PARALLÈLES
Optimus i!le est qui minimis urgelur.
HORATiUS.
§ a56. — En comparant le gouvernement autrichien avec les autres gouvernements passés et présents , on verra combien il est inférieur aux bons , et de combien il l'emporte sur les plus mauvais.
Justice.
§ 257. — Le principe sacré qui veut que tout accusé ait un défenseur a été reconnu par les législateurs de tous les temps et de tous les pays, et on le trouve même chez des peuples sauvages.
L'empereur François a reconnu et adopté le principe contraire. Nous avons cité à la page 27 le fameux paragraphe 337 du code pénal autrichien, par lequel il est interdit à tout accusé d'avoir un défenseur et de connaître les charges intentées contre lui.
§ 258. — « Chez les Romains, dit Voltaire, un seul juge n'interrogeait pas en secret des té- « moins qui sont ordinairement des gens de la « lie du peuple, auxquels on fait dire ce qu'on
« veut. On produisait à portes ouvertes tous les « témoins pour ou contre ; rien n'était secret. »
C'est parfaitement le contraire qu'on fini en Italie sous l'empereur d'Autriche (*).
§ 259. — Quand Tibère fit condamner à mort Sabinus, calomnié par Séjan , pour avoir fréquenté la maison du vertueux Gennanicus, il lui fit fermer la bouche ( Obducta veste et adstrictis faucibus ), afin qu'il ne put révéler, la véritable cause pour laquelle on l'assassinait.
Depuis i3*ji , l'empereur François a fait condamnera mort ou à vingt ans de carcere duro (2) plusieurs personnes détenues pour opinions politiques, leur imputant, par la voie de la gazette de Milan, des projets d'insurrection, et d'autres délits; mais il leur a ôté le pouvoir de le dé-.
(1) Nos lecteurs connaissent les dispositions (lu code pénal autrichien citées aux pages 27 et 28, sur le choix tïes témoins et la manière de les interroger.
Pour e'viter autant que possible toute répétition, nous ajoutons seulement que , par ce même code , chapitre X , on établit que le témoignage d'une seule personne peut su/Tire, tût ce même celui de l'accusateur. On lit au paragraphe 404, «lorsque la qualité du fait 11c peut avoir « d'autres preuves, on doit croire qu'elle est suffisamment « prouvée par le témoignage de celui contre qui le crime « a été commis. »
(->) Voyet page 55, § .
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mentir. Quiconque oui cric à la calomnie aurait partagé leur sort. Que dirait-on d'un plaideur qui, en présentant ses pièces au juge, déchirerait celles de son adversaire? Et si ce plaideur avait l'habitude du mensonge, ajouteriez-vous foi à ses paroles ? Et si la condamnation de son adversaire emportait la confiscation des biens à son profit, ne pencheriez-vous pas à le qualifier d'imposteur et de spoliateur? C'est pourtant la manière dont S. M. en agit envers les prisonniers politiques.
§ 260. — Tous les gouvernements civilisés ont aboli la torture.
S. M. l'empereur d'Autriche l'a rétablie. En effet, les paragraphes 363, 364, 365 du Code pénal, donnent au président du tribunal le droit d'employer la bastonnade, le jeûne , et d'autres tortures pareilles, contre le prévenu qui refuserait de répondre aux questions du juge, qui feindrait la folie, ou persisterait dans ses dénégations malgré les preuves du contraire.
§ 261. — Dioclétien ne permettait pas que le fils et le père témoignassent l'un contre l'autre (iv, tit. 20 lib.6); il repoussait avec mépris, et punissait de l'exil , le frère qui aurait accusé son frère (ix, lit. 1 , 1. i3).
L'empereur François ordonne, dans son Code pénal , § 377, que. dans les affaires d'État , la Jommc dénonce son mari , un frère son frère, le
fils son père ; et, dans sa notification du 29 août 1820, il obligeait, sous peine de mort, tous ceux qui connaissaient des carbonari à les dénoncer, sans excepter les membres de leur famille.
