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soir serait une impossibilité ; il me suflira de n’en mentionner que les principales.
Chacune des villes que je viens de nommer possède son. musée des beaux arts, ses galeries de peintures, desculptures,ae sarcophages. de gravures, de dessins, de médailles, de camées ; de riche: particuliers, des familles princières ont aussi leurs musées qu'ils ouvrent au public.
Les chefs d'œuvres de Cimabue, de Giotto, de Léonard de Vinci, de Giottino, de Paul Veronèse, de Brunelleschi, de PDonatello, de Raphaël, de Michel Ange et de cent autres artistes sont là, exposés tons les jours, à lFadmiration du mondé entier.
Voilà,ce qui est commun à la plu:
plart des villes italiennes; mais, chacune d'elles possède aussi quelque chose de particulier qui la dis-tingue des autres villes, qui Jui donne son cachet propre :. c'est un faisceau lumineux. qui jaillit plus:
éclatant de sa couronne de gloire !
Voici tout. d’abord, Gênes la su perbe, avec ses palais de marbre tant vantés, qui dois-je, l'avouer ?
n’ont produit chez moi qu'une bien faible impression.
Près de la gare du chemin de fer, sur la plate de l’Acquaverde, l’une des plus fréquentées de Gênes, j'ai admiré avec-plaïsir et presqu’avec l’orgueil d’un italien, le joli monument élevé à la mémoire de celui qui a découvert le Nouveau Monde, sans pouvoir toutefois lui donner soû nom. Debout sur une colonne rostralte, fièrement campé sur sa jambe droite, Christophe Colomb appuie sa main gauche sur une ancre, ce constant symbole de ses fortes espérances, tandis que de sa droite, il montre ä ses côtés la personnification d’un continent nouveau : c'est une jeune indienne presqu'agenouillée, assise sur, ses talons et tenant entre ses mains le sigre sacré Je là rédemption que ses yeux semblent contempler. avec amour. Aüx quatre coins du larg”
iédestal sont les quatre Statues de a Piété, Jde la Prudence, de la Force et de la Navigation. -Quatre bas-
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reliefs réunissent ces statues et nous montrent: le premier, Colomb à la cour d’Espagne, soumettant à Ferdinand et à Isabelle un plan que Gênes a rejeté et que le Portugal méprise ;— le second, la prise de
ossession du Nouveau-Monde et Colomb y plantant la croix de son Dieu et l'étendard de l'Espagne ;-= le troisième, le retour de Colomb de son premier voyage et sa réception triomphale ; —le quatrième, et celuil: est un petit chef-d'œuvre en même temps que la très fdèle histoire de toutes les ingratitudes humaines, Colomb débarquant une seconde fois de son navire qui revient des Antilles, mais cette fois il est couvert des chaînes de la captivité; ce n’est plus un amiral qui commande, c’est un esclave que l’on traîne. Sur l’une des faces du piédestal on lit cette simple inecription : « A Cristoforo Colombo La Pa:riar
Neuf artistes ont travaillé à ce monument qu'une admiration tardive vient de donner, il y a à peine dix-huit ans, au découvreur du Nou-:
veau-Monde.
Ce témoignage de reconnaissance rendu à la mémoire d'un homme qui n’est plus, m’amène naturellement à vous parler des monuments en général que la piété des vivants consacre à la mémoire des morts, et de ces vastes nécropoles où dorment dans le silence des tombeaux les Et qui nous ont précédé
ans les «sentiers de la vie.»
Entre toutes les villes, Gènes se distingue dans cette mamifestation tangible de son respect pour les morts. A trente minutes de marche de son enceinte fortifiée, au pied de la montagne, elle possède le plns beau cimetière que nous ayons vu. On l’appelle le Campo Santo : c’est le champ béni, le champ des morts.
Qu'on se représente un vaste carré, entouré de superbes portiques ; une double galerie s'ouvre devant les pas du voyageur. Dans l’une, celle qui se trouve le plus à l'extérieur, vous marchez entre une double rangée de tombeaux. C’est uncasier immense où, Lt nn dans les cata-
combes, les ceréueils sont étagès les uns audessus des autres, sans toutefois se toucher. Chaque famille à sa case distincte, sépa:ée de la case voisine; l'ouverture en est murée per une plaque en marbre dont ’inscripäon, modeste dans sa forme, simple dans son langage, vous doune le nom du mort, la date de son passage à l'éternité. Dans l’autre galerie, qui court tout le long de l'enceinte intérieure, s'ouvrent des arcades magnifiques. La [umière s'y précipite à flots et vient éclairer une longue suite de splendides sarcophages. Dans ces interminables corridors que vous parcourez, sous vos pas, dorment du sommeil éternel, bien desi!lustrations italiennes, dont les 20ms vous sont inconnus.
