BEAUTÉS NATURELLES
Traverser de vastes plaims, gravir les flancs escarnés des mi 'Ulayues, fouler sous un soleil de juillet les éternelles neiges île leurs cînies altières ou s'approfher, la nuit, e leurs cratères en feu, descem ire dans les vallons, pénelrei dans les noires cavernes, dans les grottes merveilleuses, voguer sur les lacs, suivre le cours des rivières, admirer les bruyantes casciides, se perdre dans les allées ombreuses des grands bois, écouter dans le lointain le- puissantes vo'X de la mer, lorsque les vents creusent la vague, la s »ulè- \ent e' la brisent contre les fa' aises de la côte, marcher sur la plage déserte, côtoyer les bords escarpés, bref, visiter un pays et le visiter dans tous les détails que je viens d'énumérer :
" Voilà ce qu'il faut faire pour être "
capable d'en parler sciemment.
C'est aussi un peu ce que nous avons fait. Je n'ai pas toutefois la prétention de vous décrire en détail toutes les beautés natur-'lks que nous présente Tllalie. Il me suffira, je crois, de vous faire part des im-
pressions qu'ont fait naître en moi la vue et la ( ontemplation de ce i\u on est ec.nvenu d'ajjpeler les nifrreiU'S de cette contrée.
L.i [)lus étonnante, au témoignage même de tous les Italiens, c'est la baie de Naples. • Le pano- I rama de Naples est le plus m;igni- » fique de l'Europe, dit l'auteur des ))Tiois Rome, et il serait le plus H beau du monde si celui de Cons- I) tautinople ne lui était supérieur )> C'est évidemment vouloir ignorer les incomparables panoramas du Nouveau-Monde Après avoir donné une très jolie descii,,tiou desbeau'és que cont mple l'œil Ou voyageur du sommet élevé du Couvent des Cain.ildules, situé au nord de Naples et dominant la ville: «Ajoutez à » tout cela, dit Mgr Gaume, un ciel («d'une magniticeuce peut-être K unique au monde; puis, si vous «êtes artiste saisissez vos pinceaux « et bientôt vous les briserez de dé- ) sespoir. »
A ce compte là on pourrait facilement expliquer la rareté des artistes peintres dai^s notre pnys : en face des merveilleuses beautés qu'une
nature prodigue étale chaque jour et partout à leurs regards, de déses poir ils briseul leurs pinceaux avant de pouvoir s'en servir.
Mais quel est à Naples ce panorama splendide qui fait de l'ancienne Parthénope la plus belle place du vieux monde ? Il était quatre heures de l'apiés-midi, le 7 juillet dernier, lors(jue nous arrivâmes, mon père et moi, à Valbcgo cti Ronia, Sliada Sa,.ia i ucia (hôtel de Rome, rue Ste-Lucie.) Nous eûmes une chambre avec balcon qui donnait sur la baie de Naplf-s. Je la vois encore cette baie enchanteresse qui étend devant nous sa nappe azurée et do» t les ondes molleuient soulevées par la brise du soir viennent mollement aussi soupirer au pied du roc leur plaintif et éternel murmure Voulez-vous la (onnaître dans tous les ■ étails de sa ravissante beauté ? Rien de pius facile La naliiie nous offre tout autour de noti-e ville un spectacle non moins enehart-^ur. Allons un instant sur la terrasse Frontenac, tournons l'aiguille du compas d un qu, it de cercle' ver» l'ouest et suppusoii- que le Nord soit désormais à à Québec, le oud à St-Josepa de Lèvis, l'Est à Beauport. Heculez ril' d'Oilenns lusqu'à St-Mirhel, soudez la au Gliâteau Richer ; faites disparaître ht- Joseph et Beaumont, St Lharles et St Michel : que ce soit là la mer immense, à perte de vue.
Supprimez la ville de Lévis jusqu'à la station de t-t-Henri et toute celte partie de Sc-Romuald et de St-Henri qui se trouve sur la rive droite de la rivi re Etchemin P.arre z le fleuve entre ï-t-Romuald et SiUery, agrandissez enfin le port de Québec eu lui donnant ainsi un diamètre de cinq lieues. El maintenant aplanissez celte rive nord qui court de Québec au Château Richer ; qu'elle s'incline et descende (-n une douce pente jusqu'au niveau de notre grand fleuve; comblez cette large et profonde échancrure que l'on voit là bas, à gauche, et où tombent, d'une hauteur de 240 pieds, hanches d'écume, les frémissantes ondes de la belle rivièra Montmorency.
Debout sur la terrasse, nous pou* vous maintenant contempler le joli spectacle qui s'offre à notre vue :
c'est celui de Naples et des pays qui l'ejcadrent.