§ 262. — Pendant la proscription ordonnée par les triumvirs, Oppius, pour sauver son vieux père, le prit , nouvel Énée , sur ses épaules , le porta jusqu'au bord de la mer, et s'embarqua avec lui pour la Sicile, d'où il eut le bonheur de le ramener à Rome lorsque les persécutions eurent cessé. Le peuple romain le récompensa de ce trait de piété filiale, en le nommant édile ; et comme un citoyen aussi vertueux n'était pas riche , les jeux publics qu'il dut donner, comme d'usage, lors de sa nomination , furent célébrés aux frais des spectateurs. D'après la loi de l'empereur François, que nous venons de citer, Oppius aurait été condamné à mort.
§ 263. — Louis XVIII , par ordonnance du 9 avril 1819, autorisa l'établissement en France d'une société royale pour l'amélioration du sort des prisonniers, et créa un conseil-général des prisons.
Le gouvernement autrichien , dans sa circulaire du 10 octobre 1822, demanda aux commissaires des districts s'il ne conviendrait pas de substituer la bastonnade à l'emprisonnement, vu les dépenses occasionées au trésor royal par l'en^ tretien de tant de prisonniers!!! Et il fit celte
demande , bien que la peine de la bastonnade , portée par le code pénal Autrichien, eût été supprimée par une circulaire du 4 décembre 18 15.
§ 264. — Le feu empereur de Russie, Alexandre, accorda des pensions au a parents de ceux qui furent prévenus et condamnés pour crime de haute trahison en 1826, et cela, pour graver dans l'esprit du public l'idée que les délits sont personnels.
L'empereur François confisque les biens de ceux à qui des délits politiques sont imputés, et de ceux qui sortent du royaume sans passeports; c'est-à-dire qu'il assouvit sur les fils la haine qu'il a conçue contre les pères. On pourrait citer mille exemples d'individus destitués d'emplois et de refus de promotions, uniquement à cause des relations de parenté, d'amitié, de simple connaissance, avec des personnes tombées en disgrâce.
Liberté.
§ 265 — S. A. R. le grand - duc de Toscane, Léopold, permettait la réimpression du poème de Casti, Gli animali parlanti ( il a été traduit en français par Andrieux ), et de mille autres ouvrages de ce genre, persuadé que la justice évidente de son gouvernement le mettait à l'abri de toute application maligne (1).
(t) Nous prions nos lecteurs défaire bieu attention que
S. M. l'empereur François I er , au contraire, a défendu ce poème, de crainte que, dans la cour
nous parlons de Léopold, père du graud-duc actuel : quant à ce dernier, ce n'est pas en lui que se vérifie le vieux proverbe Talis pater, etc.
Comment se vérifierait-il dans un prince qui prête ses sbires aux agents autrichiens pour capturer à Livoumc des patriotes lombards ? Le fait est connu.
Dans un prince chez qui l'arbitraire est comme un privilège iuhérent aux emplois, et se trouve tellement réparti parmi les fonctionnaires, en raison de leur rang, qu'un commissaire de police peut, au gré de son bon plaisir, faire appliquer jusqu'à cinquante coups de bâton à un citoyen, pour blasphème, ou cinquante coups de fouet ù une fille accusée de scandale, parce que son fichu n'aura pas assez couvert les appas de sa gorge?
Dans un prince qui accorde la toute -puissance aux prêtres, qui passe son temps à marmotter des prières, et qui fait venir un ermite en procession solennelle pour obtenir que la grande-duchesse sa femme accouche d'un enfant mâle?
Dans un prince chez qui c'est au curé de signaler, par. mi ses paroissiens les individus qu'il juge mauvais sujets ( discoli) , pour qu'ils soient soudainement empoignés et enrégimentés ; ce qui donne le nom au système de levée militaire appelé le discolato ?
Dans un prince dont la législation pénale exclut l'exil , mais qui , sans enquête préalable , sans aucune forme de procédure, ni réelle ni apparente, sans égard aux talents, aux services rendus au public, sans autre raison enfin que son bon plaisir, /o;re ses sujets d'accepter, dans le terme
igitii
du Lion, le public ne reconnût le cour de Vienne (j).
de vingt quatre heures, le conseil de sortir du 'pays , et qui , dans la crainte qu'on ne soit en retard dans l'exécution de son conseil, envoie des satellites arracher un fils aux bras de sa mère éplorée, à laquelle il dit peut-être sou dernier adieu?... Notre plume s'arrête ici... Nous pourrions tracer des noms... des noms illustres... ; mais ce n'est pas dans une note que nous le ferions.
