‹ L'occlusion de la bronche de drainage: Étude critique de son rôle dans certaines modifications radiologiques des cavernesChapitre 23 sur 36 · II · texte numérisé non relu

II

Ces faits sont repris par Dérioux, dans sa thèse. Pour RouBier, l’oblitération de la bronche de drainage, par ce processus de sténose fibreuse, serait la conséquence de l’enkvystement fibreux de la cavité.

Tout semble bien plaider en faveur de cette hypothèse : le siège de l’obturation, l'importance de la réaction fibreuse dans le tissu péricavitaire.

De même tous les auteurs qui ont examiné du point de vue analomo-pathologique les cavernes tuberculeuses guéries, ont constaté que la bronche de drainage était obstruée, se terminant vers l’ancienne cavité guérie en doigt de gant.

De ces faits, on ne peut tirer évidemment aucune conclusion, quant à savoir si cette sténose fibreuse ainsi constatée a été à l’origine de la guérison ou si elle a été simplement secondaire à celle-ci.

ELOEssER, qui a étudié tout spécialement les sténoses bronchiques dans la tuberculose pulmonaire, insiste sur ces sténoses fibreuses.

Il faut distinguer les sténoses fibreuses, conséquence d'un processus d'infiltration hyperplasique de la sous-muqueuse (on en trouve un exemple dans l'observation de M. AmeuiLre), et celles qui sont dues à une production fibreuse péribronchique.

Cette forme aboutirait à l’obstruction, surtout par la déformation, l’épaississement et la coudure des parois. On pourrait la rapprocher de la « bronchitis deformans » de ScHmorz et Grey ou des péribronchites syphilitiques de BEx- DA (SERGENT et BENDA, etc..…).

La tuberculose serait capable pour ELœæsser de donner de telles sténoses fibreuses.

Enfin, il est une dernière forme de sténose fibreuse ; c’est celle qui résulte de la cicatrisation avec rétraction d’une de ces ulcérations tubereuleuses de Ta paroi bronchique qui peuvent exister, nous l'avons vu.

De telles rétractions cicatricielles ont été observées par

divers auteurs (ELoëssErR), sur la trachée, les bronches souches ou les bronches lobaires. Rien n'empêche de pen ser qu'elles puissent exister sur les bronches de drainage.

Nous avons, ainsi, passé en revue, les divers modes possibles d’occlusion bronchique. Il est logique de penser que ces divers processus doivent, lorsque l’oblitération est réalisée, s'associer à des degrés divers.

Quoi qu'il en soit, l’étude anatomo-pathologique de la bronche de drainage montre bien que l’occlusion de celleci est possible. Bien plus, des constatations d’autopsie, moins rares que le disaient certains auteurs classiques, ont prouvé la réalité du fait.

Revenons à l'étude des disparitions temporaires de cavilés telles que nous les avons définies et décrites.

Ce serait done dans l’imperméabilité temporaire de la bronche de drainage que l’on devrait chercher l’explication de tels phénomènes. Cette imperméabilité, temporaire ou non, analomiquement est possible. Une obstruction, une coudure peuvent la réaliser.

Mais la réalité anatomique de l’obstruction bronchique. dans un certain nombre de cas, permet-elle d'admettre sans discussion la théorie que nous étudions ?

Dans un dernier chapitre, nous allons examiner schématiquement et discuter les arguments qu'on peut donner pour et contre la théorie de l’occlusion de la bronche de drainage, facteur de guérison des cavernes.

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