‹ L'occultisme et l'amourChapitre 74 sur 87 · MOYEN AGE · texte numérisé non relu

MOYEN AGE

MOUEHNE

Silence

Renoncule Tubéreuse

Pavol blanc

0]-tif-

Pensée

Jasmin cFEspa ""'■'

Pensée VioleUe

Fleur (le genêt Oiiie

i^losc blanche

Myosotis

cl pervenche

Belle (le nuit

Ciguë

Scabieuse

Tubéreuse

Ivraie Lavande

Soldai

Supérieiu-

Souvenir

Temps perdu . . .

TourmenJs d'amour

Trahison

Veuf ou veuve , .

Vislie

Vof/af/e

Volupté

Vice

Pied (Ta loue! le

Vei-lu

Outre leur langage proprement dit, les fleurs ont la propriété de donner aux amoureux une précieuse indication pour fixer le moment si désiré des rendez-vous : c'est riieure à laquelle elles s'ouvrent régulièrement.

Voici comment se comporte cette « Horloge de Flore », comme Tappelle Tauteur de la Phf/sioiogie (le Vamour^ auquel nous empruntons cette énumération :

1 heure du matin : le laiteron de Laponie ;

2 — le salsifis jaune ;

3 — la grande pi cri die ;

4 — le liseron des haies ;

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5 heures du matin: la crépide des toits;

6 — la scorsonère ;

7 — le nénuphar ;

8 — le mouron rouge ;

{) — le souci des champs ;

10 — la ficoïde napolitaine ;

\[ — l'ornithogale ;

Midi : la ficoïde glaciale ;

1 heure du soir : l'œillet prolifère ;

2 — la crépide rouge ;

3 — le pissenlit taraxacoïde ;

4 — Talysse alistoïde ;

5 — la belle de nuit;

6 — le géranium triste ;

7 — Th é m éro cale safran ée ;

8 — le liseron droit ;

9 — le nyctanlhe de Malabar; dO — le liseron à Heurs pourpres ; il — le silène noctifère ; Minuit: le cactus à grandes fleurs.

Mais, comme tous les fabricants d'horloges de flore ne sont pas d'accord et donnent des listes forcément incomplètes, nous croyons devoir 3^ ajouter les renseignements complémentaires suivants, puisés à une autre source et tout aussi utiles :

Le liseron des haies est matinal : il ouvre son calice à trois heures du matin;

La matricaire odorante à quatre heures ;

Le pavot à cinq heures ;

Le liseron grimpant, bleu ou rose, à six heures ;

Les laitrons à sept heures ;

Les nénuphars, à sept heures aussi, s'ouvrent sur les eaux dormantes ;

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Le miroir de Vénus à huit heures ;

La nolade à neuf heures ;

Le souci à dix heures ;

Le pourpier à onze heures, comme le trigiha.

appelé pour cela (< Dame de onze heures >) ;

Les ficoïdes à midi;

Le silène à cinq heures du soir ;

La belle de nuit à six heures;

Le cierge à grandes fleurs à sept heures ;

Le liseron pourpre à dix heures du soir ;

Les lins aux fleurs d'azur et les cistes, épanouis à six heures du matin, se ferment vers midi;

Le trigilia s'endort à minuit ;

L'ombelle s'ouAa^e à onze heures du matin pour se fermer à trois heures du soir ;

Leficoïde, qui est superbe à sept heures du soir, est refermé à six heures du matin.

Dans l'antiquité, certaines plantes et certaines fleurs étaient consacrées aux divinités et particulièrement aux divinités de Tamour, Les Hymnes orphiques nous apprennent que les aromates sont le parfum des Nymphes et de Pan; l'héliotrope, le parfnm de HéHos-ApoUo ; le myrthe, le parfum de Séléné ; la verveine, le parfum d'Artémis ; la myrrhe, le parfum d'Aphrodite ; le pavot, le parfum de Nyx ;

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rencens, le parfum des Néréides; ranémone et la rose, le parfum d'Adonis; raspliodèle, le parfum (les Erjmnies.

Les courges et les grenades avaient leur place dans le culte d'Adonis ; un passage de la poétesse- Praxilla les met au nombre des fruits préférés de ce dieu.

Quant aux herbes de Yénus, Papus dit quelles sont remarquables par leur arôme, comme la verveine, la valériane, le cheveu de Vénus [Capillunh Veneris), et les fruits consacrés à cette planète sont très doux, comme les poires, les figues, les oranges.