A droite et à gauche, dans l’ouverture des arcades et près du mur qui sépare cette galerie de la première, le ciseau du sculpteur a taillé dans le marbre le plus éclatant les traits aimés d’un père, d'une mère, d'un enfant que l'ange dela mort vient d’enlever à la terre; au pied de la tombe des âmes désolées y versent leur douleur, de pieuses mains y amoncèlent des couronnes d’im mortelles.
Il ya là des groupes admirables.
Sur un lit de souffrances, voici, dans les étreintes suprèmes de l’ago.
nie, un homme qui semeurt, A son chevet sa famille éplorée cherche dans les yeux du moribond ce dernier jaillissement de la flamme qui s'éteint. Le méderin est là: d’une main, il presse ce bras amaigri et demande vainement aux artères une pulsation que le cœur ne donne plus; de l’autre, il tient sa montre que ses yeux ne fixent même pas, car il vient de les tourner vers la famille en pleurs et dans sa physionomie tout entière on lit la confirmation de cette fatale nouvelle : il est mort.
Voilà ce que l'artiste fait dire à la froide pierre du sépultre.
Plus loin, sur une tombe qui vient de se fermer prend plate l’ange de la résurrection. Debout. £ans tout l'éclat de sa blancheur de neige, les ailes à demi ployées, la tête légère
ment inclinée de côté vers la terre, il embouche cette trompette dont le fanfare redoutable doit réveiller, à la fin des temps, les morts dans leurs tombeaux ; mais le clairon est sans voix ; l’ange attend, l'oreille tendue vers les cieux, que du haut de la nue descende l’ordre du Verbe éternel qui doit juger les vivants et les morts. Parents inconsolables, séchez vos larmes ; l'heure de la réunion approche, car l'ange de la ressurection est déjà prât.
Briévété de la vie, foi à la résurrection, voilà ce que proclame cette statue. Voilà ce que proclament la plupart des monuments funèbres dans tous les cimetières itahens.
Je ne sortirai pas de eelui de Gênes sans vous montrer un autre chef-d'œuvre. Voyez eette statue de la douleur qui pleure sur une tombe. Un voile de pierre l’enveloppe, il nous cacherait certainement ses traits désolés, mais, si délicat est le travail de l'artiste, si puissaat est son œuvre, que ce voile devient transparent et qu’à travers les fins tissus dm crêpe funèbre, où distingue parfaitement et dans tous ses détails, cette figure abattue par les cruels chagrins, ces paupères demi-soulevées qui consetvent encore là irace des dernières larmes.
Mais passons. Dans la cour intérieure formée par le vaste carré de cette double galerie de tombeaux, on enterre les pauvres, ceux qui n’ont pas les moyens de se payer après leur mort le luxe d’une demeure parmi les sarcophages des riches de la terre, car il faut être fortuné pour avoir sa place dans cette galerie de la mort. Il y a là, en effet, des emplacements qui se vendent 30,000 francs et des tombeaux qui en coûtent 125,000.
. La chapelle des morts qui se trouve au milieu de l’un des eôtés du rectangle est un véritable bijou ; ses noires colonnes, monolithes taillées dans la lave du .Vésuve, contrastent admirablement avec la blancheur éclatante du marbre des statues qui ornent le saint lieu.
Sans contredit, le Campo sanio de
Gênes est le plus beau que nous ayons vu. Il y a peut être à Rome des tombeaux plus riches, à Paris des chapelles plus fastueuses, mais nulle ag on ne trouve une disposition plus régulière, une mise en scène plus savante, un ordre plus admirable et, à mon avis, c’est là le plus riche joyau de Gênes qui en compte bien d’autres.
Pise est la seconde ville italienne que nous avons visitée. Cette an— cienne rivale de Gênes comptait aux jours de sa grandeur une population de 150,000 âmes ; elleen a maintenant à peine 25,000 ; aussi l’appelle-t-on la ville déserte, Quatre monuments attestent par leur ma-
nificence de la grandeur passée de ise : la Cathédrale, le Baptistère, la Tour penchée et le Campo Santo.