A notre gauche, un chemin suit les contours du rivage, traverse la partie est de la ville et continue à Portici (la Ganardière),puis à Résina (Beauporti bâtie audessus de l'aucienne ville d'Herculanum qu'une C(.uche de lave épaisse de 70 piedp dérobe à i os regard-; Là lentre 1 église de Beauport et les chûtes Montmorency), nous sommes au pied du Vésuve dont le cratère Uuce vers le ciel, pendai t le jour une épaisse colonne de fumée, et qui le soir couronne son sommet d'une geibe lumineuse, en même t-mps qu'il vomit sa biûlante lave qui trace sur son llr.nc nn sillon phosphorescent.
Plus loin, en suivant toujours la circonférence de gauche à droite, nous arrivons à Pompéï (l'Ange Gardien), 1 ompeï (lue les cendres i. candescentes du Vésuve ont en^louiie en 1 an 79 de l'éfe chrétienne et qui, depuis cette époque, est rebtée peuaant dix-huit siècles enfouie dans son linceul, étouffée dans ce ugubre manteau que lui jeta la rariin du Dieu courroucé mais qui aujourd'hui sort lent ment de terre pour montrer à nos regards étonnés cette vieille civiHsation et cette profonde corruption du peuple romain aux premieisjours de sa décadence. Plus loin encoie (au Château Richer), c'est Castellamare, qu: a pris la place de l'ancienne Stabiee, détruite en même temps que Pompéï. Puis vient Sorrente iSt-Jean Ile d'Orléans), la patrie du Tasse, bâtie sur une haute îalaise et qui termine cette première partie de la circonférence. Un ;euà droite de horrente, dont elle est séparée par la mer (entre StJeiu et St- Michel) et en face de Naples à rautraexlréniit' du diamètre decinq lieues, s'élance du sein des ondes et a une hauteur de 1800 pieds,la charmante et fameuse île de Capri. Sur sa p inte orientale, Tibère avait fait construire son célèbre palais ; dans les flancs de ses âpres falaises, sans effort aucun. Dieu a creusé une
grotte plus jolie que le palais de remi)ereiir romain : c'est la grotie d'Azur. ^
Si l'on jette maintenant ses regards à droite, si l'on pircourt de droite à gauehe l'autre pirtie de la nirconlèreni^e que forme la ba;e de Naples, on a tout d'abord le quai et la promenade de la Ghiaja. Située sur les bords de la mer, plantée de l'hènes et de palmiers, ornée de statues, éclairée le soir de mille feux (grâce à l'entente parfaite qui existe entre la corporation et la compagnie du gaz), fréquentée pai un peuple innombrable, la Ghiaja est la promenade favorite des Isapolitains qui vont y entendre, le soir, les sua ves barmonies d'une mi sique militaire et respirer à pleins poumons l'air frais de la mer.
Au delà de cette promenade est le promotoire de Pausi lippe iSillery), célèbre par son tunnel de 2,300 pieds pratiqué au temps d'Auguste. Audessus de ce tunnel et près de son ouverture est le tombeau de Virgile. C'est laque le poète romain a composé ses Eglogues et ses Géor giques ; c'est là que suivant son désir, ont été déposées les cendres du cygne de Mantoue.
D:i Pdusilippe à Pouzzoles (de Sillery à la siat.ou St-lienri, sur rintercoloniall, on traverse un terrain volcanique; d'abord Baguoli, ancien cratère de volcan, puis le lac Agnauo qui occupe lui-même la place d'un volcan éteint, puis Pisciarelli avec ses eaux thermales à 55°, enfin Solfatara, dont le sol tremblant sous les pas du voyageur, laisse échapper des fumeroles qui dans la nuit noire se transforment, en lueurs étranges 1
Après Pouzzoles, petite ville de quinze mille âmes, vient le cap bien connu de Misène, près duquel Lu- ( uUus, Auguste, Néron, Tibère avdient de iiiignifiques villas. Là liait là la station St-Henri) la terre ferme, m lis faisant suite au cap de Misène, il y a les deux îles de Procida et d Ischeri i qui continuent la circonférence (entre la statio;i St- Henri et St-Gervaisi sans la termi lier, car entre la dernière de ces lies
et celle de Gapri. il y a une distance de trois lieues; c'est tout naturellement l'entrée de la baie de Naples.
El maintenant à l'arriére plan de ce tableau enchanteur (entre l'église de Beau{)ort et la chute Montmorency, à égale dislance de l'une et de l'autre, mais un peu en arrière, à deux milles environ du rivage) placez le Vésuve sur sa large base, mesurant une circonférence de sept lieues, le Vésuve, haut de 3,800 pieds et dont le sommet lance vers le ciel un jet continu de blanche fumée ; élevez jusqu'à travers les nues les pics sourcilleux des montagnes de la G^m[iaine, inondez cette scène des plu? purs rayons du soleil d'Italie, que les vents y apportent tous les parfums de la plus exubérante végétation, les senteurs embaumés des orangers en fleur, le chant des oiseaux, le murmure des ruisseaux, et pour peu que vous ayez une âmti italienne, laissez sans crainte s'échapper ce cri du cœur :
Vedi Napoli e poi muori ! '
Mais si vous restez Canadien demandez à revoir ce vieux cap Diamant où
Perclié comme un aiglon sur le haut pro-
[montoire Baignant ses pieds de roc dans le fleuve
[géant, Québec a vu briller, hjmbole dt sa gloire, L'éclatante splendeur de son vieux drapeau
[blanc.
