JUSTIFICATION
Servir Dieu passionnément c'est mal le servir, car la passion emprunte sa force à son objet même et s'aveugle.
Dieu juge nos actes, non nos doctrines ; il vaut mieux être un juste boudhiste qu'un pécheur chrétien.
Le catholicisme est latin, le christianisme occidental, c'està-dire qu'il convient particulièrement à ces races; un seul musulman s'est-il jamais converti si ce n'est quelque hamaL Il faudrait donc transporter des chrétiens en Orient, pour y transporter le christianisme.
LXLV1II
Le catholicisme a le droit de se maintenir, il n'a pas le
v. — l'occulte catholique
droit de conquête, et le missionnaire qui s'appuie aux fusils de la métropole ou qui les appuie est un missionnaire infernal.
L'Eglise est V Arche de vérité, c'est-à-dire que la vérité y est continue, même quand elle n'est pas manifestée.
On peut demander sa manifestation pourvu qu'on s'y soumette. Mais chaque fois qu'elle se tait, elle abandonne la parole a qui veut : car le silence ne peut être qu'habile et l'église ne doit point l'être.
II y a deux forces ecclésiales, tantôt la lumière descend sur le pontifes tantôt elle monte vers lui ; tantôt l'abstraction pontificale promulgue, tantôt le collectif chrétien suggère : et c'est toujours le Saint-Esprit qui opère, mais on ne l'aperçoit qu'à l'effet, et longtemps après l'événement.
La stricte justice, Dieu ne la rend qu'à lui-même, il fait miséricorde à la créature, mais cela ne veut pas dire impunité.
Si nous mesurons le péché à notre faiblesse, il devient pardonnable, si au contraire à la grandeur de Dieu, il est irrémissible : mais Jésus s'est fait homme et la faiblesse humaine et la grandeur divine sont mystérieusement conciliées.