La Cathédrale, mieux connue sous le nom du Dôme est un im mense édifice, ayant cinq nefs, mesurant 310 pieds de long. On y trouve encore aujourd’hui, suspendue à sa voûte, cette grande lampe de bronze dont les fameuses oscillations mirent Galilée, on s’en souvient, sur la voie de la théorie du pendule,
Près de la cathédrale est le Baptistère dont la coupole s’élance à 180 pieds du sol.et qui présente dans son intérieur un rare phénomene d’acoustique. Lancez une note : uelconque dans cette vaste coupole :
les ondes sonores s’agitent, montent, montent jusqu’au faite et redescendent vibrantes, vous rapportant le son que vous avez émis, avec son octave pour écho.
Mais la véritable curiosité de Pise c’est sa ‘Tour penchée. C'est le clocher même de la cathédrale ; à Pise comme à Florence, à Florence comme à Venise, ce clocher est isolé de la cathédrale et porte plus spécialement le nom de Campauile. La Tour penchée a 180 pieds de haut et compte dans ses huit étages, 207 colonnes superposées.
Pendantsa construction, alorsqu’elle était à moitié hâtie, le terrain céda sous sa base et la tour. pencha. On continua tout de même l’auvrage commencé en tenant compte de la
première inclinaison et maintenant du haut de cette tour qui s'incline ét se penche vers la terre $sépt grosses cloches lancent à toute volée leur joyeux carillon dans les airs. L'inclinaison est de treize pieds, ce qui jette le haut de la tour à cette distance en dehors de sa verticale, Que l’on monte ou que l’on descende dans la tour, on s#’aperçoit de suite de son inclinaison sans la voir. Galilée, c'est du moins ce que nous apprend l’histoire, s’en-servit à faire ses expériences sur les lois de la gravitation.
Le dernier monument de Pise est son Campo Santo. il ne vaut pas celui de Gênes sous le rapport de la beauté et de la richesse des tombeaux; mais il y a là sur ces vieux murs qui datent du treizième siècle les fresques des vieux maîtres de la peinture, il y a là entr’autres le vélèbre jugement dernier d’Andr.
Orcagna, immortalisé par ce geste sublime qu’il donne au Père Eternel, lorsque Gelui-c1 se tournant vers les réprouvés, leur prononce l’irrévocable sentence: Ailez, maudits!
au feu éternel. Il y a là mille autres beautés qui ne frappent peut-être pas le voyageur mais qui font les délices des hommes de l’art. Dernier détail : la terre du Campo Santo de Pise vient de Jérusalem, c’est une terre doublement sainte !
Si vous voulez maintenant contenipler la fille des fleurs, la cité des lis, la maîtresse de l’art, venez à Florence. « Assise daus une plaine «environnée de montagnes couver- «tes jusqu'à mi-côte d’une riante « végétation, Florence, dit Mgr.
« Gaume, ressembl à une perle dans « le calice d’une fleur dont les péta- « les fraiches à la base seraient flé- » tries au sommet,» La comparaison est juste : Florence est une perle.
Vous ne pouvez faire un seul pas dans cette cité merveilleuse sans rencontrer un objet d’art ou sans vous heurter à quelque souvenir historique. Et que peut-il y avoir d'étonnant ? Florence n’est-elle pas la patrie du Dante, de M'chel- Ange, de Brunelleschi, de Fra Bartolomeo, de Gimabuë, de Léon X
mé (D
et de bien d’autres illustrations ?
Tous les peintres de renom, les sculpteurs célèbres, tous les princes de
l'art ont passé par Florence et l'ont
embellie des productions de leur génie.
Ici, sur la place du Dôme, création de l’immortel Giotto s'élance vers la nue à 275 pieds du sol ce merveilleux clocher ofné de 54 bas reliefs et de 16 statues et qu’on appelle le Campanile.
Tout à côté vient le Baptistère, dont les portes de bronze excitent à bon droit l’admiration dd monde ; elles sont l’œuvre de Ghiberti et de André de Pise. Un jour le prince des sculpteurs, Michel-Ange, s’arrêta devant la porte de l’est et après avoir examiné dans tous ses détails cette œuvre de génie que Ghiberti travailla pendant vingt ans: « Voilà tune porte, ditil, qui méritereit « d’être celle du paradis.»
Une troisième merveille de Flo=+ rence C’est l’église Santa Maria del Fiore. Elle mesure 467 pieds de long et son dôme, qui donne son nom à la cathédrale, s'élève dans les airs à une hauteur de 371 pieds.