Il manque au panorama de Naples ce fier granit dont la masse puissante élève jusqu'aux nuages sa tète couronnée d'une inexpugnable forteresse et qui reçoit tous les jours les derniers rayons du soleil couchant.
Québec et Naples ont plus d'un point de ressemblance, vous avez du vous en convaincre vous même par la description que je vous ai faite de la ville italienne. Le panorama de Naples est peut-être plus grandiose, parce que les horizons y sont plus étendus ; celui de Québec est certainement phis joli, plus varié et surtout mieux ordonné, A Naples, c'est le Vésuve qui domine ; la ville ('Ue-inôm'3 est reléguée au second i plan. Que le Vésuve s'irrite et Na-
pies tremble, car c'est la mort que vomit le volcan. Sa brûlante lave détruit les cités, engloutit les villages et coule la mort dans i es sillons où la plus luxuriante des végétations entretenait la vie.
C'est précisément là
Où Naples dort prés de son onde heureuse Le front chargé de débris et de fleurs !
Ici, c'est la vieille cité de Champlain qui domine le paysage tout entier et qui occupe dans le tableau une place que le Vésuve fait perdre à Naples Un fleuve coule à ses pieds et comme un ruban qui se détache de la ceinture d'une jeune beauté et qui flotte au gré des vents, la petite sivière St-Gharles ondoyé à ses côtés, et rattache les faubourgs à la ville qu'elle sépare des pittoresques villages de la rive nord.
Québec n'a pas, comme Naples, une épée de Damoclès continuellement suspendue audessus de sa tête et cependant le souffle de la brise lui apporte parfois les échos d'un lointain grondement, mais c'est le bruit de cette autre rivière qui se précipite, torrent furibond, d'une hauteur de 240 pieds. La vapeur qui s'élève audessus de l'abîme n'est pas à craindre : ne se colore-t-elle pas aux rayons du soleil de tous les feux du prisme et n'offre-t-elle pas à toute heure du jour la fidèle reproduction de cet arc céleste que Dieu donna comme signe d'alliance entre la terre et lui? Et puis, n'avons-nous pas comme cadre au magnifique tableau que nous voyons de la terrasse Frontenac ou des bastions de la citadelle, n'avons-nous pas les cimes variées des Laureutides, la poétique île de Bacchus 'île d'Orléans), avec ses pimpai ts chalets, les falaises de la côte sud avec cette ceinture de forts que les fils de Mars ont échelonnés de distance en distance sur les hauteurs de Lévis la cité rivale, pour mieux défendre la nôtre ? Et je ne mentionne ni les plaines d'Abraham, ni les délicieuses campagnes du Cap Rouge et de St-Foye, ni mille autres beautés qu'il serait trop long d'énumérer mais qui toutes vous sont connues. En vérité,
je ne changerais pas Québec pour Naples ; que celle ci présente le plus beau panorama de l'Europe: soit, va beite ! mais du monde ? je n'en suis plus.
J'ai parlé un peu trop longuement peut-être de Narles et de sa baie si en renom : c'é(ait mon devoir, Mesdames et Messieurs, puisqu'il s'agissait ici de la merveille par excellence de l'Italie. Avant de quitter cette vieille capitale de l'ancien royaume de Naples. laissezmoi vous proposer deux promenades que fait tout voyageur visitant ces contrées: l'ascer.sion du Vésuve et une excursion à la grotte d'azur dans la charnlante petite île de Gapri.
L'ascension du Vésuve est maintenant la chose la plus facile du monde depuis qu'un chemin funicu laiie vous conduit à quelques cents pas seulement de sou cr.-tère.
Nous partons d Naples à 9^ heures du soir, car il est préférable d'aller étudier le volcau. alors que son sommet se couronne d'une gerbe lumineuse et qu'il lance au milieu de la nuit noire sa colonne de flammes, de matières iucandesceiit'-s de scories chauffées au rouye blanc.
Deux chevaux sur une voiture nous conduisent jusqu'à Résina, au pied du Vésuve ; là, nous ajoutons un autre cheval et nous conimeiiçoiis r ascension.de la montagne.
