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sur les eaux du grand fleuve et ride à peine sa surface que durent les derniers rayons de l’astre du jour.
A l'occident le ciel est-en feu et la.
chaîne des Laurentides prend toutes les teintes du soleil couchant, du rose intense de l'œillet à la blan cheur d’opale; mais déjà le soleil a disparu à l'horizon. Un faisceau de lumière jaillit d: l'onde empourprée et s’arrondissant en un im-
mecse éventail sur les bords du fir-.
mament, reproduit les feux du soleil :
dont il
Conserve en sillous d’or la trace dans'les fcieux.
Ajouterai-je avec Lamartine :
Comme une lai pe d’or dans l'azur suspendue, La lune se balance au bordde l'horizon :
Ses rayons affaiblis dorment sur le gasgon, Et le voile des auits sur les monts se déplie: C'est l'heure où la nature un moment {recueillie Entre la nuit qui tombe et le jour qui [s'enfuit S'élève au créateur du jour et de la nuit, Et semble offrir à Dieu, dans son brillant [langage De le création le magnifique hommage.
Voila le sacrifice immense, universel!
L'univers est le temple, et la terre est l'autel : Les cieux en sont le dôme et ces astres saus nombre, Ces feux demi-voilés, pâle ornement de à {l'ombre, Dans la voûte d'azur avec ordre semes Sont les sacrés flambeaux pour ce ter.ple [allumés, Et ces nuages purs qu'un jcur mourant
Ecolore
Et qu'un souffle lëger, du couchant à
FS l'aurore Dans les plaines de l'air repliant slsnent Roule en flocons de pourpre au bord du
: [firmament, Sont les flots de l’encens qui monte et
[s’évapore Jusqu'au trône du Dieu que la nature adore.
de voudrais être poète r faire passer dans vos âmes tous les enivrements de la mienne à la vue de ce spectacle enchanteur que l'Italie n'avait pu me montrer, mais que je retrouvais aux bords du St Laurent quelques heures avant de fouler de nouveau le sol aimé de la patrie.
Si l'Italie ne peut offrir à. nos yeux ces milles beautés naturelles ue le Canadien contemple partout ans son pays, de l'embouchure du St Laurent jusqu'aux grands lacs qui l'alimentent, en revanche la vieille terre de l’Ausonie propose à notre admiration les plus purs chefs-d’œuvre de l’art, peintures magnifiques qui décorent ses musées et ses temples, sculptures superbes qui ornent ses galeries et ses places publiques, gigantesques monuments que l'architecture la plus audacieuse ait élevés à la gloire de l’Eternel, et qui pertent jusqu'aux nues l’irrécusable témoignage de la foi d’un peuple et du génie de ses artistes.
Pénétrons dans ce sanctuaire des beaux arts et que l'Italie nous y montre les merveilles qu’elle a créées.
Le u
2°, BEAUTÉS AXRTISTIQUES.
«Il y avait une fois un ouvrier en bijoux d’or dans la ville étrusque d’Arezzo ; le métal précieux sortait de ses doigts tissé aussi fin que la toile de l'araignée ‘Il était pauvre et isolé, et néanmoins ik était heu reux. Il y avait à sa porte un vieil olivier et c’est à l’ombre de cet olivier qu’il travaillait toute la journée ; l'or était entre ses doigts comme une chevelure de jeune fille ; il lui parlait, il le tissait et il aimait.
« Un jour la fille du roi passa près de sa maison et abreuva son cheval à la fontaine de l’artiste. Elle repar.
tit sans l’avoir remarqué; mais, de ce jour-là, l'olivier ne fut plus pour lui l’arbre de la paix. Il se mit à hanter les temples où elle allait et les péristyles de ses palais ; les gens du roi fiüirent par le chasser en le battant de verges. Ilne pouvait plus travailier pour ses maîtres ; aussi tomba:t.il dans une affreuse misère ; l'olivier, pour compatir à ses peines, se flétrit et blanchit comme la barbe d’un vieillard mort,
« Alors il arriva qu’il y eût une famine en Etrurie : oui, dans ces vastes plaines de Toscane et d’Ombrie, où roulent les vagues dorées des moissons, il y eût une famine!
Et tou’ le peuple se mit à supplier la Bonne Déesse, dont la malédiction s’étendait sur la terre nue et improductive. Alors Poracle du temple parla et dit : « Que l’on tresse une feuille de blé avec douze mille fils d’or plus fins que celui de l’araignée e! aussitôt la terre fleurira et se couvrira d’une abondante mois- SON. »
«L'Etr . vtait pleine de bons ouvriers .u Or; des centaines de mille teptèrent l'épreuve et tous échouèrent. Car qui aurait pu filer
un fil d’or plus fin et plus délicaf que celui de l’araignée ? Alors celui qui s'était épris de la fille du rot sortit de son abattement et dit:
«Qu'on me donne de l'oret j'essayerai.» On commença par se mo quer de lui; lui, un pauvre vagabond tout nu, qui pouvait à peine se traîner au soleil. Mais la famiue allait croissant ; jour et muit la cité était pleine de lamentations : il y avait des femmes qui tuaient leurs enfants pour ne plus entendre leurs cris perçants.
« Le roi, tristement, descendit dé son trône; et dif: «Qu'on essaye ; nous ne pouvons pas être en plus triste état s’il échoue, puisque nous mourops de faim.» Alors on lui remit de l’or.et il s’enferma pendant six jours ; le septième jour, il ouvrit sa porte et apparut au milieu de là multitude qui n’osait respirer ; dans sa mäin, il tenait la feuille de blé, tressée avec douze mille fils auprès desquels ceux de l'araïgnée au'atent parus grossiers. *
«Le peuple gardait le silence, partagé entre une grande joie et une grande crainte: par centaines dé mille ils trainèrent à sa suite leurs membres amaigris vers le temple de la Bonne Déesse. La nielle avait tout envahi; la terre en était malade et devenait toute noire : le peuple, affamé, regardait avec des yeux injectés de sang. Le tissu serait-il assez fin? La déesse daignerait-elle accepter l’offrande ? Le silence le plus profond régnait dans le temple: le soleil brillait sur lé feuille tissée de douze mille fils.
« Alors l’oracle parla et dit: «Par « cet or, l’Etrurie vivra. Que la terre « se réjouisse et devienne féconde ! »
Aussitôt sur toute la terre soumise à l’Etrurie les feuilles vertes du blé
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