C’est Bruuelleschi qui en fut l’audacieux architecte et qui, un siècle avant que Michel-Ange conçut la merveille de la coupôle de Saint- Pierre, jetait hardirment sur la cathédr:le de Mlvrence ce dôme majestueux dont le diamètre dépasse de sept pieds et deux pouces celui de St, Pierre de Rome. Michei-Auge le vit et de la coupôle de Bruneileschi, Michel-Ange a dit : « Il est difficile de faire aussi bien il est impossible de faire mieux. »
Oh ! oui, Florence est une perle et sa beauté peut se résumer dans la beauté de son dôme, comme le dit un écrivain.
«‘ Autour du dôme, la vie et le mouvement surabondent ; des multitudes vont et viennent; des hommes achètent et vendent; des enfants rient et se battent ; on y voit en pyramides les fruits d’or et de pourpre ; sur les dégrés, des gamins jouent aux dominos, des femmes donnent le sein à leurs nourrissons :
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les masques du carnaval y viennent rire et gambader.
« Au milieu de tout cela, le Dôme ne perd rien de sa beauté, ni de ea dignité ; c’est toujours à la fois un poëme et une prière, une chose si majestueuse dans sa force et si humaine dans sa tendresse que rien ne peut ni l’altérer ni l’égaler.
D'autres cités, etencore y en a til bien peu, ont une histoire aussi noble et d'aussi vastes trésors ; mais dans aucune cité, les trésors ne sont aussi vivants, aussi familiers, teliement rapprochés du passant, que le petit enfant les puisse toucher de sa main et que le passant les puisse fouler de son pied ; c’est ce qui a lieu à Florence. »
Et à Rome, devrons-nous ajouter.
Je viens de prononcer le nom de la ville éternelle.
Entrons maintenant dans l’enceinte ae cette vieille cité des Césars, que les empereurs romains ont abandonné et que la croix du Ghrist a conquise après trois siècles de persécutions.
De Rome artistique que vous dirai je et à quelle autre ville peutelle être comparée ?
Il y'a dans les bucoliq:es de Viraile un passage d’une naïveté charmante, et qui me semble répondre précisément à cette question.
« Urbem quam dicunt Romam— « Cette vi le qu'on appelle Rome, Ô « Méhbée, je la croyais, dans ma « simplicité, semblable à la ville voi- «Sin, OÙ : ous avons coutume, nous «autres tergers. de conduire nos «tendres agneaux. Ainsi je voyais “les jeunes chiens ressembler à “leurs pères, les chevreaux à leurs “ières ; ai si aux petites choses je « comparais les grandes. Mais Rome «élève autant la tête parmi les au- «tres villes que les cyprès parmi « les viornes flexibles. »
Bien des fois déjà, Mesdames et Messieurs, ceux de nos compatriutes qui out eu le bonheur d'aller contempler les mille grandeurs que renferme dans sun sein cette reine du meu..e, ont, à leur retour, fait part de leurs impressions aux habit.
iauts de votre bonne ville. Il n'ya
Cned
(1) L’honorable Juge A. B. Routhier,
s encore bien longtemps que, sous A auspices mêmes du Cercle Catholique de Québec, l’un de ses membres honoraires les plus distingués, en même temps qu’il est une des gloires les plus pures de notre magistrature, (!) vous donnait une conférence spéciale sur la ville éternelle, Vous avez alors applaudi à la profondeur et à l’originalité de son « coup d'œil, » à la sincérité de ses convictions, à la force et à la grâce de son langage, et, sous le pinceau d'un tel artiste, Rome vous est apparue telle que je voudrais pouvoir vous la moxtrer ce soir si le temps et les talents ne me faisaient défaut. Et cependant il est impossible de passer dans la ville sainte sans nous incliner devant la majesté de ses monuments et la puissance de sa royauté artistique.
Allons au Panthéon. Vingt-six ans avant la naissance du Christ, Agripoa, gendre d’ Auguste, voulant ajouter un calidarium à ses thermes érigea ce superbe monxment qu'il convertit ensuite en temple, le dédiaut à Jupiter vengeur. C’est une vaste rotonde dont la hauteur depuis le pavé jusqu’au sommet de la voûte mesure 143 pieds; son diamètre est égale à sa hauteur.
Pas une seule coloune n’aide à soutenir cette voûte immense où brillait dans les cinq rangs de ses caissons dorés l’airain de cent cinquante rosaces. Ces richesses ont disparu mais le temple reste encore deb ut :
uue ouverture circulaire, pratiquée daus sa voûte et ayant un diamètre de vingt-neuf pieds laisse seule pénétrer la lumière daus ce prodigieux édifice. : omme architecture, c’est le plus insigne monument que noüs ait hansinis la Rome des Césars. C'est une merveille que œil ne se fatigue jamais à contempler et c'est avec raison que Dion assius prétendait que le Pantheou a“ vait la torme du ciel.
