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L HINDOUISME

comme avec les sentiments qui l'animaient. Puis, au moment où il prononçait le mot Bhur », la salle s’emplissait, aux yeux des assistants, d’une lumière semblable à celle du jour qui leur permettait alors de percevoir tous les objets environnants ; quand, après un court intervalle, venait le second mot, ils jouissaient de la vue astrale pour un instant ; enfin, à l’émission du troisième mot, ils jouissaient de la clairvoyance sur le plan mental ; sur eux descendaient alors la félicité et les forces du plan supérieur, et cet état persistait tout le temps que durait la récitation des versets qui suivaient les invocations.

Ces effets, naturellement, n’étaient que momentanés ; quand la cérémonie était terminée la conscience de ceux qui y avaient pris part revenait sur le plan inférieur, mais ils n’en avaient pas moins fait une expérience prodigieuse qui permettait ensuite à leur conscience supérieure de s’éveiller plus rapidement et plus complètement en d’autres occasions, Mais rien de semblable ne peut se voir nulle part au temps présent. Aujourd’hui, le prêtre dispose son combustible en adressant une invocation solennelle à Agni, et y met le feu avec une allumette ! Dans l’antiquité, le déva personnifié par Agni, apparaissait réellement et le feu descendait du ciel, pour employer une vieille expression. Mais tout cela a été oublié et l’écorce extérieure semble seule rester.

Les pélérinages cachent une idée absolument rationnelle et scientifique. De vastes autels sont généralement élevés aux endroits où a vécu un saint, où quelque grand événement est survenu, telle qu’une initation ou bien encore où se trouvent des reliques de grand personnages connus. Dans l’un ou l’autre de ces cas, un centre puissant de forces magnétiques a été créé, centre qui peut subsister des milliers d’années. Toute personne sensitive

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qui s’approche d’un semblable lieu peut sentir cette influence dont les effets ne peuvent qu’être salutaires, surtout où se produisent de fortes vibrations d’un degré supérieur à celui que peut atteindre l’humanité ordinaire, il s’ensuit que tout homme qui se soumet à leur influence voit son propre mode vibratoire se mettre au diapason de celui de l’ambiance.

Le pèlerin se baigne dans le magnétisme du lieu parfois pendant plusieurs jours successifs, et il ne peut qu’en retirer du bien : mais ces effets diffèrent avec le degré de réceptivité de chacun. Un pèlerinage de ce genre se fait à l’arbre de Bodhi à Bouddhagaya, l’endroit même où le Seigneur Gautama parvint à la dignité de Bouddha. L’endroit est bien le même, mais l’arbre n’est plus celui qui existait alors. Celui-ci tomba vers le Moyen Age et celui qui le remplace n’en est qu’un rejeton. Malgré tout, le magnétisme prodigieux qui s’en dégage subsiste et subsistera encore pendant de longs siècles à venir.

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