Mais la rose est tout particulièrement consacrée à Yénus. Chez les Egyptiens elle symbolisait la perfection et dans la mythologie grecque, la beauté. Fleur ouverte et épanouie, elle figure le resplendissement de la femme, dans la plénitude de ses charmes. Fleur fermée, en bouton, elle signifie la jeune fille qui n'a pas atteint la complète beauté de son sexe. Anacréon appelle la rose « l'honneur et le charme des fleurs, le désir et le soin du printemps, la volupté des dieux ». Echo du poète antique, Lecontede Liste dit la « rose aux plis gracieux » :

La rose est le souffle embaumé des dieux,

Le plus cher souci des muses divines.

Je dirai ta gloire, ô charme des yeux,

Heur de Cypris, reine des collines!

Tu t'épanouis entre les beaux doigts

De l'aube écartant les ombres moroses ;

L'air bleu devient rose, et rose les bois ;

La bouche et le sein des nymphes sont roses l

Heureuse la vierge aux bras arrondis Qui dans les halliers humides le cueille!

Heureux le front jeune où Lu resplendis!

Heureuse la coupe où nage ta feuille !

Ruisselante encore du Ilot paternel, Quand de la mer bleue Aphrodite éclose Etincela nue aux clartés du ciel, La terre jalouse enfanta la rose ; Et rOlympe entier, d'amour transporté, Salua la Heur avec la Beauté!

A titre do curiosité nous citerons, à la suite du langage des Heurs, des pierreries et des mille et une façons plus ingénieuses les unes que les autres, à Taide desquelles les amoureux ont trouvé moyen de correspondre, le langage... des tim])res.

Dans un curieux petit ouvrage, intitulé la Poste aux lettres, M. Paulian donne quelques intéressants détails sur ce mode original de communiquer de cœur à cœur.

La valeur du timbre, sa nuance, la façon de le placer à droite ou à gauche, en haut ou en bas de l'enveloppe, constituent autant, de signes mystérieux^ auxquels les plusredoiitables Cerbères et les duègnes les plus habiles ne peuvent rien trouver à redire. Grâce à ce secret langage, la lecture de la lettre est inutile, un simple coup d'œil sim la suscription do l'adresse et Tamant heureux ou malheureux connaît

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ce qu'il désire. Moins poétique que le Selam, mais bien pratique tout de même cet échange philatélique d'impressions amoureuses. Dans la lutte pour l'amour, le pauvre Bartholo sera toujours vaincu par la finesse de Rosine, et les grilles et les verrous lïy pourront rien.

ï. La science augiirale et les pressentiments. — II. Les dilférentes branches de la science divimitoire. — UL La cartomancie. — lY. La physiognomonie, la métascopic, la phrénologic, la chiromancie.

A chaque pas, dit Papus, riiomme attitré oit repousse les fluides qtii sans cesse se croisent dans le plan de formation de la natttre. La plupart des hommes, véritables jouets des puissances fatales, n'ont auctm souci ni aucune conscience de cette action, et les noirs pressentiments, Yoix mystérieuses de l'infini, n'émeuvent le plus souvent que les poètes et lesfcnnnes soumis au despotisme d'Eros ».

Attssi les anciens accordaient une grande importance à la divination et attx pressentiments.

En Chine, la divination se faisait par le « piri », c'est-à-dire l'inspection de Técaille d'une tortue qu'on bridait, suivant les différentes figures que la chaleur y formait. Elle s'opérait aussi par le ^ chi ». Le chi était une herbe spéciale que l'on « constiltait à Taide du livre Y~King. Si la tortue et le chi sont contraires

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au sentiment des hommes, dit le Chou-King, ce sera un bien que de ne rien entreprendre, il n'en résulterait que du mal. » (Chou-King, partie IV, cli. ly, S 25.)

Le livre chinois ne fait mention de ces consultations augurales que pour la dii^ection des services publics et la conduite que les souverains doivent tenir. Mcds, il certain que les Célestes y avaient recours pour connaître la solution de leurs affaires d'amour.

La science augurale jouait un rôle immense aux premiers temps de Rome, et on n'entreprenait rien avant d'avoir consulté les augures.

En amoar les présages étaient soigneusement observés. Aussi les poètes grecs et latins avaient fait de réternuement un heureux présage d'amour. Ils disaient d'une jolie personne que les Amours avaient éternué à sa naissance : « Les Amours ont éternué pour Sinikidas )> (Théocrite). « Heureux époux, dit encore Théocrite àMénélas, d'ans Y Epilhalame cl' Hélène j quand tu vins à Sparte quelque dieu éternua sans doute pour faire réussir ton mariage ! »

De môme Properce, après avoir énuméré toutes les perfections de sa maîtresse Cjnthie, s'écrie :

Nisi tibi nascenti, et primis, mea vila diebus Candidis arsulum sternuit omen amor!

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