L’ESPRIT TRIPLE
Les Monades sont évidemment toutes des centres de force dans le Logos, et cependant chaque monade possède en propre une individualité bien distincte- Dans Phomme ordinaire, la monade n’a qu’un faible contact avec l’Ego et la personnalité inférieure, qui sont cependant, dans un certain sens, des expressions d’elle-même. Elle connaît dès le commencement le but de son évolution et en s^»isit la direction générale ; mais jusqu’à ce que cette partie d’elle-même, qui s’exprime dans l’Ego, ait atteint un stade assez élevé, elle a à peine conscience des détails de la vie d’ici-bas, ou, en tout cas, y prend peu d’intérêt. Il semble, qu’à ce stade, elle ne connaisse pas les autres monades, mais se tienne dans un état de béatitude indescriptible, inconsciente de tout ce qui l’entoure. Cependant, à mesure que l’évolution avance, elle finit par mieux comprendre les choses du plan inférieur et finalement les prend entièrement sous sa direction. A ce stade, elle arrive à se connaître et à connaître les autres, et sa voix en nous devient pour nous la Voix du Silence. Cette voix change avec les différents stades. Pour nous, maintenant, dans la conscience inférieure, c’est la voix de l’Ego ; quand nous nous identifions avec l’Ego, c’est la voix de l’esprit ; quand
l’esprit triple
nous atteignons l’esprit, c’est la voix de la monade, et quand, dans un avenir très éloigné, nous nous identifierons complètement avec la monade, ce sera alors la voix du Logos ; mais dans chaque cas, nous devons subjuger l’inférieur et nous élever au-dessus de lui, avant que la voix du supérieur puisse se faire entendre.
Cette monade réside, d’une façon permanente, sur le second de nos plans, et quand elle descend sur le troisième, le plan du Xirvâna, elle se manifeste comme esprit triple, et ce triple esprit est une réflexion ou (plus véritablement) une expression du Logos tel qu’ïl se manifeste dans notre série de plans. Sa première manifestation sur notre plan le plus élevé est triple aussi. Dans le premier de ces trois aspects, Il ne se manifeste sur aucun plan inférieur au plan le plus élevé ; mais dans le second, 11 descend sur le second plan et s’enrobe de la matière de ce plan, réalisant ainsi une expression de Lui-méme tout à fait séparée. Sous le troisième aspect, Il descend sur la partie la plus élevée du troisième plan, et s’enrobe de la matière de ce plan, effectuant ainsi une troisième manifestation. C’est ce qui constitue « les trois personnes en un seul Dieu » que le Christianisme enseigne en nous disant, dans le Credo d’Athanase, que nous devons adorer « Un seul Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l’Unité, sans confondre les personnes ni diviser leur substance », c’est-àdire sans jamais confondre dans notre esprit le travail et la fonction de ces trois manifestations distinctes sur leurs plans respectifs, et sans jamais perdre de vue l’éternelle unité de « substance » qui est au fond de toutes les manifestations, comme elle l’est sur le plan le plus élevé, au niveau où les trois manifestations n’en font qu’une.
Or, ce processus se répète exactement pour l’homme qui est, en réalité, fait à l’image de Dieu. L’esprit est
triple sur le troisième plan, et la première de ses trois manifestations ne descend pas au-dessous de ce plan. La seconde manifestation descend d’un degré, sur le quatrième plan et s’enrobe de la matière de ce plan, et alors nous l’appelons bouddhi. Comme auparavant, le troisième aspect descend de deux plans et s’enrobe de la matière du niveau le plus élevé du plan mental, et nous l’appelons marias; et c’est cette trinité atma-bouddfiimanas se manifestant dans le corps causal, que nous appelons l’Ego.
