LA « VOTE » DE COMBEBRETTES
'ETAIT veille de « vote » à Combebrettes. Mère Françou, sur la maie, achevait de quadriller le dessus d'une galette de pommes avec des raies de pâte. Elle s'était impatientée beaucoup : il faisait chaud ; le beurre fondait trop vite ; la pâte se collait au rouleau de bois et au couvercle de la huche ; il fallait gratter avec un couteau, enfariner à chaque instant. De fatigue et d'ennui, elle avait le rouge aux joues et la sueur aux tempes, la Mérigale ancienne ; mais, par-dessus tout, le cœur serré et les yeux tristes, parce que c'était la première fois qu'elle faisait une friandise dont tout le monde n'aurait pas. On n'avait reçu aucune nouvelle de l'aîné, depuis la lettre écrite pour demander un peu d'argent. Le buraliste ne l'avait jamais rencontré en faisant ses emplettes de tabac, les samedis. Pas un paroissien n'avait raconté l'avoir vu, un jour de foire. Qu'était-il devenu, ce fils chéri ?... Avait-il quitté Tulle ?... Etait-il allé plus loin ?... Le reverrait-on jamais ?...
Les mêmes questions, les mêmes craintes éternellement pas-