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qu'en composant le ministère, il peut fixer un programme précis à ce dernier et lui tracer d'avance le chemin à suivre. C’est l'exercice du droit de sanction par voie de prévention. Aussi ne cite-t-on qu’une loi en Autriche, celle de 1867 sur les congrégations, qui n'ait pas été sanctionnée par l'Empereur.
Aucune des manifestations du Reichsrat n’a donc la valeur d’un acte gouvernemental et il ne peut avoir ce sentiment de responsabilité que la participation au gouvernement communique à une Chambre. Amoindri par le’ pouvoir personnel de l'Empereur, se heurtant à une constitution peu parlementaire, il est volontiers amené à user de moyens antiparlementaires, pour faire valoir, quand même, sa volonté et glisse facilement sur la pente de l’obstructionisme, encouragé d’ailleurs, par le règlement lui-même, à s'engager dans cette voie.
On serait tenté de croire que quelques-uns des défauts du parlementarisme autrichien sont corrigés par la Chambre des seigneurs. Généralement, l'autorité morale et politique des assemblées représentalives s’équilibre, c’est-à-dire que, si par un certain concours de circonstances, la Chambre basse d’un pays perdait son prestige, la Chambre haute gagnerait en autorité, Ou bien il arrive aussi que les deux Chambres, reposant sur des principe différents, (comme cela arrive dans des Etats fédérés), chaque Chambre tire de son origine une autorité distincte et, en cas d’affaiblissement de l’une
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d’elles, l’autre reste debout. Il n’en est pas de même en Autriche. L'origine de la Chambre des seigneurs, dont nous avons indiqué plus haut la composition, est sans caractère politique. L'opinion d’une Chambre, dont les membres doivent leur siège aux prérogatives de leurs familles, aux services rendus dans la bureaucratie, dans les fonctions ecclésiastiques, les sciences, les arts, bref, à des causes qui n’ont qu’un lointain rapport avec la politique du pays et sont sans rapport aucun avec le parlement, l’opinion d’une telle assemblée, disonsnous, ne peut avoir de valeur quand se dresse en face d'elle la volonté de l’autre Chambre qui malgré toutes ses faiblesses, malgré l'ancienneté des sources dont elle est issue représente la force populaire. La Chambre haute n’a pas d'autorité vis-à-vis de l’empereur qui seul a conféré aux seigneurs l'honneur d’y sièger. Elle n’est l'expression d'aucune idée politique ; elle est seulement la brèche par où le pouvoir exécutif pénètre sur le terrain propre du législatif. Son vote est sans doute encore nécessaire pour tous les actes législatifs, mais son importance politique va en diminuant. Elle a ellemême conscience d’être, dans le jeu des forces politiques, un facteur tellement amoindri que, dans la dernière session du Reichsrat (1907), après l'introduction du suffrage universel, elle a renoncé spontanément à une de ses dernières prérogatives, le droit de répondre par une adresse au discours du trône ; elle s’est contentée