Le Vésuve, je l'ai dit, s'élève à 3,800 pieds audessus du niveau de la mer. Il se compose de deux parties parfaitement distinctes : lo la montagne proprement dite, dont la hase mesure sept lieues de circonférence ei qui s'élève à une hauteur de "2,500 pieds ; 2o le cône de cendres qui s'appuye sur la montagne propre ment dite et qui de cette altitude de 2,500 pieds s'élance vers le ciel jusqu'à 3,800 pieds, mesurant ainsi pour son propre compte une hauteur de 1,300 pieds. Le cône de cendres forme donc le tiers d" la htuteur totale du volcan. Cette parlicularite est propre au Vésuve, f'dr dans la plupart des autres volcans cette proportion entre la hauteur du cône de cendres et la hauteur totale, au lieu
d'ètro de l à 3, cop.ime dans le ras actuel, est généralement de l à 10, de 1 à 15 el même de I à 22.
Les voilures ne gravissent que la montagne pr prement dite et par un chemin qui serpente à travers les coulées de lave que les différentes éruptions ont atîcnmulee sur les liantes du Vésuve.
Vu pied de la montagne, à l'entrée du chemin, notre voiture est immédiatement entourée par une douzaine d'individus à mine plus ou moins suspecte parlant avec une volubilité extrême, gesti'nilant sans' relâîhe et brandissant de tem[)-; à autre une espèce de bâton que l'obscurité nous empèclie de voir parfaitement: e>t-(;e un tomohavvk, un casse tète quel'-.on^ue ou le calumet de la paix? J'étais à me demander ce que nous voulaient ces ban its, quand soudain une vive clarté illumine la route: l'un des bâ'ons italiens venait de prendre feu et se transformait en torche résineuse et le bandit qui en était armé devenait un inoffeu if ijuide, demandant de nous accompagner, nous suppliant de laisser éclairer notre chemin, à raison de 50 centimes (10 sous) pour l'excursion. Va bcne ! Dix autres Hambeaux proiettent immé '.iatement sur la montagne enr tremblottante lumière, et dix autres porteurs de t irches veulent partay:er la bonne fortune de leur compagnon. C'est à grand peine que nous parvenons, non sans avoir employé les menaces, à nous débarrasser de cette troupe inutile.
Un peu avant d'arriver au cône do cendres on pas^e une auberge bien connue, celle de l'Ermitage San Salvatore, où d'ordinaire s'arrête le voyageur qui veut goûter au célèbre Lacryma Ghristi, nom que l'on donne au vin provenant des vignes cultivées au pied du Vésuve.
Deux heures ou deux heures et quart après le départ de Résina on atteint le pied du cône de cendres où se trouve la station inférieure du chemin funiculaire.
Il nous reste encore une ascension de 1300 pieds à faire sons un angle de 50 dégrés et dans un terrair.
mouvant qui cède sons les pas du voyageur. C'était autrefois la plus falijjante pai-tie du traje' et on mettait généralement f d'Unure ou une heure à la par onrir ; mais, Celle année même, sous le nom de chemin luniculai"e, on a construit sur les parois du cône de cendres un véritable ascenseur, comme nous en avons nu ic, à double voie, sur l'une desquelles une voiture monte au Vésuve, pendant que sur ^ 'autre une seconde voiture en descend. Il y a cette différence entre l'ascenseur du mont Vésuve et celui de la t'^rrasse Fionlenac, c'est que ce dernier monte et descend sur deux rails tandis que celui du Vésuve ne marche que sur un rail unique, cenj,ral. Ici, la chambre montante est tirée par une seule corde, atla<hée au centre de sa partie antérieure ; là bas, deux cordes fixées anx deux extrémités de la voiture aident à la maintenir en équilibre pendant qu'elle monte ou qujelle descend sur son rail unique.
Huit minutes au plus sntfisent au trajet lie la station inférieure à la supérieure, le distance en distance brille le jet resplendissant d'une lumière électrique ; il y en a cinq qui se partagent ainsi l'espace entre les deux stations et deux autres au pied du cône de cendres illuminent la terrasse sur laquelle est bâtie la gare inférieure.
e chemin funiculaire ne gravit que les trois quarts de la hauteur du cône de cendres, de sorte qu arrivés à la station supérieure nous ne sommes pas rendus au cratère ; il nous reste encore quelques cents pieds à escalader, c'est l'affaire de cinq à dix minutes.
Le cra'ère du Vésuve ne présente pas toujours le même aspect; chaque éruption quelque peu considérable du volcan en change naturellement la forme. En arrivant au cratère dans la nuit du iO au 1 1 juillet dernier, à deux heures et vingt minutes du matin, de suite je me dirigeai vers la cheminée du volcan, plus particulièrement connue sous le noîti de cône d'éruption. Des bords du cratère on voit la béante ouverture d'où s'échappent les fumées de souE-
ft*e, la vapeur d'eau et les cendres enflammées. Une en rme échancrure survenue dans les bords du t;ratère ménage une ouverture jusqu'au pied du cône d'éruption. Le sol est brûlant et gronde sous nos pas, l'oreille perçoit distinctement des rumeurs étranges ; on dirait le bruit de soufflets énormes cachés dans les entrailles de la terre et mus parées géants d'un autre âge qui entassèrent un jour Pélion surOssa.
