LA SUPPRESSION DU DÉSIR
On nous dit souvent qu’il faut tuer le désir ; mais il faut se rappeler que c’est là un processus graduel. Les désirs les plus bas et les plus grossiers, indiqués en sanscrit par le mot Kal^na, doivent être certainement détruits avant qu’aucun progrès puisse être fait ; mais, si nous prenons le sens ordinaire de ce mot, tous nous avons encore certains désirs que nous garderons sans doute encore bien longtemps. Par exemple^ nous désirons ardemment servir le Maître, devenir ses disciples, aider l’humanité. Ces aspirations sont aussi des désirs, mais des désirs qui ne demandent'pas à être détruits. Ce qu’il est nécessaire de faire, c’est de tuer les désirs d'une nature inférieure pour acquérir ceux qui sont d’une nature supérieure, c’est-à-dire purifier les désirs et les transmuer en aspirations.
Plus tard, une autre transmutation s’effectuera. Ainsi, nous désirons maintenant faire des progrès ; mais un temps viendra où nous serons si sûrs de progresser que ce désir ne se fera plus sentir, parce que nous saurons que nous progressons sans cesse aussi rapidement que la chose est possible pour nous, et parce que nous aurons la ferme intention que cela continue ainsi. Le désir