Il est vrai que quelqu'un dit que la Toscane est un des pays les mieux gouvernés et les plus heureux de l'Europe; mais chacun sou goût : ceci n'est qu'une opinion. Ou dit aussi qu'un savant bien connu vient de quitter Modène, sa patrie , pour aller s'établir à Florence. Soil : on ne risque rien au change. Mais il n'en est pas moins vrai que des savants, également connus, ont été, insalutato hospiie, renvoyés de la Toscane, dans un délai de deux heures, et que d'autres y vivent maintenant gardés comme des botes fauves, et isolés comme des pestiférés, grâce aux persécutions de la police dont ils sont manifestement l'objet î î !
(i) C'eî.t dans la crainte d'une application encore plus directe quedernièrement la censure de Vienne eut la précaution de faire retrancher de la pièce de Schiller intitulée les Brigands, que des acteurs allaient jouer, ce passage où Schweizer dit (acte I, scène n) : a C'est François que se « nomme cette canaille.
La police de Milan aHa jusqu'à redouter l'écritean d'un vitrier, dout le nom de famille est Primo et le prénom Francesco. On lisait sur l'écritean de sa boutique : Francesco primo, vetrajo ; ce qui fait François
§266. — Taciledit,en parlant des excellents empereurs Nerva et Trajan : Rara femporum felieitate , uhi soi tire quœ velis , et quœ sentias dicere licel! (Hist., 1. 1.) Temps heureux et rares, où Ton est libre de penser et de parler ! Il dit aussi, au sujet de l'infâme Domitien : Adempto per inquisttiones et loquendi audiendique cornmercio ( Agric, 1. n.) Tarn sœra et infesta virtutibus tempora. ( Ibid. , î. ) Les espions et les délateurs ôtaient la douceur même de se voir et de se parier. Temps cruels et funestes à tout homme de bien !
Rappelez -vous l'espionnage introduit par l'empereur François, et dites auquel de ces empereurs romains S. M. ressemble.
§ 267. — Charles X a fait la guerre aux Algériens, et en i83o les a rayés du nombre des nations.
L'empereur François a toujours aidé les Turcs à consommer l'extermination des Grecs ; et lors-
premier , vitrier. 11 fut obligé de changer Tordre des mots : heureux encore que la police eût bien voulu croire à son inadvertance , sans le soupçonner de lèse-majesté! On lit maintenant sur son écriteau : Primo Francesco , vetrajo. Un prince qui se sentirait au-dessus de ces allusions trouverait une insulte dans le zèle de pareils agents !
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que le Turc mit fin au carnage , et les reconnut comme nation, l'empereur François refusa de les reconnaître.
§ 268. — Charles X a contribué, avec sa flotte, à la victoire de Navarin , et la regardait comme un titre de gloire pour la nation française.
L'empereur François a été le premier à décrier cette victoire dans ^Observateur autrichien .
§ 269. — La France , la Russie , et l'Angleterre, s'unirent, et firent, le 6 juillet 1827, un traité en faveur des Grecs.
L'empereur François mit en jeu toutes ses machines pour empêcher la conclusion de ce traité, et réussit à le retarder (i).
(1) On ne s'étonnera pas d'une pareille conduite : au contraire, on la trouvera conséquente quand on aura lu . l'extrait suivant de la lettre de M. de Metternich au comte de Berstett, ministre de Bade (1820) :
« i° Le temps avance au milieu des orages; vouloir « arrêter son impétuosité serait un vain effort. De la fer- « meté, de la modération , de la sagesse, et enfin de l'u- « nion, vpilà ce qui reste encore à faire.
« 2 0 La marche faible que le ministère français a tenue « de 181 7 à 1820, la tolérance accordée en Allemagne 9 aux doctrines les plus dangereuses, les abus de la pres- « se , la précipitation avec laquelle on a donné aux état6 « du midi de l'Allemagne des constitutions représenta-
Instruction et savants.
