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L’être humain sur le plan astral

Je ne dirai ici, et à grands traits, que ce qu’il est indispensable de connaître de la question qui est traitée ailleurs avec tous les développements qu’elle comporte (2).

Pour comprendre ce qui va suivre, je prierai le lecteur de vouloir bien se reporter au tableau de la page 445, où se voit la façon dont l’homme vit sur les trois plans de l’univers, c’est-à-dire par son organisme matériel et son âme vitale sur le plan physique, par les éléments moyens de l’âme sur le plan astral, et par les parties supérieures de l’âme et par son esprit sur le plan divin.

Le support de l’édifice hominalsur terre, c’est le corps physique. Quand il meurt, ce corps se dissout et ses éléments chimiques retournent à l’ambiance ; il en est de même de l’âme vitale qui disparaît et dont l’énergie propre (vie animale) rentre dans le réservoir de vie générale qu’est le plan astral; de même aussi, pour l'âme sensi-

(1) Les élémentals sont mortels. Voir la destruction d'un élémentaldans Magie et Hypnose de*Papus (Dr G. Encausse) 1 vol. in-8, Paris, 1902.

(2) La Vie Posthume , du même auteur 1 vol. in-8, Paris, S. D.

tive, de son élément inférieur qui regarde la sensibilité matérielle et qui, dans ce nouveau milieu de vie supérieure, n’est plus d’aucune utilité.

Le support de l’être humain, mort à la terre mais vivant sur le plan astral, est donc ce qui subsiste de l’âme sensitive sur laquelle les autres éléments de l’être demeurent ce qu’ils étaient antérieurement.

De même que l’homme, quand il naît à la vie terrestre, se trouve dans une famille qui aidera ses premiers pas, de même, au moment où il rentre dans la vie astrale, qui est la véritable vie, il se trouve au milieu d'une sorte de famille composée d’autres désincarnés ayant un degré d’évolution analogue au sien, et de ses guides invisibles sur terre, ceux qui l’ont dirigé par la grande voix de sa conscience; cette sorte de famille est sous l’autorité d’Entités plus évoluées, de qui la tâche est alors de conduire plus haut la collectivité plus ou moins étendue qu’elles doivent guider.

Gomme, dans le monde matériel, les premiers temps, de l’être humain ont été consacrés à s’habituer à son nouveau genre d’existence, ainsi, quand il réintègre le plan supérieur, ses premiers efforts n’ont d’autre but que de lui permettre de reprendre pied, si je puis m’exprimer ainsi, dans le nouveau milieu où il vient de renaître, où la matière grossière du plan physique est remplacée par des fluides toujours en mouvement : comme un petit enfantelet qui s'essaie à ses premiers pas, il lui faut réapprendre, redevenu un être fluidique lui-même, à se mouvoir parmi les fluides, et à les manipuler pour son usage personnel de tout moment, à se remettre, en un mot, au courant de tous ses besoins nouveaux et des possibilités que lui offrent, pour les satisfaire, son nouvel organisme ainsi que le milieu nouveau où il est appelé à vivre. Et ce travail préparatoire lui demande un certain temps parce que, ce qui est compréhensible, la mort ter-

resire se résout, pour lui, en un trouble profond, d’autant plus profond que ne se réalise, pour lui, aucune des conditions que les religions exotériqucs de la terre lui avaient affirmé, avec le plus d’autorité, devoir être celles de sa vie posthume. Beaucoup de défunts, en cette occurrence, ou se croient encore terrestrement vivants, ou affirment qu’ils sont morts en totalité et qu’ils ne s’expliquent pas quel peut être l'être qui maintenant possède leur conscience et qui s’exprime en leur nom (1).

Ce n’est qu’après ce premier labeur qui, au fond, constitue, pour l’être revenu à l’astral, la libération de l’existence hylique, que commence pour lui la nouvelle vie qu’il est appelé à vivre.

Sur le premier moment, les contingences lui sont vagues, obscures et mal définies : il faut qu’elles s’éclairent progressivement : il faut que, dans sa compréhension, une lueur se fasse qui lui montre d’abord ce qu’il est, puis ce qu’il fut, et enfin ce qu’il doit être.

Dès que, avec l’aide de sa famille astrale et des Entités directrices, il a repris conscience de sa dernière personnalité terrestre, il en dresse le bilan, voyant tout le bien qu’il a pu accomplir, tout le mal qu’il a pu commettre, — le bien qui est à son actif et le mal qu’il lui faudra réparer, — et cela sans altération, sans fraude, sans complaisance possibles, puisqu’il juge d’après les résultats qui alors lui apparaissent clairement et que d’ailleurs les Entités directrices sont là précisément pour prévenir toute erreur d’appréciation, fortuite ou intentionnelle... Et, devant lui, s’ouvre ainsi le Livre du Jugement des Écritures.

