Recherches sur le culte de Vénus, 3" mémoire
Hosted by
dans la partie supérieure entre le soleil et le croissant de la lune. A gauche, au-dessous du croissant et à côte d'une légende en caractères du genre phénicien, se trouvait l'image du ctéis et plus bas une tête de taureau et une tête de vache se regardant Tune l'autre, placées Tune sous Timage du soleil, l'autre sous le ctéis du croissant. »
C'est également au règne minéral que les tribus bohémiennes empruntent les éléments nécessaires à la confection d'un célèbre talisman d'amour.
Ce talisman se compose de minéraux maies et femelles alternant l'un et l'autre et svmpathisant entre eux de façon à créer un irrésistible courant, magnétique, en somme une vraie pile électrique.
Yoici, d'ailleurs en quels termes M. Christian fils s'exprime sur ce joyau bizarre dans une interview qui lui fut prise au cours de l'enquête sur la magie publiée dans la Cocarde par M. Austin de Croze.
Sortant d'un tiroir des fragments de métal et de pierre, M. Christian fils les désigne à son interlocuteur :
— « Tenez, dit-il, ceci fut un de ces bijoux maudits, lia son histoire et je vous en garantis sur mon honneur toute l'authenticité. Un mien ami l'avait rapporté d'Espagne, sans y attacher la moindre importance.
((Quinze ou seize ans après, alors que son âge eût dû le rendre plus réservé, il s'éprit follement d'une personne avec -laquelle, — pour toutes sortes de raisons — tout rcipprochement était impossible.
(( C'est alors que, cédant à l'afifolement, il voulut
Hosted by
l'art talismanique en aiviour 181
éprouver la vertu du talisman. Il plaça le bijou sur son cœur (c'est là seulement (|ue sa puissance est effective) et dès la première rencontre Teffet fut presque immédiat.
« La seule présence du talisman suffisait pour éta- ])lir un courant de suggestivité douce, parfois suivie d'une écrasante torpeur. Honnête, mon ami sut trouver assez de force pour arrêter à son prologue ce mystérieux et diabolique roman; et j'étais là quand, faisant preuve de courage, il prit un marteau et brisa ce bijou ensorcelé que vous tenez en vos mains.
« Une particularité : cette pierre, ce charme, appelé par les gitanes « el embra » affecte la forme d'une petite main fermée ; or à la voûte d'entrée de TAlhambra de Grenade, — voyez le rapprochement étymologique, — palais construit selon les rites magiques, se trouve suspendue une main fermée et à terre, juste au dessous, une clef. »
Passons maintenant aux talismans végétaux.
Une couronne de verveine est, paraît-il, un charme merveilleux dans rameur. « Si quelqu'un la porte sur soi, dit le Grand Albert, il sera fort vigoureux dans le coït, pourvu qu'il n'ait rien autre que cette herbe. »
Mais si la verveine est excellente, rien ne vaut la mandragore.
Mandragore charmée, Fais que je sois aimée.
La mandragore est mie solanée, proche parente delà belladone, dont les racines affectent la forme d\ine figure humaine soudée par un buste minuscule à des jambes plus ou moins baroques. On attribuait toutes sortes d'avantages à la possession de cette plante que le vulgaire croyait douée de propriétés mj^stérieuses.
La mandragore bonle versa le moyen âge. Le& kabbalistes les plus remarquables s'occupèrent de sa nature. Elle souleva d'ardentes polémiques. Pour les uns ce fut une simple racine comme celle que nous venons dlndiquer. Pour les autres, c'était un petit farfadet on lutiîi qui se mettait à votre disi)Osition, un génie familier que Ton pouvait se procurer il l'aide de pratiques magiques.
Le Petit Albert nous a conservé la formule d'Avicenne pour la confection d'une sorte de mandragore :
« Prendre un gros œuf de poule noire, le percer^ en faire sortir la grossenr d'une fève de Ijlanc et, Lavant rempli de semence humaine, en boucher le pertuis bien subtilement en y coulant un petit morceau de parchemin humecté; puis le mettre couver au premier jour de la lune de mars dans une heureuse constellation de Mercure et de Jupiter et^
Hosted by
l'art TALISMANIQUE EN AMOUR 183^
•dU bout (lu temps convenable, Tœuf venant à eclore, il en sort un petit monstre, on le nourrit dans une^ chambre secrète avec de la graine d'aspic et desvers de terre. S'il vient à mourir, on le met dans un bocal de verre avec du bon esprit-de-vin bienbonclié. »
Mais c'est lii nn monstre exceptionnel et la véritable mandragore était la plante dont nous avonsparlé plus haut.
Les plus grandes -précautions étaient requises pour s'en emparer ; peudemonde se sonciait de Tarracher soi-même, car elle faisait entendre alors de tels cris et de tels gémissements que les plus audacieux s'enfuyaient, terrifiés.
Pour tourner cette difficulté on dressait des chiena à déterrer les précieuses racines, et, afin qu'ils nt^ fussent pas impressionnés par les plaintes déchirantesde la mandragore, on leur encapuchonnait avec soin les oreilles. Un croquis à la main datant du xv" siècle et conservé au musée de Nuremberg a pour sujet un chien déterrant une mandragore ; seulement, au lieu d'avoir bouché les oreilles du chien, son maître sonne du cor comme dans nue chasse, tant afin d'exciter ranimai que pour étouffer les cris de la malheureuse plante. Suivant les rites coutumiers, il fallait, — grave précaution que nous allions presque oublier, — que le chien fût noir, couleur chère aux sorciers.
Suivant certains auteurs, il semble qu'en confiant aux chiens la corvée d'arracher les mandragores l'homme n'avait pas seulement pour but d'éviter l'apitoiement ou la terreur que pourraient M causer les plaintes quasi-hnmaines de la racine inestimable.
Hosted by
D'Herbelot, dans sa Bihliotlièque Orioilale^ assure (.raprës les mages Persans, entre autres Listhfallalial-Halimi, qu'il y a péril à" couper ou arracher r (( abrousanani » (nom arabe de la mandragore), et que le meilleur système à emploj'er est d'attacher à la plante un chien que Ton frappe à^ coups redoublés et qui accomplit la dangereuse besogne sans autre risque que pour lui-même.
Les propriétés réelles de la mandragore , c'est-à-dire ses propriétés stupéfiantes et narcotiques, suffisaient à la rendre précieuse aux anciens maîtres mires qui les connaissaient parfaitement et qui en faisaient uue certaine consommation, l'utilisant comme anesthésique .
Mais ce côté thérapeutique importait peu aux sorciers qui préféraient infiniment l'utiliser comme tahsman universel aussi utile pour faire la guerre où il préservait de mort et de l^lessure, que pour faire l'amour où il vous rendait également invincible.
Théophraste, dans son Histoire des PlcuUes.VciCOiiVd en ces termes la récolte de la mandragore :
« Ils tracent autour d'elle trois cercles avec une épée et la coupent en regardant vers l'Occident. Ils dansent en cercle autour de la racine, en tenant des prol:)OS relatifs surtout aux plaisirs de Vénus. »
Les anciens avaient appelé cette herbe Circé en souvenir de la célèbre magicienne ei parce qu'ils crurent longtemps que c'était par son pouvoir qu'elle avait changé en pourceaux les imprudents compagnons d'Ul3\sse.
Plusieurs commentateurs de la Bible ont affirmé
Hosted by