§ 270. — L'ambassadeur de Charles X, baron de Renneval, communiqua, en février 3826, au directoire suisse, le programme de l'institution des sourds-muets de naissance à Paris , et lui annonça en même temps que cet établissement était ouvert à tous les étrangers qui voudraient en profiter.
S. M. l'empereur d'Autriche a fermé aux étrangers tous les établissements d'instruction , ainsi que nous l'avons dit ailleurs.
§ 271. — Tous les souverains de l'Europe ont encouragé et protégé l'enseignement mutuel.
« tives, toutes ces causes ont imprimé l'élan le plus « funeste.
« 5° Le maintien de tout ce qui existe doit être le pre- « mier comme le plus important de nos soins. Il ne faut « dévier d'aucune manière de Tordre existant, de quel- « que nature qu'il soit.
« 4» Une charte n'est point une constitution propre-
« ment dite.
« 5» Attention scrupuleuse des gouvernements sur leur « propre administration.
« 6° De nos jours le maintien de tout ce qui existe est « le moyen le plus propre de conserver et peut-être même a de recouvrer ce qui est déjà perdu. »
Le gouverncnieut autrichien Va fait tourner en ridicule dans la Gazette de Milan , Va proscrit de ses états , et a fait arrêter comme criminels d'état ceux qui l'avaient établi à leurs frais à Mantoue, à Brescia^ à Milan.
§ 272. — Le féroce autocrate Nicolas, l'égorgeur de peuples lui-même , conférait , par un ukase du 25 mai 1826, au célèbre historiographe Karamsin , en reconnaissance de son Histoire de l'empire russe, une pension de 5ooo roubles, réversible à sa femme et à ses enfants.
L'empereur d'Autriche daigna retirer au célèbre poète Monti la pension de 6,000 francs qui lui avait été donnée , comme historiographe du royaume d'Italie , par le gouvernement précédent.
§ 273. — 4° Sa Sainteté avait nomme le docteur Sacco, vaccinateur fameux de Milan, chevalier de l'ordre du Saint-Esprit.
S. M. l'empereur d'Autriche daigna défendre au docteur Sacco de porter les insignes de cet ordre , bien qu'à sa célébrité pour la vaccine il joignît le mérite d'avoir desséché en grande partie les marais de Colico.
$ 274. — En 1824 , Sa Sainteté 6t l'acquisition de la bibliothèque du chevalier Cicognara, précieuse par l'importante et riche collection des auteurs qui traitent des arts et des antiquités.
S. M. l'empereur d'Autriche daigna refuser le paiement de cinquante exemplaires de YHistoire de l'architecture du chevalier Cicognara, ouvrage auquel le gouvernement français s'était associé , comme nous l'avons déjà dit.
§ 275. — L'empereur Napoléon laissait les princes attendre dans son antichambre , tandis qu'il s'entretenait avec le célèbre astronome Oriani.
L'empereur François 1 er (nous demandons bien pardon à nos lecteurs de la comparaison), l'empereur François I er , lors de son* séjour à Milan en 1816, quand on lui présenta Oriani , lui tourna le dos , sans daigner lui adresser un mot, et disait aux autres membres de l'institut de Milan : ce Signori , non dornando loro scienzaj non do- « mando che religione e moralità. — Messieurs, « je ne vous demande guère de science ; je ne « vous demande que religion et moralité. »
$ 276. — « Les deux géomètres italiens ( Real vue encyclopédique 1821) Carlini de Milan et ce Piana de Turin, qui ont remporté l'année dercc nière (1820) le prix d'astronomie proposé par a l'académie des sciences de Paris sur la formacc tion des tables du mouvement de la lune, ont « reçu chacun du roi de Sardaigne , pour le « même objet, une médaille et une somme de <' 3,ooo francs. »
« M. le professeur Zipfer (de Hongrie) vient « de recevoir, des deux extrémités de l'Europe, « des récompenses bien flatteuses de son zèle « pour les sciences et les progrès qu'il a fait faire « à l'étude de la minéralogie. Dans le temps « même où l'empereur de Russie lui envoyait « une bague enrichie de diamants, l'Académie « des sciences de Naples le nomma son associé « correspondant. »(lbid.)
