‹ L'occultisme et l'amourChapitre 6 sur 87 · Virgile, les Géologiques, \. Il, v · texte numérisé non relu

Virgile, les Géologiques, \. Il, v

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que la vierge n'abusait de sa grâce. Nulle coquetterie malsaine, nulles tentatives de domination. Aimer et le dire et le montrer semble être la loi des chastes amours védiques. »

Dans le Rig-Véda, Syavaswa invoque la nuit pour qu'elle porte des hommages à la belle Darbha et à son père : (< La lune est Fastre des amants ; sous ses blancs rayons naît la douce rêverie, exclusive des ardeurs animales, des avilissantes amours. Pour TArya, le bien suprême, c'est le baiser doucement posé sur la joue timide, l'amante aj^ant l'attitude de l'amie qui parle doucement à l'oreille de son bien- aimé. »

Dans rinde, l'amour a pour Dieu et pour symbole Kâmadêva, qui est sorti tout armé du cœur enflammé de Brahma, comme Minerve de la cuisse de Jupiter. « L'arc de Kâmadêva est fait de fleurs avec une corde formée d'abeilles, et ses cinq flèches ont pour pointe une fleur qui est supposée présider à un sens. Kâmadêva est le seigneur des Apsaras ou nymphes célestes : il a plusieurs noms : on l'appelle le dieu du désir, l'agitateur de l'esprit; celui qui rend fou, celui qui enflamme, le destructeur du calme de la dévotion, celui qui n'a pas de corps (Ananga). » Doué d'une éternelle jeunesse et d'une incomparable beauté, il exerce son empire sur les dieux et les hommes. Krishna, dont les exploits erotiques et autres sont chantés dans le Prem- Sagcu\ est aussi le dieu de l'amour des Hindous. Mais Siva est le dieu de l'Inde qui a le plus de sanctuaires et le lingham en est le symbole le plus

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répandu. On le trouve à profusion au Cambodge où, tous les ans, à la fête du renouveau, on promène dans les rues, en procession, un immense lingliam creul dans lequel se tient un jeune garçon qui en forme la tête épanouie. Les j^oguis portent le lingham pendu au col et ils lui offrent assidûment les prémices de tous leurs repas. L'organe viril était considéré chez tous les peuples de Tantiquité comme le sym- ))ole de la fécondation universelle. Son culte est devenu un des n\ytlies populaires de Tlnde. Sur la montagne d'or Kailasa, disent les légendes, habite le dieu Siva ; là est une plate-forme sur laquelle se trouve une table carrée enrichie de neuf pierres précieuses et au milieu le lotus, portant sur son sein le triangle, origine et source de toutes choses. De ce triangle sort le lingham. Dieu éternel qui en fait son éternelle demeure.

Aujourd'hui encore, après trente siècles peut-être, et malgré le puritanisme de l'Angleterre, les Hindous adorent ces svmboles géométriques du lingham et de Tj^oni. On rencontre le hngham partout, sur les routes, les carrefours et les places publiques, dans les champs. Les cérémonies religieuses sont toujours empreintes du même érotisme.

Transportez-vous un instant avec nous par la pensée à Bénarès, la cité sainte des Hindous. Le soleil se lève. C'est l'heure des ablutions. Or nulle onde n'est plus sainte et plus purificatrice que celle du Gange. Des ghats ou escahers, hommes, femmes et enfants descendent vers le fleuve et se plongent dans les eaux saintes qui lavent de toute souillure.

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Avec \m vase de enivre luisant, ils se versent de Teau sur la tête et la poitrine. Les femmes égrènent dans le lleuve des guirlandes d'œillets dinde et de jasmins. Le Gange semble rouler des fleurs. Des fakirs, immobiles comme des statues, les bras étendus vers le soleil levant, sont abîmés dans une contemplation muette. Du haut des plateformes, les brahmines montrent à ^la foule les lingliams sacrés. Au-dessus du fleuve, les palais découpent leurs arceaux croulants dans le ciel bleu, les temples dressent leurs pyramides de pierre ciselée où s^entassent les images des dieux, des animaux symboliques et sacrés. C'est une profusion de sculptures, une floraison monstrueuse de la pierre. Sous les porches, d'énormes taureaux de pierre sont accroupis ; puis Timage, à tout instant répétée, de Ganesha, le dieu de la sagesse, le dieu à tète d'éléphant.