N’oubliez jamais que l’Ego n’est pas le manas seulement, mais la triade spirituelle ; à nptre degré actuel de révolution, il repose dans son corps causal sur les niveaux supérieurs du plan mental ; mais quand il s’élève, sa conscience se centre sur le plan bouddhique, et ensuite quand il arrive à l’adeptat elle se centre sur le plan nirvânique. Mais il ne faut pas supposer que, lorsque ce développement supérieur s’est effectué, le manas soit perdu. Quand l’Ego s’élève au plan bouddhique, il entraîne avec lui le manas qui a existé de tout temps sur le plan bouddhique mais qui n’a pas été jusqu’ici complètement vivifié. De la même façon quand il s’élève sur le plan nirvânique, le manas et le bouddhi subsistent en lui aussi complètement que jamais, si bien qu’alors le triple esprit est en manifestation totale sur son propre plan et sous ses trois aspects. En conséquence, l’esprit est véritablement septuple, puisqu’il est triple sur son propre plan, double sur le plan bouddhique, et unique sur le plan mental; et l’unité qui est sa synthèse fait sept. Quand il se retire sur un plan supérieur, il garde le ^ caractère bien net qu’il avait sur le plan inférieur.
C’est probablement ce que voulait dire M®® Blavatsky quand elle parlait de l'œuf aurique, mais elle entourait
l’esprit triple
cette idée d’un grand mystère, et nous pouvons présumer qu’elle était tenue par un serment de ne pas s étendre explicitement sur ce sujet. Elle n’a jamais expliqué nettement le triple esprit, mais a essayé d’en suggérer l’idée sans l’expliquer clairement, car elle insiste beaucoup sur le fait que, de même que le plan astral peut être considéré comme une réflexion du plan bouddhique, de même le plan physique peut être considéré comme la réflexion du plan nirvânique, et, en outre, elle insiste sur le fait qu’il y a sur le plan physique trois corps ou véhicules de l’homme — s’écartant probablement de sa théorie pour mettre le tout d’accord, et divisant, dans ce but, le corps physique de l’homme en deux parties, le corps dense et le corps éthérique, auxquels elle ajoute comme troisième principe la vitalité qui circule à travers ces deux corps. Or, comme cette vitalité existe sur tous les plans et peut tout aussi bien être ajoutée comme principe supplémentaire sur les plans astral et mental que sur le plan physique, on peut supposer qu’elle a eu une raison pour parler de cet arrangement particulier, et cette raison peut sans doute être trouvée dans son désir d’indiquer le triple esprit sans le mentionner positivement. Je crois que notre Présidente dit que, lorsque M“” Blavatsky parle de l’œuf aurique sacré, elle veut désigner les quatre atomes permanents dans une enveloppe faite de la matière du plan nirvânique.
la conscience bouddhique
Un homme égoïste ne pourrait fonctionner sur le plan bouddhique, car l’essence même de ce plan est la sympathie et la compréhension parfaite qui exclut l’égoïsme. Un homme ne peut se construire un corps bouddhique que lorsqu’il a conquis les plans inférieurs. 11 y a des rapports très étroits entre l’astral et le plan bouddhique, le premier étant en quelque sorte une réflexion du second, mais il ne faut pas en conclure qu’un homme puisse élever sa conscience du plan astral au plan bouddhique sans avoir développé les véhicules intermédiaires.
11 est certain que sur les niveaux supérieurs du plan bouddhique, l’homme devient un avec les autres, mais nous ne pouvons pas croire pour cela qu’il éprouve les mêmes sentiments envers tous. Il n’y a aucune raison de croire que nous éprouverons jamais les mêmes sentiments envers tous ; pourquoi en serait-il ainsi? Le seigneur Bouddha avait bien son disciple favori, Ananda ; le Christ distinguait Jean son disciple bien-aimé des autres. Ce qui est vrai c est que nous arriverons à aimer tous les hommes autant que ceux qui, maintenant, nous sont les plus proches et les plus chers ; mais à ce moment, nous aurons développé pour ces derniers un amour dont
LA CO>'SGIE?îGE BOUDDHIQUE
nous ne pouvons actuellement nous faire la moindre idée. La conscience bouddhique embrassant un grand nombre de consciences, on peut entrer dans celle d’un autre homme et penser identiquement comme lui, en le considérant de l’intérieur et non pas de l’extérieur. En ce cas, on ne cherche pas à s’écarter même du méchant, car on le reconnaît comme partie de soi-même — une partie plus faible. On cherche à l’aider en déversant de la force dans cette partie plus faible. C’est cette attitude qui est exigée de nous, nous devons travailler dans ce sens et ne pas nous contenter d’en parler et d’y penser vaguement ; or cela n’est pas chose facile à acquérir.