S. M. l'empereur d'Autriche a daigné ne donner aux trois savants que nous venons de nommer aucune marque d'estime, quoique deux d'entre eux appartinssent à ses états.
§ 277. — En 1827,1e roi de Prusse voulut assister à la première leçon du cours ouvert à Berlin par le célèbre savant Alexandre de Humboldt.
S. M. l'empereur d'Autriche dit, en 1821, aux professeurs de Lubiana , qu'il voulait des sujets fidèles et religieux, et non des savants. Il y a des choses que nous ne saurions assez redire , car on oublie trop et trop vite !
J 278. — Le roi de France souscrivit, en 1823, pour deux mille quatre cents francs , au monument qu'on érige à Venise en honneur de l'illustre Canova.
S. M. l'empereur a daigné ne pas souscrire , même pour un centime.
$ 279. — L'empereur Alexandre fit un don de
vingt mille francs à Melchior Gioja, qui lui avait envoyé un exemplaire de son Nouveau prospectus des sciences économiques.
S. M. l'empereur d'Autriche a daigné, en 1821 , faire arrêter cet écrivain pour de prétendus motifs politiques , et le tint enfermé pendant huit mois, lui refusant le droit d'être jugé par les tribunaux.
§ 280. — En 1824, l'empereur François obtint delà condescendance de l'empereur Alexandre qu'il ne fût permis d'expédier des ouvrages à la famille impériale de Russie que par la voie de l'ambassadeur russe à Vienne ; l'ambassadeur devait demander ses instructions à la police de Vienne, et ainsi l'empereur François s'était procuré le moyen d'empêcher ceux qu'il haïssait d'obtenir des gratifications et des honneurs.
On peut citer ici la circulaire du 20 juin 1822, qui défend d'exhiber aux autres gouvernements ses preuves de noblesse, pour obtenir des ordres étrangers, sans en avoir d'abord obtenu le consentement de S. M. L'empereur François voudrait maîtriser l'opinion , même hors de ses états!!!
§ 281 . — Lorsque le prince Eugène acceptait la dédicace d'un ouvrage estimable, il donnait à l'auteur des preuves de sa munificence ; ce qui était pour les autres écrivains un motif d'émulation.
On voit dans un opuscule du marquis de Brème que la dédicace des Tables statistiques valut à Melchior Gioja une gratification^ 6,000 francs.
Le prince Raynier accepta la dédicace de la Bibliothèque agraire du professeur Amoretti , et souscrivit à cet ouvrage pour deux exemplaires,
Ferrario dédia à S. M. l'empereur d'Autriche son célèbre ouvrage intitule : // costume , et S. M. daigna lui faire (lire qu'elle acceptait l'exemplaire qu'il lui avait envoyé, etc., etc.
$ 282. — Veut-on connaître la différence énorme qui existe entre le gouvernement français et le gouvernement autrichien, relativement à l'instruction ? qu'on lise le passage suivant de M. Cuvier :
« Parmi les marques nombreuses de protec- « tion dont le feu roi (Louis XVIII) a honoré ce l'Institut, ce n'est pas une des moindres d'avoir « voulu que le jour qui, en rendant la paix à la « patrie, a rendu la liberté aux lettres, et rouvert « le monde aux recherches des savants, fût cé- « lébré par une réunion des quatre Académies, « et que cette Jête de la France jût en quelque ce sorte aussi une fête de l'esprit humain. » ( Recueil des éloges historiques, t. m, p. 479-)
L'empereur d'Autriche , aussitôt la paix faite, s'est occupé en Lombardie :
i° A obscurcir les intelligences ; 2 0 A diviser les esprits; 3° A corrompre toute idée de morale publique ; 4° A usurper les propriétés ; 5° A détruire la liberté physique, civile et politique;
6° A faire disparaître toute trace de civilisation. Morale publique.
J 283. — Si Alexandre Sévère disait : La république m'est plus chère que ma famille , Caligula prétendait que chacun devait aimer la famille de V empereur plus que soi-même. Le premier choisissait et honorait les personnes en raison des services qu'elles pouvaient rendre à la patrie ; le second, en raison de leur ottachement à sa personne.