C'est le volcan qui respire. Ecoutoas ! une sourde expiration mar ue le premier temps ; plus bruyante, plus rapprochée de la surface, une nouvelle expiration indique une seconde phase; enfin, et c'est le troisième temps de ce mouvement respiratoire, une explosion éclate et du cratère en feu jaillissent les scories incandescentes. Cette troisième expiration les lance dans les airs, à une hauteur de 30 à 40 pieds, d'où elles retombent en paillettes de feu, pendant que le volcan recommence dans les profondeurs de ses abîmes le premier temps d'un nouveau mouvement respiratoire Voilà ce que l'on voit à 3,800
Ï»ieds au dessus de l'onde azurée de a baie napolitaine. Pendant deux heures j'ai écouté ces mystérieux grondements, pendant deux heures j'ai contemplé dans une muette admiration cet étonnant spectacle, et lorsque les premières clartés de la naissante aurore me permirent de ïiistingner les objets environnants et de retrouver, au pied du Vésuve, les endroits où furent Herculannm, Stabiae, Pompéi, par la peii^^ée me rapportant à dix-huit siècles en arrièie, je vis le volcan dans tontes les horreurs de cette éruption gigantesque, lancer à neuf mille pieds dans les airs les jets continus d'une brûlante vapeur, des torrents de cendres, une lave dévorante, des pierres calcinées, la dévastation et la mort, et tout cela retomber en pluie de feu sur une population surprise au milieu de ses plaisirs, affolée par la peur, trouvant la mort en voulant l'éviter et périssant sous les couches amoncelées de cette pierre en fusion.
Mais voici que le soleil se lève er nous promet un b^u jour. Quittons le Vésuve et profitons de ce temps magnifique pour courir à la Grotte d'Azur, située dans File de Gapri, à l'autre extrémité de la baie de Naples. Il nous faut pour cela une mer calme que ne soulève pas le souffle des vents, car l'entrée de la grotte est si étroite et si basse qu'il devient impossible de la franchir lorsque la mer est trop agitée. C'est dans le paroi à pic qui regardr Naples que se trouve la fameuse gioite. Baiss-^z vos têtes, étendezvous au fond de la petite chaloupe pendant que le flot la pousse et lui fait franchir l'ouverture.
Le passage subit de la pleine lumière à la demi-obscurité qui règne dans la grotte vous empêche tout d'abord de ne pouvoir rien distinguer, mais dès que votre œil s'est habitué au nouveau milieu dans lequel vous êtes, les objets prennenî, une forme et la grotte vous apparaît telle qu'elle est. Sa longueur est de cent cinquante pieds, sa largeur de cent pieds ; elle présente ainsi une forme elliptique. La voûte s'élève à 40 pieds audessus de vos têtes et les flots qui bercent votre nacelle mesurent une profondeur de cinquante pieds
Mais cela n'est rien. Ce qui caractérise la célèbre grotte et l'embellit aux yeux des voyageurs c. e^t cette ravissante teinte azurée qu' l'on y voit partout. Les flots sont complètement bleus et par un phénomène étrange, par un jeu de lumière admirable, tous les olijets qu'on y plonge paraissent argentés, du moins dans leurs parties qui regardent l'ouverture de la grotte. L.-.
bois des avirons au contact de i(^tle eau merveilleuse devient de suUe une masse d'argent. Le corps bruui des Napolitains n' échappe pas à »;e curieux effet de la réflexion de la lumière pénétrant dans la grotte p<ir \ l'étroite ouverture qui donne sui* 'm I mer. Pour quelques centimes un baigneur se précipite dans cette onde , parfaitement lieue, bleue comme j l'azur le plus foncé du ciel, et, illu- I siou charmante, le corps du u^» -
Seur se transforme en une statue 'argent : la partie tournée vers l'ouverture de la grotte resplendit du plus pur éclat métallique, celle qui regarde le fond de la caserne reste parfaitement sombre, presque noire, ainsi que la tète qui se trouve hors de l'eau.
C'est entre dix heures du matin et une heure de l'après-midi, alors que le soleil est à sa hauteur, que ce phénomène se reproduit avec le plus d'intensité. C'est aussi le temps que choisissent les touristes pour aller admirer celte féerie de la baie de Naples et visiter quelques autres grottes que possède l'île de Gapri.
Aux jours de sa grandeur, lorsque l'antique cité fondée par Romulus commandait en souveraine et dictait des lois aux peuples qu'elle avait conquis, on voyait ses préteurs et ses consuls, ses poètes et ses empereurs déserter la capitale du mon de et venir à Naples pour y jouir, pendant la belle saison, au milieu des délices de leurs royales villas, de toutes les beautés dont je v-eus de vous donner une bien faible des- ■',viplion. Et pourquoi cette exode?
