ARTE
8 juin. — La nuit dernière, moins de douleurs, qui sont plus localisées du côté gauche. Accès de coliques plus rares; par contre, par deux fois, vomissements d’eau et de mucus. Pouls et température absolument satisfaisants (76 — 3701). Ventre souple, non sensible à la pression. Langue humide. A neuf heures du matin, un vomissement après la prise de quelques cuillerées de lait et de vin. Dans l’aprèsmidi, la patiente prend de l’eau qui est vomie de nouveau. Dans la journée, trois grands lavements, issue de quelques gaz. Lavement nutritif avec trois gouttes de teinture de strophantus, |
9 juin. — Selle spontanée et gaz. La patiente se sent bien après une forte transpiration el n’accuse aucune douleur.
192 juin. — La malade vomit de nouveau abondamment et éprouve de violentes douleurs. Pouls et température restent satisfaisants (80 — 3608). Lavement nutritif.
13 juin. — On décide aujourd’hui de libérer par une seconde laparotomie les adhérences qui lèsent l'intestin. Le professeur Menge émet l’avis qu’il s’agit, selon l'hypothèse la plus vraisemblable, d’une adhérence de l’épiploon à l'incision de l'utérus située sur le fond, et que l’organe en involution exerce par ce moyen une traction sur le côlon transverse et conditionne une coudure complète de celui-ci. Pouls 75, température 3603.
Compte rendu de l'opération. — ['abdomen est de nouveau ouvert dans toute l’étendue de la cicatrice, qui est déjà très solide. On voit d’abord l’épiploon adhérent au péritoine pariétal sur une certaine étendue. Il est libéré au thermo-cautère entre ligatures, sectionné et écourté. Le côlon transverse est fortement distendu dans sa partie droite jusqu’à un peu au delà de son milieu; la partie gauche plus petite est affaissée. Cette situation est créée par une adhérence atteigant presque l’ombilic, entre l’épiploon, le côlon.et la face antérieure de l’utérus, qui est retenue en haut justement par cette adhérence. Après avoir libéré celte adhérence, par section et ligature, on trouve au dessous d’elle une anse de l'intestin grèle fortement adhérente au fond de l'utérus, qui est également libérée. A lendroit où le moignon ntérin de la trompe droite avait été entoui lors de la section césarienne, une anse de l'intestin grèle est également adhérente, laquelle est aussi libérée. Après que l’on s’est assuré qu'il n'existe pas par ailleurs dans l'abdomen d’autres adhérences, les surfaces ulcérées du côlon et de l'intestin grèle sont recouvertes par des sulures séro-séreuses. Sur le fond de l'utérus, et en le prolongeant de quelques centimètres sur la face antérieure, on procède à un enfouissement en sillon de la surface résultant de la libération de l’adhérence ; cet enfouissement correspond à la cicatrice provenant de la première opération, qui est d’ailleurs
di: NS RÈRE
étroite et solide dans toute son étendue. Les tissus sont réunis par des points de catgut assez profonds des deux côtés, et ce sillon est ainsi nivelé. De place en place on trouve, au centre du tissu représentant les adhérences, des petits bouchons mous, d’un blanc jaunâtre, gros comme une tête, d’épingle, vraisemblablement des débris de catgut résorbé. Après avoir parfait Fhémostase, on pose les sutures abdomipales (catgut et soie alternés) en masse; puis sutures du péritoine fortement adhérent à l’aponévrose; sutures du tissu cellulaire; sutures de la peau.
La narcose à été conduite avec l'appareil de Braun et l’éther seul a été donné. Elle a duré une heure et demie sans aucun incident. Le pouls était bien frappé et n’est devenu un peu fréquent que vers la fin de l'opération.
14 juin. — Soir, 38°; pouls bon, 92. Aucune douleur. Le lait par la bouche est bien supporté.
15 juin. — Lavement, selle. Gonflement œdémateux de la grande lèvre gauche (done toujours débilité du cœur et manifestation anémique).
16 juin. — Douleurs dans la région hypogastrique à gauche. Le soir, 3803. Pouls 112. Infusion de digitale, frictions avec l’onguent de Crédé. Aucune nausée, langue humide, ventre souple sans ballonnement.
17 juin. — L'œdème des lèvres rétrocède (hier la droite était également prise). On continue la digitale et l’onguent de Crédé.
18 juin. — À supporté ce matin du café et la moitié d’un petit pain. Gaz seulement après lavement. La patiente se sent elle-même très bien.