(1) Il arrive parfois, dans les séances de spiritisme expérimental, de se trouver en présence d'Entités qui nient la survie avec la dernière énergie, bien que leur propre manifestation soit la preuve absolue du contraire. Il suffit, en ce cas, de les questionner un peu, pour se rendre compte qu'elles ne sont pas encore complètement libérées du trouble qui accompagne toujours lepassagede la vie terrestre à la vie astrale.

Mais, à mesure que s’éclairent devant ses yeux et la dernière vie terrestre qu’il a vécue et la dçrnière personnalité qu'il a été, des lointains brumeux du passé surgissent d’autres existences qui ont été les siennes depuis que le développement de sa conscience lui a créé une responsabilité vis-à-vis de lui- même; et ces existences et ces personnalités qui furent siennes, les unes bonnes et les autres mauvaises, revivent et défilent devant lui de telle façon qu’il en peut saisir les moindres détails, et tous les moi de ces diverses personnalités se fondent pour lui en un moi unique qui est le soi individuel et supérieur de sa vie astrale et qui juge son passé; de même, dans chacune de ses vies antérieures, au-dessous de la conscience qui lui fut propre, il comprend qu’il avait une subconscience alors obscure et qui ne remontait au jour qu’en certaines occasions spéciales; et toutes ces subconsciences aujourd’hui s’agrègent en une seuls, qui est sa conscience astrale, sa conscience individuelle, créatrice et dominatrice de toutes les consciences personnelles qui furent les directrices de chacune de ses existences hyliques de jadis.

Alors, de cet ensemble qui revit sous les regards de son esprit, il dégage la loi de son Karma; les raisons d’être de sa dernière vie lui apparaissent; il voit, il comprend les tâches assumées, il se rend compte de ce qu’il avait à expier et à réparer; il juge si la réparation fut équitable et l’expiation suffisante, s’il s’est acquitté de la tâche qu’il avait entreprise, ou si, au contraire, par crainte, par lâcheté, il s’est détourné de son devoir, et s’il s’est dérobé au but qui devait être celui de sa vie...

Dès lors, il commence à poser les assises de sa prochaine existence terrestre : il lui faudra reprendre à nouveau les tâches où il a failli, il lui faudra parcourir — et combien plus durement — la voie dure dont il s’est écarté; au mal qu’il n’a pas réparé se viendra surajouter

le mal de sa dernière vie, car tout compte doit être soldé par qui veut progresser vers l’absolu qui est la récompense superbe et le but merveilleux où doit l’entraîner chacun de ses avatars successifs...

Et la méditation de son prochain devenir s’impose à sa conscience ; il voit si sa progression de demain doit s’accomplir plutôt dans la voie du bien, ou dans celle de l’étude, ou dans les deux simultanément; il cherche le milieu, où il pourra s’incarner à nouveau pour revivre dans la matière. Sa vie alors sera-t-elle de dévouement obscur et de sacrifices ignorés? Sera-t-elle au contraire de domination pour entraîner vers le mieux quelque portion arriérée de l’humanité? Sera-t-elle faite de succès éclatants qui le feront sombrer dans l'orgueil, ou d’échecs continus qui soumettront sa constance aux plus pénibles épreuves? Ce sont les Entités directrices qui en décident pour son bien à venir, que d’ailleurs il comprend et vers lequel il n’a pas à marcher en aveugle. Ce sont ces mêmes Entités directrices — appelées Eons par la théorie gnostique — qui distribuent à chacun les œuvres qu il doit accomplir sur le plan physique, soit pour son instruction et son développement particuliers, soit dans un but altruiste d’avancement ou de protection pour quelque frère arriéré, en cours d'épreuve terrestre, ou même pour une fraction plus ou moins grande de l’humanité exilée dans la matière (1).