5st-ce que Rome ne possédait p s Jans ses environs des beautés naturelles dignes d'être chantées par ses poètes ou admirées par ses grands hommes? Pourtant oui, et bien qu'ils soient inférieurs aux enchantements de la baie napolitaine les paysages des environs de Rome ont trouvé des admirateurs sincères.
Horace a chanté les campagnes romaines ; Agrippa,Auguste, Adrien y ont laissé des souvenirs de leur passage ; Horace, Mécène, Ciceron y avaient de superbes villas. Aujourd'hui encore, à vingt et un milles des portes de la ville éternelle, dans la direction des montagnes de la Sabine, on retrouve dans 1 ancienne Tibur le lieu de délices des romains.
C'est le plus joli endr lit des environs de Rome.
Un tramway y conduit les voyageurs. I/ancienne Tibur a perdu son 1 om ou du moins l'a échangé contre celui de Tivoli. Bâtie sur le versant occidental des montagnes de la Sabine, cette petite ville, qui
compte à peine sept mille âmes, doit sa renommée à la beauté de son site et à la richesse de- souvenirs que lui ont légués les siècles qui ne sont plus.
Sur les confins de Tivoli, an septentrion, le terrain se creuse en un vaste entonnoir, que couronnent les bosquet- de la montagne, ses villas et ses riches vignobles, et où comn.ence celte vaste plaine qui s'étend jusqu'aux portes 'd<- Rome. A peine aussi considérable que notre petite rivière .lacques-Gaiiier, l'Anio, le célèbre Anio que les poètes ont chaulé, arrose de ses eaux limpides celte charmante contrée. H serpente d'abord sur les hauteurs de Tivoli»
une pente rapide l'invite à descendre jusque dans la pbsiue : il s'y précipite. Mais la main de l'homme l'arrête dans sa course pour en utiliser le pouvoir. Ses ondes alors se divisent et, furieuses, elles bondissent ici de cascade en cascade jusqu'au fond de la vallée ; là bas, elles disparaissent dans un gouffre entr' ouvert, se creusent dans le fleuve de la montagne de mystérieuses cavernes et répardissent pour reprendre plus tranquilles leur course interrompue.
Comme vous pouvez, le voir, l'Anio fait des siennes. Voici d'abord la grande cascade d'où s'élance d'une hauteur de cent pieds environ le large filet d'eau qui sort du double tunnel pratiqué dans le mont atillo :
c'est l'Anio lui-môme qu'on a détourné de sa course et auquel on a donné cette nouvelle direction pour lui trouver dans le roc un lil plus résistable Plus loin, c'est l'ancienne cascade qui creuse à ses pieds la grotte de Neptune et celle des Syrènes, gouffres splendides qui engloutissent l'Anio et le rejettent bouillonnant à travers les rochers.
Puis, dans cette villa superbe, l'ancienne propriété de iJécène, on entend le grondement des cascatelles qui dominent les bruits de la forge construite sur l'emplacement même où jadis s'élevait la somptueuse demeure du favori d'Auguste.
Dominant ce joli paronama, bât'!?
sur la pointe d'un rocher audessus de la cascade, voici les deux tem-
^les de Vesta et de la Sy bille. Placés sur le bord même du gouffre H3reusé par l'Anio, ces ruiucs d'une autre époque, témoin des anciennes splendeur» romaines, nous apparais sent, à travers les siècles, comme -celte sentinelle en faction, immobile devant les tombeaux, et qui attend au fond de sa froide guérite qu'on vienne la relever de ses devoirs.
Voilà Tivoli. Faites abstraction des souvenirs historiques, mettez de côté ses vieilles ruines pour ne contempler que les beautés naluî-elles de l'ancienne Tibur ; il vous reste alors un charm.ant paysage, mais ceux qui connaissent la ravissante petite rivière qui sépare la paroisse Ste Anne de la paroisse àt Joachira, ceux qui ont pu admirer ses sept chûtes et sa grande cascade, ceux là ont vu un spectacle qui ne le cède en rien à celui de Tivoli, des beautés dont s'énorgueil liraient et avec; liiison la plus fière des cités italiennes.
Au commencement de ce siècle, ( liateaubriand visita Tivoli, et dans its pages brillantes que nous a lais sées ce peintre de la nature nous avons une description très détaillée desbeautésdecetteville.J'yai trouvé un passage qui m'a frappé. Il est ■si court que je ne puis résister à la tentation de vous le citer tout entier.
•î Mon déjeuner fini, dit Ghateau- ■I briand, on m'a amené un guide et <i je suis allé me placer avec lui sur (le pont de la cascade : j'avais vu « la cataracte du Niagara.»