S. M. I. R. Apostolique règle sa conduite plutôt sur celle de Caligula que sur celle d'Alexandre Sévère. En voici des preuves.
i° Furent élevées au rang de villes royales Crema (23 janvier 1816), Casalmaggiore (8 mars 1816), Como (i5 avril 1816). Pourquoi? à cause de leur grand attachement à notre mqison, dit S. M. dans ses décrets.
2 Q La notification du 27 décembre 1819 porte que S. M. a nommé :
« Grand - majordome majeur du royaume <c lombardo- vénitien , le comte Giberto Borro- « meo, chambellan, conseiller intime actuel d'é- « tat , premier grand-écuyer ;
« Grand- chambellan , le comte Barthelemi « Gradenigo, chambellan , conseiller intime ac- « tuel d'état;
« Grand-écuyer, le comte Alphonse Casti- « glioni , chambellan , conseiller intime actuel « d'état.
« Ces nominations, que S. M. a daigné faire « pour reconnaître les qualités qui distinguent ce les susdits sujets, les titres qu'ils se sont acte quis, et rattachement qu'ils ont montré pour « son auguste personne, sont par les soins du a gouvernement , et en exécution des volontés « du monarque , annoncées publiquement. »
Le public ne connaissant le mérite littéraire ,
militaire ou politique, d'aucun de ces trois individus, ni les sacrifices qu'ils ont faits au bien public, il s'ensuit que leurs qualités et leurs titres se réduisent à leur attachement à l'auguste personne du souverain ; et co?nme cet attachement ne s y est pas man ifesté par des actes publics , nous sommes obligés de dire qu'il consiste en servi* ces secrets y c'est-à-dire en espionnages, qu'ils ont faits pour la maison d'Autriche pendant l'administration du gouvernement précédent.
§ 284. — 8. M. , en substituant l'idée de sa personne ou de sa race à Vidée de l'intérêt du pays , renversé toute base et toute règle de morale publique. Nous en avons eu des preuves.
§ 285. — Sous l'empereur Joseph II, on voyait dans les administrations des hommes très distingués, d'une réputation européenne , et qui honoraientle gouvernement dont ils étaient honores , tels qu'un Carli , un Verri , un Beccaria , etc.
Sous l'empereur François, qui voit-on dans le conseil ou dans les administrations publiques du gouvernement ? un Bernardoni , un Pancaldi, un Psallidi, hommes nuls, d'une ignorance profonde, d'une lâche méchanceté , connus du public seulement pour le mal qu'ils lui font ou qu'ils peuvent lui faire en leur qualité de conseillers.
Religion.
§ 286. — Par un décret du 21 juillet 1826, S. M. le roi des Pays-Bas assigna 20,000 florins pour la construction de la nouvelle église de Saint-Paul à Rome. S. M. l'empereur François n'a pas donné un centime. Il est bon chrétien comme il est bon père , en paroles.
§ 287. — Dans les journaux de Paris, de mai 1827 5 on lit l'article suivant : « L'abbé Marital ,
« vicaire de Kentuchy, retournant dans son diocc cèsc , a eu une audience du roi , qui s'est plu a ce discourir avec lui sur l'état de sa mission. S. M . ce et S. A. Royale le dauphin ont donné à la « cathédrale de Bardstown une parure d'autel ce complète, savoir, un tabernacle, une croix, et « six candélabres de bronze en or artistement ce travaillés.
ce Le missionnaire a remercié le roi et son au- « guste fils, au nom de l'évêque et des catholi- « ques de Kentuchy. Il a aussi obtenu une aucc dience de la duchesse de Berri , qui l'a accueilli ce avec bonté. A son retour d'Italie il avait eu ce l'honneur de voir cette princesse , et de lui re- « mettre une lettre du roi de Naplcs son père, ce S. M. très chrétienne a aussi fait don à la cacc thédrale de Bardstown de six tableaux, et ente voyé à M. Flaget la médaille d'or frappée à l'occc casion de son avènement. au trône. Celle mécc daille, de grande dimension, est la même qui fut ce offerte aux membres de la famille royale , et ce envoyée aux souverains. Le pape, qui s'intéresse c( particulièrement à cette mission et à son évêce que, a donné cmatre corps de saints, quatre ce tableaux , et des vases sacrés. La reine de Sarcc daigne a fait présent d'un bel ostensoir d'argent « doré , et le duc de Modène a envoyé un annea u ce épiscopal. Chacun de ces souverains a ajouté
« une somme d'argent pour les besoins de la « mission. »
Ne demandez pas ce qu'a donné le très catholique empereur François 1 er . Quand il s'agit de mettre la main dans la bourse , son avarice se montre, le masque tombe, et sa religion disparaît.
