COMMENT L’IMPERMEABILITE DE LA BRONCHE PEUT-ELLE SE REALISER
Ce sont l’obstruction endo-bronchique ou l’oblitération par compression où par plicature qui, le plus souvent, sont mis en cause, Mais nous savons que, dans plusieurs observations, l’obstruction mécanique n’a pu être invoquée et qu'il à fallu faire intervenir pour leur explication, l’occlusion active par constriction réflexe des muscles des bronches et surtout des bronchioles.
Cette constriction réflexe peut-elle agir dans l’oblitération de la bronche de drainage ? Et, d’abord, la broncho-striction active est-elle possible ?
L'étude de la constitution anatomique de la bronche normale nous apprend que l'importance de l’élément musculaire de sa paroi est très grande, Le système musculaire
existe dans la paroi des grosses bronches et des bronchioles el son importance augmente à mesure que le calibre bronchique diminue, Les anneaux cartilagineux deviennent en effet de plus en plus petits, et disparaissent dans les très petites bronchioles. Les muscles, au contraire, demeurent et s’accroissent.
« Les fibres musculaires augmentent au fur et à me- «sure qu'on s'éloigne des gros conduits, dit BINET, rappe- «ant en cela ce que l’on observe au niveau du système cartériel. Elles réalisent au niveau des bronchioles termi- «nales un véritable sphincter, dit anneau de REISSESSEN. »
LETULLE (Traité d’Ana. Path. 1897), insiste également sur l'importance de celte couche musculaire :
« En dedans de la gaine fibreuse commence la couche « musculeuse de la bronche. Cette courbe représente la pa- « roi externe de la muqueuse bronchique. Elle équivaut à «la muscularis mucosæ de la muqueuse digestive, Ces « muscles sont composés de faisceaux de fibres lisses, en « grande majorité perpendiculaires à l’axe de Ia bronche. « Si on fait une incision de l’arbre aérien parallèle à l’axe, « on découvre de chaque côté une série successive d’ilots « musculaires. Ces faisceaux contractiles sont de vrais « sphincters, séparés les uns des autres par des tractus fi- « bro-élastiques minces, leur véritable gaine. » Et plus loin : « L’épaisseur de ces fibres musculaires est, propor- « tionnellement au diamètre de la bronche, plus considé- «rable au niveau des bronches tenues qu'au niveau es « grosses bronches ».
Ainsi, chez l’homme sain, sur une bronche de 1 m/m., la couche musculaire aurait une épaisseur de 70 mu, sur «une bronche de 1/2 m/m, l’épaisseur du muscle est de « Bo mu). »(LETULLE)
Les conduits aériens ne sont pas des éléments passifs. De nombreuses expériences ont prouvé le pouvoir de cons-
triction et d'expansion des bronches (Roy, GRAHAM, BROWN (1885), p'ARSONVAL, DixiN et HANNIEL (1909). Plus récemment des études radiologiques ont confirmé ces qualités de la bronche, W. Hupson et JARRE (de DETRoIT) en 1929, grâce à un appareil permettant de faire trois ou quatre clichés radiologiques à la seconde, ont repris l’étude des mouvements du tractus trachéo-bronchique. Pris du début à la fin de l'expiration, les clichés montrent comment les bronches périphériques se vident de leur contenu, c'est-àdire du lipiodol et les ondes de contraction. À l’'inspiration il y a relâchement de la constriction. Mêmes constalations pour un poumon sous pneumothorax auquel une phréniceetomie a été associée. Deux séries de films prises sur des asthmaliques en dehors des crises montrent le spasme bronchique permanent avec extrême réduction de la lumière bronchique.
Le muscle bronchique peut se contracter, se relâcher et intervenir dans l'expulsion des crachats (vomissements bronchique et trachéal de KeINBERG). Par ses variations pathologiques, il peut expliquer certains syndrômes morbides tels que l'asthme, la dilatation dés bronches (L. Bixer).
La paroi bronchique, d'autre part, est richement innervée (HALLION, FONTAINE et HERMANN - L. Biner). L'innervation des muscles serait double, dépendant du X et du sympathique, Mais c’est le X qui joue le rôle principal et qui doit être considéré comme le nerf moteur des muscles bronchiques. L’excilation de son bout périphérique après section provoque la contraction des muscles bronchiques : fait démontré par de nombreux physiologistes (Wizciams, LonceT, Paul BErTr, François Frank). Chez le cobaye, l'excitation du bout périphérique entraîne un spasme intense des bronches qui peut aboutir à la mort. Chez cet animal, en effet, le système bronchique est très dévloppé : aussi l'intensité et la durée du spasme engendré peut entraîner l’asphyxie (A. MAGNE - Cornter).
La broncho-motricité peut être déclanchée par des excilations diverses : le spasme bronchique peut être provoqué par une excitation endo-pulmonaire, par une excitation nasale, aortique, ou de certaines zones cérébrales (F. Franck in thèse Marchena) ou du centre vagal par voie réflexe (irritation des fosses nasales par de l'air chargé d’ammoniaque ; intoxication par certains agents chimiques (Houssay).
Certaines substances pharmaco-dynamiques agissent sur la contractilité bronchique. Le potassium l’augmente. la pilocarpine, l’ergotamine, donnent un broncho-spasme intense, ainsi que l'extrait de post-hypophyse et l’histamine. L’atropine, par contre, et la papavérine ont une action dépressive (Expériences de BerNou, de WARENBOURG).
Le rôle de l’histamine dans la pathologie pulmonaire apparaît d’ailleurs à certains de plus en plus important le phrénique serait un nerf histaminergique (UNGAR - Gros- SioRD - BriNcOURT). Une action histaminique locale serait à l’origine de l’asthme (KAMMERER), soit par action broncho-constrictive, soit par aciton vasculaire. L’histamine pourrait réactiver des lésions tuberculeuses torpides (Lurz- ZATO - FEGI2).
N'insistons pas davantage sur la motricité des muscles bronchiques.
Puisqu'elle existe et joue un rôle important dans Ja physio-pathologie pulmonaire, ne serait-elle pas l’élément de base des atélectasies aiguës, de ces véritables atélectasies réflexes ?
Mais la contractilité des muscles bronchiques peut-elle se manifester dans les bronches altérées par la tuberculose ? Bernou attribue un rôle important au broncho-spasme dans certains cas d’atélectasie chez les tuberculeux. Il jouerail aussi un rôle dans l’atélectasie post-hémoptoïque, Mais ce sont là des cas spéciaux.
ou
L'étude anatomo-pathologique de la bronche de drainage seule pourra nous renseigner sur le problème qui nous préoccupe et qui est celui de l’occlusion bronchique, facteur de disparition des cavernes. Les altérations de la bronche de drainage lui laissent-elles la possibilité de se contracter ? L’obluration de cette bronche est-elle possible, et par quel mécanisme ?