Voilà tout ce que dit Chateaubriand de la grande cascade de i'Anio. Il me semble le voir encore debout sur le pont ; à ses cotés, le guide sabin lui vante la merveilleuse cascade, les beautés du panorama, la magnificence du ciel d'Italie et tout cela avec cet entrain, cette chaleur, cette richesse d'expression que le dernier des Italiens sait trouver dans la plus harmonieuse des langues. Chateaubriand a du aloi-s d'un coup d'oeil embrasser de nouveau tout le tableau qu'on lui vantait, puis se tournant vers le guide, l'enveloppant d'un regard de pitié, lui .jeter cette phrase que deux
heures après il écrivait à un de ses amis ; J'ai vu la cataracte du Niagara î
Si le guide ne l'a pas comprise, nous savons, nous du moins, ce que vent dire cette simple observation du grand écrivain, et ce témoignage spontané donné à la supériorité de nos paysages par cet illustre étranger qui a visité les deux mondes, proclamée et mieux que ne peuvent le faire toutes les assertions des voyageurs nos compatriotes, que les enfants du Nouveau Monde n'ont à envier pour leur pays rien des beautés naturelles les plus vantas de la vieille Europe.
C'est l'impression que m'a laissée cette comparaison, qu'involontairement peut-être, mais qu'invinciblement fait et doit faire tout voyageur entre les pays qu'il visite et celui |ui lui a donné le jour.
Comparez par e.xemple les fleuves de l'Italie aux nôtres. Les fleuves italiens ne sont plus que des rivières et les rivières deviennent des ruisseaux. Le Pô, qui se jette dans l'Adriatique, a un coursde 312 milles ; l'Adige est un fleuve de 225 milles et le Tibre, le Tibre aux ondes d'or, en mesure 187. Ces trois fleuves, les plus grands de l'Italie, mis les uns à la suite des autres, donnent une longueur totale de 724 milles. Notre rivière des 0 itaouais a, elle seule, 600 milles de long.
Parlerai-je du fleuve St-Laurent qui mesure plus de lieues que, réunis, les trois fleuves les plus longs de l'Italie ne peuvent compter de mÛ^ les?
Voilà, quant, à leur longueur comparative, ce que sont les fleuves de l'Italie. Si on les juge maintenant au point de vue des facilités qu'ils offrent à la navigation, de la profondeur de leurs eaux, de la limpidité de leurs ondes, oh ! alors, debout sur l'un des ponts qui traversent le Tibre, eu qui relient entr' elles les rives du • ô, de l'Adige eu de l'Arno, le voyageur canadien peut, sans crainte, comme Chateaubriand sur le pont de la cascade de Tivoli, jeter à ces ondes boueuses qui coulent sans "majesté
dans un lit rétréci, ce mot qui résume ses justes préférences : «Jai vu le Sf Laurent : »
Voici d'ailleu;s ce que Chateaubriand 1 i-même pense du Tibre :
« Quant au Tibre qui baigi> cette ( grande cité (Borne) et qui en par *< tage la gloire, sa destinée est tout- « à-fait. bizarre. Il passe dans un '! coin de Rome comme s'il n'y était « pas ; on n'y daigne pas jeter les '( y ux, on n'en parle jamais, on ne « boit pas ses eaux, les femmes ne « s'en servent point pour laver ; il se « dérobe entre de méchantes maisons <i qui le cachent et court se précipiter « dans la mer, honteux de s'appeler « le Tevere.»
Comparons les lacs maintenant.
Le lac Majeur a 48 milles de long, celui de < ôme 36 milles, celui d'Isée 17 milles et celui de Trasimène 9 milles. Ce sont là les quatre plus grands lacs de l'Italie, mesurant ensemble 110 milles en longueur Voyons les nôtres.
Le lac untario, le plus petit de nos grands lacs, mesure à lui seul 210 milles de long, c'est-à- dire à peu près le double de la longueur des quatre plus grands lacs de l'Italie, et nous avons en outre les lacs Erié, Huron et Supérieur. Or, ce dernier a une longueur de 360 milles, une largeur de l44 milles et un circuit de 1500 milles ou 2000 kilomètres.
11 ne faut pas croire toutefois, Mesdames et Messieurs, que l'Italie n'offre point des paysages enchanteurs. Ce que je vous ai dit de cette coutrée vous prouve tout le contraire, mais ce que j'aime à vous faire comprendre, c'est que, en fait de beautés naturelles, vous ne trouverez nulle part un pays qui puisse en offrir de plus variées que les nôtres. Nulle part ailleurs, Dieu n'a répandu plus à profusion les munificences de sa droite.
On a vanté et l'on vante encore la beauté de l'Italie. Savez-vous en quoi elle consiste ?