Un jour,—-la Rome païenne était alors vaincue, les dieux de l'Olympe avaient fui et la croix du Nazaréen dotninait la ville au sept collines, — uu architecte chrétien passa devant le Panthéon. Cette merveille de
l’art païen attira son aitention: il l'étudia « Mon TMieu, se dit-il, est-ce que le génie du christianisme ne pourrait élever semblable monumenñt à la gloire de votre nom!»
11 dit, et quelques anrées plus tard la majestueuse coupole de St. Pierre portait à 424 pieds du sol, presque dans Ja nue, audessus de Rome étonnée, la croix sainte du Rédempteur du monde.-—Michel-Ange triomphaïit, l’art païen venait de trouver son maître, car la coupole de st. Pierre c'est le Panthéon luimême avec ses vastes dimensions, c'est le Panthéou assis sur le plus beau temple de lunivers, «Michel-Ange, s’écrient les romains, Michel-Ange a tâti dans les airs ce qu'Agrippa construisit sur la terre. »
La coupole esten tous points digne de l'édifice qu’elle couronne, et d'édifice lui-même est l’un des triomphes les plus étonnants de l’architecture moderne.
C'est le temple le plus vaste, c'est la plus magnifique église du monde, Elle a la forme d'une croix latine dont l'arbre mesure 575 pieds de long ; les deux bras atteignent 419 pieds. lrois nefs divisent [a basilique dans le sens de sa longueur ; celle du milieu a 82 pieds de large, et audessus de nos tètes. à 142 pieds du sol, s’arrondit la voûte qu'enrichissent des caissons magmifiquemeiit ornés. Sous la coupole qui laisse entre son faite et Le parvis un espace libre de 321 pieds, au point d’intersection des bras et de l'arbre de la croix se trouve la confession des saints apôtres Pierre et Paul; c’est le tombeau même qui renferme une partie des restes de ces princes de l'Eglise ; au dessus du tombeau, le maitre autel que couronne un superbe baldaquin en bronze doré, supporté par quatre colonnes torses et haut de 86 pieds.
Pardon, Mesdames et Messieurs, mais je dois renoncer à vous décrire St Pierre de Rome si je veux ne pas vous retenir ici jusqu’à la pro ‘Chaine aurore. 11 re suflira de vous dire avec l'hon. juge Routhier: « St Pierre, c’est la petrification de
| far
« l'Eglise catholique! C’est la grande « société divino-humaine faite mo.
«nument ! L'épouse du Christ qui « à pris un corps, bâti en pierre, sur « la pierre,par Pierre et pour Pierre !
«C'est le monurient des monu- « ments etle plus beau temple que «la main de l’hovme ait jamais «élevé à la Divinité, »
En d’autres termes, c’est la glorification de l'architecture par une ensée divine Dans cette création a plus hardie que l’on connaisse, dit l’auteur des Trois Rome, l’art chrétien a trouvé l’espace nécessaire pour développer dans toute sa magnificence l’idée de l’église catholique. Sur les vastes parois de la coupole de Michel Auge et dans son élévation de 306 pieds, la mosaïque, peinture immortelle, représente,sous les plus br.llantes couleurs, l’église triomphante avec ses glorieuses hié:
rarchies : les saints, puis la Reine des saints et des anges, puis l’auguste Trinité, puis Pinfini, puis la Croix dominant l’étermité et l’immensité, comme elle domine le temps et l’espace:
Et ce n’est pas là le seul chefd'œuvre que possède la ville éternelle, Sur toutes ses places publiques, dans ses innombrables églises, dans ses musées, dans ses palais, partout enfin, s'accumulent les trésors de la peinture, de la statuaire, de l’architecture. Les princes de l’art ont vécu dans son enceinte sacrée, et “ous la haute et intelligente protection des papes, le pinceau de l’artiste, le ciseau du sculpteur ont créé des prodigeset multiplié les chefs d'œuvre. On à fouillé les ruines; on a exhumé les productions de l’art paien et Rome est non seulement devenue le centre de la catholicité, mais elle est restée le berceau et la p trie des beaux arte. C’est dans ses murs que vous trouverez l’Apo.lon u- Bellevedère, le groupe du Laocoon, la statue de St-Bruno, le Moïse de Michel A nge, la Transfiguration, la Communion de St Jérome, l1 fontaine Pauline, ceile de Trévi vt de la place Navone, la royale façade de St-Jean Gs Latran et mille autres beautés que le génie de