri, en 1799} pour la cause républicaine.

Les bustes de ces glorieuses victimes étaient offertes ainsi k Tadmiratibn de leurs concitoyens , non pas seulement pour qu'on déplorât leur perte , mais pour qu'on pensât à les venger. L'intention dramatique était claire.

Néanmoins le peuple napolitain qui regardait passer ce sombre catafalque , rappelant les plus mauvais jours de l'époque , resta •silencieuse , et même siffla. Répondre au grand acte de la veille par cette ignoble farce du lendemain souleva l'indignation et le dégoût.

La procession sépulcrale, arrivée à la place du Palais, se mit k y beugler : « Vive la Sicile ! » elle y comptait sur une catastrophe inattendue, car, au milieu de la place, était une bombe ou mortier, dont la délonation eût été épouvantable, et qu'une émeute devait suivre. Une patrouille , par bonheur, aperçut la machine infernale et put s'en emparer à temps, ce qui fit échouer le complot.

Le corbillard, dont on aurait voulu faire le tombeau de la monarchie, commença au contraire à y ouvrir en quelque sorte celui de la constitution ; et les feux de Bengale qui s'allumèrent cette nuit au palais Cirella^ préludèrent providentiellement aux premiers coups de fhsil qui, partis de ces mêmes murs au 15 mai, tuèrent à la fois la révolution, la révolte et la république.

Aussitôt après la constitution donnée à Naples, il y eût commotion immédiate par toute l'Europe.

Chartes à Turin, à Florence et à Rome. République française k. Paris ; puis, peu après , pour complément , TAUemagne entière soulevée. Les sociétés secrètes triomphent ; l'arbre enfin a porté ses fruits: on avait semé, on récolte.

Ici commence une nouvelle ère ; celle des réformes est finie; celle des constitutions passe; celle des républiques arrive.

A rinstigation des Circoti (1), Inorganisation de la garde nationale, promise par le ministère, est instamment sollicitée. Le consentement ne se fait point attendre , et le peuple se trouve en armes.

Premier pas ; il en faut un autre.

On veut la liberté de la presse. « Mais on ne peut pas gouver- « ner avec elle ! » disait M. Armand Marrast lui-même à M. Emile de Girardin (2). N'importe, Bozzelliroctroie.

Cette liberté se déploya de suite avec une aveugle frénésie. Bozzelli avait promis une loi répressive ; il se garda soigneusement de la donner. Il eût craint 'd'y perdre sa popularité. Le3 journaux les plus incendiaires , notanunent le National , le Temps^ le Vieux- Monde et le Nouveau-Monde , se publièrent donc impunément.*

Les gazettes royalistes et même constitutionnelles eurent leurs voix étouffées dans le charivari de la régénération. Attaquant chaque individu, des feuilles volantes et des pamphlets de quelques pages, les diatribes les plus grossières et les biographies les plus outrageantes, se vendaient à un sou dans les rues ; nul n'était exempt de ces souillures du progrès.

Les troupes de ligne étaient traînées dans la fange, les officiersgénéraux dénoncés à l'animadversion publique, les ministres, euxmêmes, frappés de malédiction.

Il fallait tout abattre pour tout reconstruire ; c'est-k-dire ôter les emplois à ceux qui en avaient , pour les remettre à ceux qui n'en avaient pas.

Les destitutions suivies de remplacements étaient sans terme; car déjà les Fratelli, dans cette curée générale où chacun s'arrachait les lambeaux d'un pouvoir mis en pièces , se dépouillaient les uns ks autres ; eux aussi, vainqueurs de leurs adversaires, s'entr'égorgeaient devant leur proie.

Les rédacteurs de journaux, présidents de clubs, envoyaient aa ministère la liste des gens auxquels ils assignaient les fonctions dé rÉtat à la place de ceux dont ils ordonnaient l'expulsion ; et le ministère approuvait.

(i) Grande clubs politiques.

(2) Voir la Presse du 25 avril 1850. Le citoyen Savoie, de Bade, arrivé ao pouvoir par rinsurrection, défendait, sous peine de mort, la lecture des journaux qui lui étaient contraires.

