‹ L'Italie sous la domination autrichienneChapitre 27 sur 28 · ROYAUME LOMBARDO-VÉNITIEN · texte numérisé non relu

ROYAUME LOMBARDO-VÉNITIEN

Population.

Produit des impôts. i32,5oo,ooo

Delà résulte que les habitants du royaume lombardo-vénitien paient à peu près 4* ,000, 000 de livres de plus que du temps de Napoléon 5 avec une observation à faire , qui est bien décisive , c'est que le revenu de l'état était alors dépensé en entier dans l'état même, y compris les trente millions que le royaume payait, d'après le statut impérial du 3o mars 1806 : car cette somme servait à entretenir et solder l'armée française, auxiliaire de l'armée italienne.

§ 2g5. — Sous ce gouvernement , on n'exigeait pas que les pétitions adressées au souverain fussent sur papier timbré. Il n'en est pas de même sous le gouvernement autrichien. Quand l'empereur François reçoit des pétitions sur papier libre, il les envoie à l'enregistrement , où on les timbre aux frais des pétitionnaires.

Milice.

$ 296. — L'état de guerre dans lequel se trouvait l'Europe pendant le règne de Napoléon justifiait , en quelque sorte, la conscription. Depuis 181 4î nous avons dix-sept ans de paix, et la conscription a lieu comme auparavant dans le royaume lombardo-vénitien , excepté quand on fait deux levées dans un an.

$ 297. — Avant le régime autrichien, les soldats étaient considérés, et avançaient facilement ; sous celui-ci, on leur donne des coups de bâton comme aux animaux, et au bout de vingt ans de service ils deviennent vice-caporaux.

f^ice-Reine.

§ 298 — La vice-reine Amélie, veuve du prince Eugène, portait si loin la générosité envers les pauvres, qu'on fut forcé de la mettre en tutelle, car

à la fia de chaque mois elle se trouvait accablée de dettes.

La vice-reine du royaume lombardo- vénitien est entièrement inconnue au peuple , et surtout aux pauvres.

Titres honorables donnés par les peuples aux

souverains.

§ 299. — Les historiens, en rapportant la mort de Louis XII, disent : « Jamais prince ne fut plus ce universellement pleuré, ni avec des larmes ce plus sincères : aussi jamais roi n'aima si ten- <c drement ses peuples. II tacha toujours de les <l soulager par toutes sortes de moyens, et de ga- « gner leur amour par ses bienfaits; jamais sou- « verain ne craignit davantage de les fouler par « des subsides ; il leur remit le présent de cent « mille écus qu'ils voulaient lui faire à son cou- « ronnement, ôta la troisième partie des impôts <c qu'il avait trouvés établis, et la dixième partie « des tailles, qu'il diminua d'année en année, te jusqu'à ce qu'elles fussent réduites à la moitié , « quoique les guerres qu'il eut à soutenir l'obli- « geassent à de grandes dépenses : aussi mérita- « t-il, par sa bonté et sa clémence, le nom de « Père du peuple. » (Fleuri/, Hist. ecclés., continuation de Fabri, t. xvii, p. 239. )

Dans les journaux et dans les proclamations, l'empereur François se fait donner le titre de Père du peuple ; ainsi , dans une proclamation adressée le 12 juillet 1 8 1 4 aux Lombards par le maréchal Bellegarde, on lit : « Le très auguste « empereur et roi François l tr ,père adoré de ses « sujets, souverain très désiré de ces états, qui « ont le précieux bonheur de lui appartenir ', etc.»

Une lettre de Vienne, insérée dans le Journal d'Augusta , du 7 avril 1826, après une maladie que venait de faire S. M., contient ce qui suit : « Voilà trente - quatre ans que notre auguste <c maître partage avec ses peuples la bonne et la xc mauvaise fortune , comme un tendre père le <c ferait avec ses enfants. »

Tous les délégats provinciaux ont ordre de faire annoncer dans les journaux que les populations ont fêté l'heureux anniversaire de la naissance de S. M. I. et R. Apostolique, excellent père des peuples,

$ 3oo. — Or ces faits que nous avons rapportés jusqu'ici peuvent faire voir quel excellentpère est l'empereur François. Le régime paternel de S. M. en Italie est semblable au régime paternel de l'Angleterre aux Indes. Les Italiens envoient à Vienne , annuellement, soixante -dix millions net pour être tyrannisés. Les annonces des préfets relatives à Y enthousiasme que le peuple éprouve

le jour de l'anniversaire de la naissance de S. M. rappellent le décret des triumvirs par lequel ils ordonnaient aux Romains, plongés dans le deuil, d'être gais et de se divertir.

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