Générosité et bienfaisance.
§ 288. — Louis XVIII envoya au pape Pie VII un lit qui , cédant à la moindre pression, facilitait les mouvements du malade , et lui épargnait toute douleur.
Vous ne trouverez aucune attention semblable dans l'histoire de l'empereur François.
$ 289. — Lors des inondations qui se succédèrent ea Hollande , en 1825, les victimes reçurent les secours suivants :
Collecte générale faite en
Hollande. 4,i02,589florins,
Dons de la famille royale. 148,000
Dons de l'empereur de
Russie 100,000
Collecte faite à Amsterdam 211,000
Sur aucune liste de ce genre on ne veraa jamais le nom de l'empereur d'Autriche.
^ 2 go Q — Tibère , dans plusieurs désastres de Rome, fit distribuer de l'argent en raison des dommages, et sans sollicitations d'amis, même à des personnes inconnues. (Tacite, Ann. IV, 64). Il vint quelquefois au secours des débiteurs, avançant plus de cent millions de sesterces pour être prêtés pendant trois ans, et sans intérêt , à ceux qui pourraient donner une hypothèque sur leurs terres.
Pendant l'affreuse misère des années 1 81 5, 1816 et 1817 > °ù ^ es populations , et particulièrement celles des campagnes, étaient réduites à se nourrir d'herbe, et mouraient sur les chemins , l'empereur François , ce tendre père de ses sujets , ne ht pas le moindre sacrifice.
§ 291. — En juillet 1826, le duc de Northumberland, avant de partir de Paris, fit remettre 4o,ooo fr. aux incendiés de la rue des Vieilles- Tuileries (Journaux français de cette époque.)
La Gazette de Milan du 11 juillet 1825 disait : ce S. M. I. R. Apostolique, dont l'amour •ce paternel étend sa bienfaisance sur tous ses suie jets, et même sur les plus malheureux, a gra - !oc cieusement daigné , par une résolution souve- « raine prise à Monza, le 24 juin, accorder la « somme de 60,000 livres autrichiennes pour « être distribuées aux pauvres. »
Veut-on savoir qui paya ces 60,000 livres? Ce
fui la congrégation de charité de Milan! Et notez que l'erapereur venait de gagner une somme beaucoup plus forte par le débit de papier timbré sur lequel avaient été écrites les demandes de secours et les pièces y jointes.
Dignité impériale.
§ 292 — L'empereur Théophile, ayant appris que l'impératrice son épouse faisait le commerce maritime, fit brûler le vaisseau qui lui appartenait, dès qu'il fut entré dans le port , avec les marchandises dont il était chargé , disant que c'était une chose indigne qu'élevé par la Providence au faîte des honneurs , il devînt, par sa femme , un simple patron de navire.
L'empereur François ne dédaigne pas, comme nous l'avons vu , de faire le métier de voiturier, ou d'entrepreneur de vélocifères, d'imprimeur, de fabricant de draps, de porcelaines, etc.
Impôts.
$ 293. — S. M. le roi de Sardaigne a diminué d'un douzième l'impôt direct ; le pape l'a diminué d'un quart, et la France, en 1825, d'un tiers.
L'empereur François , dans sa tendre sollici-
tude paternelle , n'a nullement diminué les impôts directs; ils se paient actuellement, en temps de paix , à raison de quarante-huit deniers par écu, comme ils se payaient sous le gouvernement de Napoléon, en temps de guerre.
§ 294. — Quant au total des contributions, voici des données par lesquelles l'on peut apprécier au juste le rapport entre celles qu'on payait du temps du royaume d'Italie et celles qu'on paie sous le gouvernement de l'Autriche.
ROYAUME D'iTAMK.
Population.
6,5oo,ooo
Produit des impôts.