Les ablutions sont terminées ; la musique résonne dans les temples ; la foule se* presse dans leurs parvis. Les statues des dieux sont couronnées de fleurs. Mais les hommages vont surtout aux linghams, que les femmes couronnent de roses d'Inde, arrosent de beurre fondu. Ils se dressent autour des temples, au carrefour de chaque rue. Des fakirs circulent, entièrement nus, le corps barbouillé de bouse de vache. D'autres sont accroupis dans une attitude morne, qui ressemble à la mort, nus comme les premiers, vêtus simplement de bouse de vache.

Autour des temples, on promène sur des palanquins les images de Siva, Siva le Yerbeet la Force,

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LES RELIGIONS ET l' AMOUR 3t

le dieu dont les formes sont indécises, homme et femme à la fois, tenant d'une main le liugham et de lautre un phallus d'or. Les prêtres, vêtus de blanc, portent avec vénération des emblèmes phah ques devant lesquels se prosterne le peuple. En avant, au milieu des musiciens, marchent lesbayadëres, jambes et bras nus, les chevilles cerclées de bracelets d argent, les doigts et les orteils chargées de bagues, un anneau d'or dans l'aile droite du nez. Elles agitent des écharpes de soie et font vibrer en marchant d'un mouvement rj'thmique des hanches les grelots d'argent attachés aux franges de leurs jupes. Dans le temple, un brahme au crâne dénudé est accroupi à terre. « Je suis Brahmaî dit-il. Je suis l'univers. » Au rythme lent des violes et des tam-tams, les bayadères évoluent, se cambrent en contorsionssacrées. Pendant ce temps, les brahmes ont fait apporter les phallus sacrés, en argent massif, ornés de pierreries. Les fidèles les baisent avec recueillement, les arrosent avec l'eau du Gange. Les femmes, avec des contorsions d'hystériques, étreignent le monstrueux symbole, le baisent avec frénésie, puis le couronnent de fleurs. Dans la foule circulent les vaches consacrées, aux cornes dorées. Puis le brahme se lève et dit : « Nous venons nous laver de la souillure du péché ! Faites-nous féconds et prospères ! » Et, touchant son nombril et son organe créateur, il ajoute : « Là habitent le feu, le soleil et la lune. » Puis il raconte aux assistants qui se barbouillent de bouse de vache, l'histoire merveilleuse de Krishna qui, à quinze ans, avait séduit toutes les-

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yachëres du royaume ; il dit les vertus de Siva, sjaiibole de la nature qui, sans cesse, crée et détruit.

A propos des cérémonies erotiques de Tlnde, M. E. Lamairesse ^ décrit les a Rites de la main gauche » qui « unissent les deux sexes en supprimant toute division de caste. Dans des réunions qui ne sont point publiques, les affiliés, gorgés de viandes et de spiritueux, adorent la sakti sons la forme d\me; femme, le plus souvent celle de Tun d'eux ; elle est placée tonte nue sur une sorte de piédestal et un initié consomme le sacrifice par Tacte charnel. La cérémonie se termine par l'accouplement général de tous, chaque couple représentant Si va et sa sakti et devenant identique avec eux. C'est absorbé dans la pensée de la diviuité et sans chercher la satisfaction des sens que le fidèle doit accomplir ces actes. Les catéchismes qui enseignent ces pratiques sont remplis de hautes théories morales et même d'ascétisme, mais, en réalité, les membres de ces réunions ne sont que des libertins hypocrites. »

Le bouddhisme chinois a conservé en grande partie les symboles amoureux du bouddhisme hindou. Il procède du système Mahâj^ana; il croit au paradis, lac de lotus en fleurs oii revivent les sages et il le nomme ngyan lo « plaisir », kijo lo « empire du plaisir », tsing-tii (^ glorieux pays ».

d. Kama-Soutra. — Introduction.

Zoroastrc recommande de sanctifier l'acte charnel par la prière. S'il punit de mort Tirifanticide et le concubinage, il n'édicte rien contre les femmes « publiquement amoureuses, gaies et contentes, qui se tiennent par les chemins et se nourrissent au hasard de ce qu'on leur donne. »

Du reste, les aspirations morales du Mazdéen, sa conception de la vie, du devoir et de la destinée humaine sont exprimées dans la prière suivante que nous empruntons à M. Lamairesse : « Je vous demanderai, ô Ozmuzd, les plaisirs, la pureté, la sainteté. Accordez-moi une vie longue et bien remplie. Donnez aux hommes des plaisirs purs et sains, qu'ils soient toujom's engendrant, toujours dans les plaisirs ^ »

L'amour physiologique tenait aussi une place considérable dans les conceptions religieuses des premiers Chaldéens. Nabuchodonosor s'adressant au Dieu Merodoch lui demande une série de bienfaits

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