‹ L'occultisme et l'amourChapitre 22 sur 87 · El Ktab, append. 11, p · texte numérisé non relu

El Ktab, append. 11, p

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LES RELIGIONS ET L AMOUR d7

l'organe viril du mâle. En frappant d'anatlième la nature dans ses manifestations normales, cette église, dont nous avons tiré la civilisation chrétienne, n'a fait que transformer et étendre ce que nous appelons la prostitution. Elle a rendu illégal ce qui est légal, et parsemé de temples dédiés à la Vénus mercenaire les pays où elle a dominé sans contrainte, avec une autorité absolue.

« Sous ces foudres, dit encore P. de Régla, les cérémonies naturelles des anciens se sont réfugiées dans Tombro des lupanars modernes; ce qui était naturel, et ce qui était un acte absolument humain, s'est transformé en un vice honteux, donnant naissance à toutes les pratiques coupables qui constituent la prostitution proprement dite.

« En quittant le grand jour, le culte du Phallus a. perdu son éclat sj'mbolique pour devenir la lampe huileuse et nauséabonde qui éclaire les turpitudes humaines. La belle Vénus des anciens est devenue la petite madone que Ton trouve encore à la tête des couches ithyphalliques des prostituées de l'Italie méridionale et de TEspagne.

« Ce n'est plus à Vénus ou à Priape que les déesses faciles demandent hx prospérité, les plaisirs et la fortune, c'est à la reine moderne des cieux, à la reine chrétienne, à la vierge Marie. »

- Sans parler du culte du saint Prépuce qui continue les Phallophories païennes, il n'est pas douteux, pour qui connaît la connexion intime qui existe entre le sentiment religieux et le sentiment erotique, que cette passion si éthérée pour la vierge de quelques

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jeunes prêtres et même de graves théologiens ne représente une effusion spéciale de Térotomanie et que ce ne soit Tamour ardent de la femme qui ait dicté les écrits de ces célibataires. Ils rappellent l'Eve nouvelle, la Porte auguste de la grâce, par laquelle le Sauveur est entré une première fois et par laquelle il entrera de nouveau au dernier jour. Elle est la Bienheureuse, la Reine du ciel célébrée par les neuf chœurs des anges, Li mère de la belle dilection, le Trésor du Seigneur. Elle est encore une fontaine, un vase d'élection que le Saint-Esprit a scellé, un sanctuaire oii la Très-Sainte Trinité se repose, la cité de Dieu, le Trône de Dieu, le Temple de Dieu, le monde de Dieu. Ils la comparent à un paradis terrestre fait de terre vierge, avec des parterres de fleurs vertueuses, des prairies vertes d'espérance, des tours imprenables de force, des maisons charmantes de confiance. « Cette venue de la femme dans le ciel jaloux et cruel de Tancien Testament, cette figure de blancheur, mise au pied de la Trinité redoutable, est pour eux la grâce même de la religion, ce qui les console de l'épouvante de la foi, leur refuge d'hommes perdus au milieu des mj^stères du dogme ^ » . Un certain chevalier de Gademberg, ancien élève de Polytecimique, a raconté, dans un livre intitulé Le monde spirituel et la science chrétienne^ ses rapports avec un incube aj^ant pris la figure de la Vierge. C'est un des rares documents qui existent sur ce genre de fohe érotico-mjstique.

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