Et lorsque, au milieu de ces labeurs divers il s’est écoulé assez de temps pour que l’être, ayant profondément médité les conditions de sa prochaine existence terrestre en vue de monter plus haut et de se rapprocher de l’Absolu, ait envisagé cette épreuve sous tous ses aspects,

(1) La préparation de la prochaine vie dans la matière est loin de constituer l'œuvre totale de la vie supérieure : il est bien d'autres travaux que doit accomplir l'être astral ; mais le défaut d'espace me force à renvoyer le lecteur à ma Vie Posthume où il trouvera des études de détail concernant tous les sujets qui ne peuvent même être indiqués ici.

reconau les voies et moyens de la surmonter et se soit rendu compte qu’il n’est pas inférieur à la tâche entreprise, il fait choix du milieu le plus propice pour s’y réincarner : famille de scientistes s’il doit progresser par l’étude, ou famille d’humbles si son évolution doit s’y poursuivre par le dévouement et le sacrifice; il voit alors quelles sont les épreuves partielles qui détermineront son épreuve totale, et, désormais armé pour la lutte, il s’approche de la créature terrestre qui doit être sa mère, il l' entoure , suivant l’expression qu’emploient invariablement nos sujets d’étude, et la pénètre progressivement, prenant d’abord possession de l’âme vitale, fournie par le père à Fovule que développera la mère.

Durant tout le temps de la gestation, il tombe, sous la garde de ses frères astraux, dans cet état d’engourdissement et de trouble qui marque toujours le passage de l’astral à la matière, ou vice versa , et, quand l'heure arrive pour lui de réitérer sa probation, il rentre dans une nouvelle vie hylique où il se recrée une nouvelle personnalité que développeront les années et qui sera son instrument nouveau de victoire ou de chute.

Dès lors, son individualité supérieure, est-elle donc morte pour lui ? Non pas^mais elle demeure enfouie dans les plis les plus profonds de sa subconscience, d’où elle ne remontera au jour, sous l’influence des Eons qui la guident, que dans de rares et solennelles circonstances, sous une irradiation subite et fulgurante de lumière astrale qui, aux moments de doute poignant, de désespoir mortel, ou de surhumaine extase, lui montrera la voie qu’il lui faut suivre à peine de faillir et de succomber...

Mais si le plan astral représente un état et non une localisation, si l’astral interpénètre le plan physique où nous vivons, nos morts doivent vivre près de nous, à nos côtés dans notre vie journalière ; ils doivent pouvoir se mani-

fester à nous... Certes, et ces manifestations sont de tous les jours, de toutes les heures, de tous les instants. Ce sont eux qui nous parlent par la voix de notre conscience, par l'occurence de certaines contingences d’apparence fortuite, mais amenées par eux (1); ce sont eux qui suscitent en nous certains mouvements d'intuition, certains pressentiments, certains rêves : ils jouent en un mot, dans notre vie de chaque moment, un rôle dont ceux qui ne savent pas ne peuvent même pas soupçonner l’importance.

Et comment cela se fait-il ? De façon bien simple, en vérité. Le souvenir est le lien qui unit les vivants aux morts ou soi-disant tels. Quand notre mémoire les évoque, notre pensée les recherche sur le plan voisin et les amène près de nous ; ils nous frôlent, alors, ils nous embrassent de leur immatière; nous sommes, sans le comprendre, rassérénés parleur amicale présence; et leur esprit, qui communie alors avec notre esprit, nous parle et nous les montre ; nous entendons les motsqu’autrefois ils prononçaient, nous les voyons revivre devant notre regard interne, nous les sentons à nos côtés et nous nous abîmons en leur esprit consolateur...

Il ne sera pas ici question des moyens nombreux et plus directs d’intercommunication que mettent à notre disposition les procédés du spiritisme et le développement de la médiumnité dont chacun renferme en son organisme matériel le germe plus ou moins développé : ce sont là des questions qui sont traitées ailleurs (2).

Mais, à la longue, les vivants qui ont connu l’ancêtre ou l’ami disparu, sont allés à leur tour le retrouver sur le plan voisin ; aucun souvenir ne monte plus vers lui pour le rappeler sur la terre, et il n’a plus qu’à s’occuper

(1) Un des principaux axiomes d'Occultisme est que le hasard n'existe pas .

(2) V. notamment La Vie Posthume, 1 vol. in-8°, Paris. S. D. et, plus spécialement L'Évocation des Morts , 1 br. in-8°, Paris, S. D.

uniquement des missions qui lui sont confiées, ou de sa propre progression.

A moins que...

A moins que sa passion sur terre ne soit allée à une œuvre laissée inachevée et à laquelle il s’est donné de toutes ses forces, ou à quelque méprisable intérêt matériel comme l’avare qui n’a vécu que pour sa cassette soigneusement enfouie... Dans le premier cas, nous avons un Vincent de Paul vivifiant toutes les œuvres qui procèdent de la sienne, et, dans le second cas, nous nous trouvons en présence de la légende véridique d’un esprit gardien d’un trésor et terrifiant les vivants qui tentent de le lui ravir...

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