Les principaux cafés de la capitale, le Buono et la Croix de Malte^ réunissant les démagogues de première classe et leurs élèves de second ordre, formaient le ban et Tarrière-ban des CircoH, Lorsqu'une grande détermination était prise par les hauts meneurs, les petits souteneurs en étaient instruits aux cafés, et organisaient aussitôt, pour son succès, des démonstrations citoyennes.

En un pareil état de choses, personne n*était plus sûr ni de sa position, ni de son avenir, ni de sa réputation, ni de son existence. Parfois les Fratelli, dans le dévergondage .de leurs inspirations , et sous riufluence 4e vins patriotiques, tiraient les destinées au hasard.

Un jour, au club Vittoria, il fut question du choix d*un ministre»

« — Qui prendrons-nous? dit une voix.

« — Un tel. .

« — Non.

« — Celui-ci?

« — Fi donc!

« — Eh bien ! à qui le portefeuille?

« — Au premier qui ouvrira la porte, dit une dame remarquablement jolie !

« — ' Bravo t s*écria gaiment rassemblée. »

La porte s'ouvre, Ferretti entre; et ce Ferrettifni ministre (i).

n s'écoula deux mois et demi.

Une Uffïe douanière avait été décidée à l'effet de servir de 4)ierre d'attente à une ligue politique. On insinuait à l'Autriche que Theure de la rédemption italienne allait sonner. Déjà Milan, Pavie et Venise appelaient à eux, l'épée à la main, les fils de la jeune Italie,

On s'occupait des élections : il parut une loi provisoire ; le provisoire est toujours indispensable aux fondateurs à perpétuité. Le cens exigé pour être électeur et môme député fut fixé à un taux si minime qu'autant valait aborder franchement le suffrage universel. On le fit en effet, mais plus tard.

(I) Au ministère qui précéda celui de Troya.

Païenne, en négociation avec Naples,obtenaittout à cette époque, hors une armée sicilienne. Le ministère, à ce sujet, contrecarré dans ses idées, donna sa démission. H en résulta de légères modifications. Carlo Poerio (qui, depuis, Ait incarcéré, compromis dans le procès des u/nitaires) fut ministre de Tinstruction publique, et SaliceUi (qui, depuis, figura parmi les triumvirs de Rome) toi ministre de la justice.

Ce Maxzinien déterminé^ présumant que son autorité ne serait qu'éphémère, avait résolu, sans perdre une minute, de donner an plus vite un premier coup de hache à la constitutionalité présente au profit de la république future. Il proposa donc immédiatement fexpulsien des Jésuites, mesure qui devait irriter le peuple. Ses collègues la repoussèrent. Salicetti en informa de suite son monde ; et de tristes scènes suivirent.

Le soir du 9 mars, de grandes réunions se formèrent aux deux places publiques de Jésus et du Mercatello, entre lesquelles s'élevaient les vastes murs de la communauté religieuse. Là, aux cris de : nAbas les Jésuites !» une députation intima aux pères l'ordre de quitter leur collège. Les prêtres répondirent qu'ils attendraiefU à cet effet l'arrêté officiel du gouvernement ; et, la nuit même, ils imprimèrent une proteste^ où ils déclaraient que « d'abord ils vou- « latent être jugés, bien qu'ils n'eussent commis aucun crime; puis, « qu'ils désiraient, avant d^ évacuer leur couvent, rendre leurs « comptes à l'Etat pour lui prouver leur pauvreté» »

L'écrit n'obtint aucune réponse.

Le 10 au matin, désirant dter tout prétexte aux agiuteurs, les Jésuites signèrent la promesse suivante :

« Demain, à dix heures précises, nous quitterons la communauté u sans rien emporter avec nous, »

En ce moment même, un placard, affiché dansNaples, engageait tous les citoyens qui avaient leurs enfants au collège à les retirer, sans délai, pour soustraire leur innocence à la juste fUreur du peuple.

Le manifeste eut son effet Les parents, surpris et effîpayés, les mères, tremblantes et en pleurs, accoururent de suite au cloître, les

ans à pied, les autres en voiture. Mais la foule qui encombrait ks avenues de rétablissement menacé arrêtait piétons et chevaux.

