SCÈNE IV
Les .Mêmes, ESTELLE, LE CON- SEILLER.
Estelle, 5e retournant comme pour parler à quelqu'un.
— Je la vois, merci. {S' approchant du banc oh travaillent les deux jeunes filles.) ALidileine!... Hé adieu, ma toute belle.
.^L-VDELEiî^E, se levant, ires surprise.
— Tiens, vous voilà? (Elles s'embrassent. ) Le Conseiller.
— Bc-njour, petite cousine.
146 U Obstacle
Madeleine, un peu effrayée.
— Vous aussi? Qu'y a-t-il donc? qu'est-ce qui se passe?
Le Conseiller.
— J'allais vous le demander.
Estelle.
— Nous avons reçu une convocation de la Supérieure.
Madeleine.
— Je ne saispas, elle ne m'a rien dit.... Je vais toujours la prévenir.
Le Conseiller.
— On y est allé, cousine.
Madeleine.
— Alors, asseyez-vous un moment.
Estelle, épanouie.
— Ahl qu'il fait bon ici..., c'est frais..., ça embaume.
Madeleine, à demi-voix., à cause de la novice qui ramasse ses bouquets.
— Et de là-bas, rien de nouveau? Personne n'est venu?
Estelle.
— Non, personne.
M.\DELEINE.
— Pas de lettre non plus> Estelle
— Non.
Madeleine.
— Ah! tant mieux.
Estelle.
— Hier, en allant à Taudience chercher le Conseiller mon frère, j'ai croisé h landau de la Marquise..., nous avons échangé un salut un peu froid... mais très correct.
Le Conseiller.
— Je crois maintenant que c'est une affaire jug-ée.
Estelle.
— 11 ne faut plus penser à tout cela, chère mignonne.
Madeleine.
— Ah ! je voudrais bien ; mais c'est comme
une pierre que j'ai sur le cœur..., Tidce que ce pauvre garçon se désole à cause de moi....
Estelle, émue.
— C'est vrai qu'il ms faisait peine, chez lui, l'autre jour....
Le Conseiller, entre ses dciils, furieux.
— Qu'est-ce qu'elle va lui dire> Estelle, qui le guette, se reprenant vile.
— Seulement Parisien, vous savez, et si volaye, oubliant si vite.
Le Conseiller, à la novice qui s'en va emportant ses bouquets.
— Je vous en prie, ma sœur, ne vous en allez pas... si c'est notre présence....
Noëlie.
— Non, non, mes bouquets sont finis, je les porte à la chapelle. {Elle disparait par le
fond.)
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