« Les plaines, quand elles sont vertes, dit un écrivain, ont toutes une certaine ressemblance, soit en Belgique, soit en Bavière, soit en Angleterre. Une allée de peupliers
qui frissonnent dans la lumière, a le mê ' e aspect en Flandre et en Normandie. Un bois touffu, étincelant de pourpre et d'or au coucher du soleil, offre le même spectacle sur les bords du Rhin et dans le Devonshire.
«Mais l'Italie a une physionomie qui lui est propre : elle ne ressemble à ri"n autre chose. Ses aspects sont, pour certains esprits, tristes, étranges, désolés, pénibles même. D'autres les trouvent beaux, consolants, délicieux comme des rêves. Dans tous les cas, ce qu'ils ont d'absolument particulier ne se trouve nulle part ailleurs. Ils vous font sourire, ou ils vous font soupirer : à côté de ces paysages, ceux des autres pays paraissent muets et sans âme.
«Ce n'est pas l'intensité, c'est la transparence de la couleur qui eu fait le charme, car ce que Dante appelle bianco aspetto reflète toutes les couleurs sans en avoir aucune qui lui soit particulière. »
Cette transparence est précisément ce qui fait la beauté de notre ciel canadien, et c'est elle qui donne à nos paysages si renommés ce merveilleux éclat qui éblouit tous les étrangers visitant notre pays.
Après une traversée assez orageuse, le vaisseau qui nous ramenait entra enfin dans les eaux du Saint-Laurent et le dimanche au soir, cinquième jour de septembre dernier, nous pûmes voir pour la première fois depuis dix jours le coucher du soleil Nous venions de quitter Rimouski. Jamais de ma vie je n'oublierai le magnifique spectacle qui se présenta alors à notre vue. Le décrire est impossible.
Plus d'une fois, en Italie, j'avais contemplé avec admiration le coucher du soleil, mais jamais, non jamais, l'astre du jour n'offrit à mes yeux des splendeurs comparables à celles qu'il nous envoyait alors avec ses derniers rayons. Passagers et hommes d'équipage, tout le monde était sur le pont et tout le monde était dans le ravissement. Au-dessus de nos têtes, un ciel admirable, d'un bleu de saphir, d'une limpidité merveilleuse. Un souflle léger court
sur les eaux du {?rand fleuve et ride à peine sa surface que dorent les derniers rayons de l'astre du jour.
A l'occident le ciel est en feu et la chaîne des Laurentides prend toutes les teintes du soleil couchant, du rose intense de l'œillet à la blan cheur d'opale; mais déjà le soleil a disparu à l'horizon. In faisceau de lumière jaillit d^ l'onde empourprée et s'arrondissant en un immense éventail sur les bords du firmament, reproduit les feux du soleil dont il
'Conserve en sillons d'or la tmce dans les
fcieui.
Ajouterai-je avec Lamartiae :
'Comme une lampe d'or dans l'azur suspendue, La lune se balance au bord de l'horizon : Ses rayons affaiblis dorment sur le gazon, Et le voile des nuits sur les monts se déplie ; C'est l'heure oii la nature un moment
[recueillie Entre la nuit qui tombe et le jour qui
[s'enfuit S'élève au créateur du jour et de la nuit, Et semble offrir à Dieu, dans son brillant
[langage De la création le magnifique hommage.
Voila le sacrifice immense, universel !
L'univers est le temple, et la terre est l'autel : Les cieux en sont le dôme et ces astres sans
[nombre, Ces feux demi-voilée, pâle ornement de
[l'ombre.
Dam la voûte d'azur avec ordre semés Sont les sacrés ûambeaux pour ce temple
[allumés.
St ces nuages purs qu'un jour mourant
[coloi^
Et qn'nn souffle léger, du couchant à
[l'aurore Dans les plaines de l'air repliant mollement Roule en flocons de pourpre au bord du
[firmament.
Sont les flots de l'encens -qui monte et
[s'évapore Jusqu'au trône du Dieu que la nature adore.
Je voudrais être poète pour faire passer dans vos âmes tous les enivrements de la mienne à la vue de ce spectacle enchanteur que l'Italie n'avait pu me montrer, mais que je retrouvais aux bords du St Laurent quelques heures avant de fouler de nouveau le sol aimé de la patrie.
Si l'Italie ne peut offrir à nos yeux ces milles beautés naturelles que le Canadien contemple partout dans son pays, de l'embouchure du St Laurent jusqu'aux grands lacs qui l'alimentent, en revanche la vieille terre de l'Ausonie propose à notre admiration les plus purs chefs-d'œuvre de l'art, peintures magnifiques qui décorent ses musées et ses temples, sculptures superbes qui ornent ses galeries et ses places publiques, gigantesques monuments que l'architecture la plus audacieu se ait élevés à la gloire de l'Eternel, et qui portent jusqu'aux nues l'irrécusable témoignage de la foi d'un peuple et du génie de ses artistes.
Pénétrons dans ce sanctuaire des beaux arts et que l'Italie nous y montre les merveilles qu'elle a créées.