Quel tableau de désolations t Parvenus à se glisser sous les murs du coUége, les parents n'y avaient pas trouvé leurs enfimts; les émeutiers qui s'y étaient introduits avant eux, venaient d'en chasser les élèves. Ceux-ci, terrifiés par les clameurs publiques, pauvres oiseaux chassés de leur nid, fuyaient au hasard çk et là.

Les uns, poussant des cris étoufiés, s'échappaient à travers les rues ; les autres, paies et muets, erraient le long des corridors. Les grands appelaient au secours, les petits se cachaient dans Tombre. La débandade était horrible, et la consternation générale.

Qui pourrait peindre ce spectacle Chaque détail oflfirait un drame. Ici, un père désolé retrouvait son fils à moitié fou d'épouvante; là , une femme exaspérée arrachait son enfant à des groupes moqueurs, au milieu desquels il s'était précipité à l'aventure ; ici, un pauvre petit être tombait à demi-évanoui entre les bras d'un citoyen compatissant en murmurant le nom de sa mère ; là, une famille éperdue s'enquérait en vain de ses fils. On n'entendait de toutes parts, sous d'insultantes railleries, que des appels à briser l'âm*e, des désespoirs inarticulés et de lamentables sanglots ; l'anarchie et l'impiété étaient là, couronnées de leurs palmes habiti^lles : les désordres et la terreur.

On vint annoncer aux ministres que les Jésuites quittaient Naples.

« Par quel ordre ? s'écrièrent-ils. »

Et BozzeUi courut chez le roi.

Sahcetti l'y avait devancé. «De* deux choses l'une, dit celui- « ci : ou un ordre pour chasser les Jésuites, ou une révolution « pour les conserver t Choisissez. »

BozzeUi se tut.

L'expulsion fut décidée ; seulement on ne prononça l'exil que j>ottr les prêtres étrangers ; il fut permis à ceux du pays de se retirer n'importe où. A ceci, vive opposition. « Point de distinction entre les fils de Loyola! s'écrièrent les anarchistes, qu'ils soient tous chassés du pays!'»

Et leur volonté prévalut.

Pendant ce temps, Ics.radicaux, maîtres du cloître, s'y empa-

raient des papiers, des meubles, du Unge et de tout ce qui y airait une certaine valeur. L^argent, on n'en trouva nulle part ; les provisions, on les pilla.

Quant aux Jésuites, enfermés et cernés chez eux par de soidisant gardes nationaux, ils se tenaient paisiblement résignés à leur sort. La nuit fUt cruelle pour eux. Entassés dans une même s aile au nombre de cent trente, sans air, sans nourriture et sans lit, ils eurent à supporter de la part de leurs geôliers, pendant les longues heures des ténèbres et de llUver, les traitements les plus indignes, les outrages les plus infirmes.

Le 11, à rheure convenue, Bozzelli présidait à leur départ. Dix-sept voitures de police les transportaient au môle, d'où ils devaient s'embarquer pour Itf alte sur un bfttiment à vapeur ; ces voitures étaient fermées. Deux citoyens armés, s'asseyant à côté de chaque cocher, surveillaient les pieux captife.

La file de ce convoi funèbre descendit la rue de Tolède. On y remarquait une chaise à porteurs où un vieux jésuite makide, arraché violemment de son lit, touchait à son heure suprême. Deux des sieps marchaient près de lui, en récitant les psaumes des morts. Le peuple, ému de ce 'tableau, le regarda d'abord avec stupeur, puis il Aiala des murmures ; puis, le sang bouillonnant dans ses veines, il eût voulu se soulever ; mais les espèces de voitures cellulaires qui renfermaient les condamnés étaient entourées d'infanterie et de cavalerie. La révolution, elle, avait des épées et des baïonnettes; le peuple, lui, était sans armes.

A quatre heures de l'après-midi , plus de Jâuites à Naples. A la fin de ce même mois, plus dé Jésuites à Rome. Accord de plans, entente parfaite. Partout, ensemble et à la fois, la même œuvre se consommait (i).

(1) Ils furent embarqués sur le bateau k vapeur le duc de Calabre,

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