19 juin. — La malade présente le soir un trouble psychique. Elle affirme ne pas devoir dormir parce qu’alors sa respiration s’arrêterait, son cœur ne battrait plus, toutes ses sensations seraient abolies. Elle pense également que si on la frotte avec de l’onguent, elle va en mourir, etc., etc... La patiente n’a pas du tout dormi, elle à beaucoup chanté toute la nuit. À
20 juin. — La malade est complètement saine d'esprit. Pouls satisfaisant, 100. Issue spontanée de quelques gaz; onguent de Crédé.
22 juin. — La malade a passé une nuit supportable. Selle spontanée, issue de gaz. Pas d’albumine. Onguent de Crédé.
24 juin. — Depuis la seconde opération, la température du matin reste aux environs de 3704, 3106; la température du soir est un peu au-dessus de 38°. Dans les deux derniers jours seulement, 3807. Aujourd’hui elle atteint 39° le soir. Le pouls est également fréquent : 139, — Diarrhée. Digitale. Depuis cinq jours environ, la plaie souille le pansement; elle est béante en haut et en bas, de la largeur d’un
En) vers
doigt, et est sale. Dans le voisinage de lombilie seulement les bords cutanés sont restés accolés.
27 juin. — Depuis le 24, le pouls et la température sont tombés graduellement. La diarrhée persiste encore. La patiente paraît beaucoup mieux et a de l’appétit. Extrait de malt.
30 juin. — Pour la première fois, selle pâteuse.
3 juillet. — La plaie est bien nettoyée surtout dans la partie supérieure. Pansement au vin camphré.
7 juillet. — La malade s’assied.
8 juillet. — Elle se lève. |
15 juillet. — Sort guérie. La plaie est complètement cicatrisée ; cicatrice solide. Appétit bon; selles normales. Aucun œdème. Pouls
entre 90 et 100. Matité et bruits cardiaques comme à l'entrée. Pas.
d’albumine. Enfant normal, sauf un angiome sur le hant de la cuisse gauche: pèse 3.579 grammes. k
Renseignements ultérieurs du 29 septembre 1903, — La femme se’ porte bien; son visage a engraissé, l’anémie est moins-marquée: elle n’a jamais ressenti, depuis, de nouvelles douleurs dans le ventre. Les selles sont régulières. La malade n’a plus ressenti de symptômes d'affection cardiaque (dyspepsie, palpitations, hémoptysies). Cicatrice complètement guérie; ne présente nulle part de hernie. L’utérus paraît libre, mobile, autant qu'on puisse s’en rendre compte, la femme, très sensible, se laissant difficilement examiner. Pouls 80, quelque peu rapide, un peu irrégulier et inégal. La matité cardiaque s’étend vers la droite jusqu’au bord droit du sternum. Le choc de la pointe, au-dessous de la sixième côte, un peu en dehors de la ligne mamelonnaire. Souffle diastolique, de tonalité élevée, en jet. au-dessous de la cinquième côte, à gauche tout près du sternum. Pas d’albumine dans les urines. L'enfant est mort d’entérite à dix semaines.
Renseignements ultérieurs du 18 janvier 1904. — La femme paraît bien, abstraction faite d’une eyanose insignifiante; elle se porte bien, ne se plaint ni de son cœur, ni de ses affections passées. Depuis sa sortie de la clinique, les œdèmes ne sont jamais revenus. Depuis l’opération les époques viennent toutes les trois semaines, au lieu de quatre, mais sont invariables dans leur quantité el dans leur durée, au contraire de ce qu’elles étaient auparavant. Une saillie de la grosseur de la pulpe du petit doigt est visible dans la cicatrice, à un doigt audessus de l’ombilic, quand on fait tousser la malade. L’orifice herniaire est à peu près gros comme un pois (après la deuxième laparotomie la plaie n'avait pas guéri par première intention). L’utérus, en bonne antéversion avec le col quelque peu rétropulsé, présente de minimes adhérences à la paroi abdominale antérieure. Pouls à 88, égal, régulier
nt Mes 0 Qi
MT) a
et un peu rapide. Choc de la pointe perçu dans le cinquième espace intercoslal, en dedans de la ligne mamelonnaire. Faibles sifflements systoliques. Matité cardiaque s'étendant à droite jusqu’au bord droit du sternum, à gauche environ jusque sur la ligne mamelonnaire. Soufle systolique à la pointe. Claquements aortiques et palmonaires dédoublés. Après l'etfort, léger souffle systolique à l’orifice pulmonaire,