LE DÉMON
Le démon n’existe pas. Il y a des gens qui s’imaginent avoir fait un pacte avec lui, pacte parfois signé de leur sang. En ce cas, le résultat dépend en grande partie, de la catégorie à laquelle appartient l’entité qui a voulu, dans cette occasion, personnifier le démon. Nombreuses sont les créatures de toutes sortes qui se réjouissent à l’idée de jouer un tour semblable aux dépens de l’homme ; mais aucune entité de quelque nature qu’elle soit ne peut être d’aucune utilité possible à 1’ « âme » d’un homme — ni 1’ « âme » d’une personne assez stupide pour faire un tel contrat, être d’une utilité quelconque, soit à elle-même, soit à quelqu’un d’autre. Toutes ces suppositions absurdes sont infirmées par le fait que l’homme est l’Ego et ne peut, par conséquent, se vendre lui-même ; il n’y a, d’ailleurs aucun acheteur pour ces sortes de marchés; tout cela n’est donc qu’un amas de stupidités.
11 y a beaucoup d’entités qui peuvent être désireuses et capables de ménager trente années de prospérité matérielle aune personne ; mais, en général, c’est dans le but d’obtenir en retour quelque avantage matériel tels que sacrifices d’enfants en bas-âge, chèvres ou volailles. L’Ego n’a aucune part dans ces pactes ni dans les cas
individuels, ni dans le culte des fétiches en général. Ces entités ne peuvent prendre possession de l’Égo humain, et, le pourraient-elles, qu’elles ne sauraient s’en servir. Un corps humain leur est parfois commode ; pour qu’il leur soit permis de l’obséder, elles proposent un arrangement quelconque. Un contrat de cette nature donne à l’entité une emprise très grande sur l’homme qui a consenti, mais dès que celui-ci s’est rendu compte de la folie de son action, la meilleure chose qui lui reste à faire est de résister de toutes ses forces à cette obsession. Les cérémonies enfantines, telle qu’une signature donnée avec son sang n’ont naturellement aucune portée.
Il n’y a pas d’hiérarchie dans la voie du mal. Certes, il y a des magiciens noirs, mais ceux-ci ne sont le plus souvent que des entités isolées. Le magicien noir travaille pour lui-même, comme entité solitaire et pour arriver à ses fins. Une hiérarchie ne peut exister entre gens qui se méfient les uns des autres. Il n’en est pas de même , dans la Fraternité Blanche où chacun des membres a pour les autres la plus grande confiance ; mais on ne peut se fier aux magiciens noirs, leur intérêt n’étant basé que sur l’égoïsme.
Il faut cependant veiller à ce que l’on entend par : rnaL Le principe du mal est souvent personnifié, mais c’est seulement parce que les formes anciennes ont été brisées pour être employées, comme matériaux, dans la construction de formes nouvelles et supérieures. Ici, dans rinde, nous avons Shiva, le Destructeur, mais personne n’aurait l’idée de lui appliquer une idée de mal, car il est une des plus hautes manifestations de la Divinité. Le principe de la destruction des formes est nécessaire pour assurer le progrès. 11 existe un Grand Être dont une partie des fonctions consiste à présider aux grands cataclysmes
LE DÉMOX
qui surviennent mais, en cela, il travaille pour le bien du monde, et ces événements ne doivent pas être considérés comme mauvais. L’idée de l’ange Lucifer qui se révolta et fut chassé du ciel, repose principalement sur le « Paradis perdu » de Milton. La conception donnée dans le livre de Job sur le même sujet n’est pas du tout la même. Dans ce récit, le démon est un personnage tout différent du sombre héros de Milton. Les Bouddhistes ont — Mara — qui personnifie le Karma du passé s’appesantissant tout d’un coup sur 1 homme et sous des formes multiples ; car au moment d’atteindre l’illumination, il se produit un épuisement instantané du Karma.
La théorie d’après laquelle toutes choses matérielles, toutes limitations sont mauvaises est une erreur. Si, par mal vous entendez ce que ce mot comporte habituellement, et non quelque autre notion entièrement différente ou d’une nature abstraite, la matière ne peut être alors considérée comme mauvaise, car l’Esprit et la matière sont équivalents. La matière n’est pas en opposition avec l’Esprit. La matière ne nous semble embarrassante qu’à cause des corps que nous devons utiliser ; mais nous sommes ici pour apprendre ce que, seule, la vie physique peut nous offrir. Les expériences du plan physique développent, donnent à notre conscience et à nos facultés, un caractère déterminé et une puissance que nous ne pourrions jamais acquérir sur n’importe quel plan, à moins d’avoir séjourné le temps nécessaire ici-bas. Mais, pourquoi se préoccupe-t-on autant du mal ? Il y a assez de bien dans le monde, et il est mieux d’y penser, car la pensée vous identifie avec ce à quoi vous pensez. Porter trop souvent sa pensée vers les magiciens noirs et parler d’eux, attire inévitablement leur attention et les résultats qui en découlent sont souvent extrêmement fâcheux.