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percèrent le sol durci : elles pous-|
sèrent et le blé murit en un instant dans toutes les vailées et sur toutes les collines Alors la multitude s’écria tout d’une voix : « Portons le «au palais: couronnons le à là « droite du roi? Qu’on lui accorde « tout ce qu’il voudra dans tout le « pays, Car c’est Lui qui nous a déli- « vrés des liens de la mort.»
« Mâis lui, encore agenouillé sur le seuil du temple, leva les yeux et dit: « Non. je n’ai besoin de rien, A-telle seulement daigné sourire ? »
Là-dessus, il étendit doucement la ma:n vers le soleil et mourut. [La fille du roi ne sut jamais que la feuille d’or avait été tissée. pour l'amour d’elle. Mais les dieux le surent et dirent: «Que l’Etrurie «vive .du travail de ses ouvriers en «or! Car lamosr de cet homme « était grand, et il en restera un té- «moignage quand la nation tout «entière aura disparu de la terre et «que son souvenir même se sera «dissipé comme les vapeurs du « matin. »
« Aussi jusqu’à cette heure, dans la terre d’Etrurie, on retrouve pour toute trare du peuple disparu, des chaïnes d’or dans lestombeaux. L'or d’Etrurie est sans défaut, sans tache, sans égal, mais il, sort des tombeaux, là où les oliviers frémissent à la brise d'été, là. où flo'tent les panaches du mais, sur les cités ensrvelies. »
Voilà, Mesdames et , Messieurs, dans toute sa simplicité et aussi dans toute son intégrité cette jolie légende que j'ai lue un jour en Italie. Vous la raconter c’est vous donner le secret de cette grandeur mystérieuse qui caractérise les œuvres des artistes italiens, L’art ne vit que de foi et d'amour, et c’est la grandeur de ses aspirations qui fait l'artiste et lui tresse son immortelle couronne. Abyssus abyssum. invocat.
Les grandes aspirations appellent les grandes œuvres : c’est ainsi que l'art n'est autre chose que le travail glorifié par la pensée.
Un jour, dans un jardin qui fut
célèbre, un artiste ramassa un peu du limon de ja terre, le pétrit,
façgonna une statue, puis souffla sur son visage un soufle de vie, et l’homme, dit l’Ecriture fut fait âme vivante. : Dieu fut ainsi le premier des artistes et l’homme uné créaüon glorifiée par une pensée divine, Depuis, cette mémorable 6 ; l'homme a voulu copierson maître:
il s’est fait artiste ; mais jamais il n’a pu insufller dans aucune des productions de son pinceau ou de son ciseau ce souflle de vie qui anima la première des statues. Et cependant: contemplez ces productions du génie de l’homme: La pierre disparait sous l’idée : «lle ne reflète plus dans ses lignes que la pensée et la vie de l’homme. . Mais, même pour arriver. à cette perfeetion relative, il faut. que l’art ait sa racine dans la foi et qu’elle fleurissè dans la charité. N'est artiste, a:dit je ne sais plus quel écrivain, que celui qui a de hautes, pensées dans l'esprit et de larges amours dans le cœur.
Le christianisme seul est capable
de. les donneret seulil a répandu sur les productions de l’homme ce souffle qui les immortalise. Voyez l'Italie; elle en est unepreuve mani:
feste. N'est-ce pas aux successeurs des. apôtres, aux glorieux pontifes promoteurs et protecteurs de linstruction, de la:science, des lettres et des .arts qu’elle deit.la conronne de ses artistes et la gloire de son propre nom ?
-« L'idéal des gouvernements modernes, a dit Girardin, c’est d’aplatir tous les hommes sous un commun niveau de sorte que si quelque originalité arrive à se manifester pour un instant c’est au prix des plus violeuts efforts et quelquefois des plus grandes catastrophes. »
1l n’en fut jamais ainsi dans l'Italie des Papes ; tout homme qui
naissait avec du génie, puisait Save l'air. même qu’il respirait la force et l'audace de faire de grandes choses.
Que dis-je ? Ce ne sont pas seulement les.grands hommes qui lont faite ce qu’elle est. Ce furent pardessus tout les hommes qui savaient qu’ils n'étaient pas grands, mais qui
avaient la patience et le désintéressement de travailler pour elle avec zèle ‘et de mettre dans léttr travail toute la perfection possible. Gé n’est pas seulement Orcagna traçant le plan de la Loggia, qui mit tonte sa tête et tout son cœur au service’ de son œuvre ; tous les ouvriers qui sculptèrent les moindres détails y mettaient aussi toute leur intelligence:et tout leur cœur. Ce n'est pas seulement Miche.-Ange dans son atelier, c'étaient encore jusqu'aux pauvres peintres qui apprenaient en pleine rue l’a. b. €. de leur art à leurs diseiptes qui faisaient avec puissance et avec resct Je travail qu’on votilait bien eur confier.
Dans ce temps là, les serviteurs, aussi bien que les rois de l’art, étaient pénétrés de sa sainteté, Cette masse patiente, intelligente, rad et sincère de serviteurs de ’art, au lieu de se ronger le cœur par envie et par jalousie, cultivaient jusqu’à la perfection le seul talent qu’ils eussent ; aussi la médiocrité de cette époque aurait pu être l’excellence de toute autre. Ce n’est pas seulement des grands ateliers que la lumière rayonnait sur le peuple. Elle venait de partout : de tous les échafaudages où l’on pet gnait à fresque le plafond d’un palais ; de la moindre boutique, où les enfants des pauvres apprenatent à broyer et à mélanger les couleurs ; de. l’humble cellule, où quelque moiue rêvait pour arriver à produire une offrande digne de son Dieu ; de chaque coir dé rue; où les jeunes gens. se rassemblaient pour voir éle:
ver ei mettre en place, dans les murs de la Gité quelque Annonciation où quelque .Ecre. Homo. La: lumière venait de partout,elle était partout
Nous en avons vu les puissants reflets dans toutes les villes italiennes: que nous avons visitées :
Gênes. Pise, Florence, Rome, Na:
ples, Lorette, Bologne, Venisé, Milan, l'urin: ‘Toutes, elles renfermént quelques-unes de ces productions artistiques qui feraient la gloire de n'importe quel pays et qui seraient son orgueil:: Vous les détailler ce