LE PROBLÈME DE CLAUDE BERNARD
Première expérience .
« Claude Bernard, dans son livre Recherches sur les problèmes de la physiologie a écrit : « Ce qui n’est pas du domaine de la physique, ni de la chimie, ni de toute autre science, c’est l’idée directrice de l’action vitale. »
Et, plus loin, développant ce qu’il vient de dire : « 11 y a comme un dessin vital qui trace le plan de chaque être et de chaque organe, de sorte que si, considéré isolément, chaque phénomène de l’organisme est tributaire des forces générales de la nature, il paraît révéler un lien spécial, il semble dirigé par quelque condition invisible dans la route qu’il suit. Ainsi, les actions chimiques
(1) Au dernier moment, on me dit que ces lignes auraient paru, au moins partiellement, dans une publication que, dans ce cas, je m'excuse de ne pas citer, selon que j'ai coutume, ne la connaissant pas ; j'ai tenu le manuscrit directement de l'auteur lui-même, quelques jours avant sa mort.
de l’organisme et de la nutrition se manifestent comme si elles étaient animées par une force impulsive gouvernant la matière. C’est cette puissance d’évolution immanente qui constituerait le quid proprium de la vie, en faisant une chimie appropriée à un but, et qui n’est ni de la physique ni de la chimie. »
Le professeur Charles Richet, dans son volume Méthode de métapsychisme , p. 781, a écrit : « Je ne condamne pas la théorie spirite; à coup sûr, elle est prématurée, probablement erronée, mais elle a Fimmense mérite de provoquer des expériences ; c'est une de ces hypothèses de travail que Claude Bernard considérait comme fécondes. »
Or j’ai fait des expériences et rendu apparentes par la photographie les hypothèses de Claude Bernard. Depuis de longues années, j’avais obtenu par la photographie le fluide vital de l'homme, de l'animal et de la plante.
Tout ce qui vit émet du fluide vital sur des plaques photographiques entourées de papier noir, opaque à la lumière ordinaire.
Le 10 juillet dernier, je plaçai une plaque enveloppée de papier noir sur le tronc d’un saule pleureur. C’était une vitrose, liée sur le contour du tronc par une cordelette, et j’allai la reprendre le lendemain.
Mise dans le révélateur et ensuite dans le fixateur, je m’aperçus qu’elle était colorée en partie et qu elle présentait, à son centre, le dessin des fleurs jaunes et rouges du saule pleureur, qu’on appelle chenilles ou pendeloques, avec leurs vives couleurs.
C’était le dessin vital de Claude Bernard qui avait tracé le plan d’un organe, la fleur, avec toute sa vérité et ses couleurs.
Le lendemain, 11 juillet, je mis une plaque enveloppée autour du tronc d'uu marronnier où elle resta également vingt-quatre ^heures.
Au développement, le cliché portait la représentation d’une trentaine de marrons noirs. Le cliché ne portait aucune trace de coloration.
G était encore le dessin vital de Claude Bernard qui apparaissait par la trace des fruits.
Le dessin vital de Claude Bernard s'est manifesté sur une plaque que j'avais mise sur le front d’un mouton qu’on égorgeait à l’abattoir, en me dessinant les circonvolutions et les anfractuosités de son cerveau.
11 s’est manifesté également, par un dessin d’un cerveau bien fait, sur une plaque enveloppée que j'avais mise sur le front d‘un homme, et qui représentait, bien dessinées, les circonvolutions, et les anfractuosités, et la scissure médiane du cerveau humain.
De la savante et prophétique hypothèse de Claude Bernard, nous avons fait une réalité qui s'est manifestée par la photographie qui en donne la preuve permanente par nos clichés.
Par conséquent le problème paraît être résolu.
Deuxième expérience .
On peut présumer que la science de la botanique ferait un grand pas en avant si les savants voulaient se servir de la photographie pour la connaissance, la description et la classification des végétaux.
11 y a quelques jours, j'appris qu’il y avait un beau saule pleureur à l’entrée du parc de Montsouris, et je m'y rendis de suite muni d’une plaque photographique, enveloppée de papier noir et cachetée ; j’allai au parc et priai M. Printemps, le jardinier, de la mettre sur le tronc du saule pleureur, liée avec une ficelle.
Pour le mettre en confiance, je lui montrai ce que j’avais déjà obtenu par ce procédé. Ma plaque était une vitrose, souple pour pouvoir épouser dans toute son
étendue le contour de l'arbre (vitrose Lumière Planchon).
Mes instructions étant données, je quittai le jardinier qui allait déjeuner. Je revins deux jours après, et je remportai ma plaque cachetée que je plongeai dans le révélateur. Je vis de suite que c’était une fleur unique qui était dessinée en noir sur le cliché, et non plusieurs comme la première fois, au mois de juillet.
De plus, il n’y avait pas de traces de coloration. Evidemment la circulation de la sève avait été moins abondante en octobre qu’en juillet, et de là découlait la pénurie du fluide vital de la plante.
Le lendemain, je portai le cliché et une épreuve sur papier à mon jardinier qui reconnut la vraie fleur de saule pleureur, appelée chaton à cause de sa forme et du pédoncule sphérique qui lui sert de support. Je dis au jardinier, qui se nommait Daniel Printemps, d’écrire son sentiment au sujet d'un phénomène aussi rare auquel il avait participé, et de vouloir bien y apposer sa signature. Voici la copie de ce qu’il écrivit au verso de la photographie.
« Plaque photographique enveloppée de papier noir opaque, placée pendant deux jours, au Parc Montsouris, par M. Printemps, sur le tronc d’un saule pleureur ; a produit sur le cliché un chaton de saule pleureur.
Le jardinier : Printemps.
Paris, le 5 octobre 1922. »
Il faut remarquer qu'on voit, à la droite delà fleur une tache blanche filamenteuse que le jardinier a appelée un chaton avorté. Cette deuxième expérience me donne encore plus de certitude que la première, que j’ai réalisé l’hypothèse de Claude Bernard.
C’est une fleur de saule pleureur qui est seule, isolée,
qu’on peut mesurer dans toutes ses dimensions, avec sa vraie forme.
La première expérience gagne surtout en importance par son coloris obtenu sur une plaque (vitrose Lumière Planchon) inapte à se colorer si ce n’est par le fluide vital, comme la chose m’est arrivée pour la première fois en 1895 et dont j’informai de suite M. Lumière, qui me félicita de ma découverte et m’écrivit que, pour m’encourager dans mes études, il me livrerait ses produits photographiques à moitié prix.
Mais, d’autre part, sur cette première expérience, on ne peut voir isolément chaque fleur ni s'assurer avec certitude que cet amas de fleurs colorées, qui sont emmêlées, ressemble aux fleurs tombantes que produit le saule pleureur.
Donc, je considère la deuxième expérience comme plus convaincante que la première, et donnant d’une manière plus absolue, la preuve de la réalité du problème de Claude Bernard. »
Cela pourrait, n’est-il pas vrai, s’intituler : Une théorie de Claude Bernard prouvée par /’ occultisme, et cela montre à quel point est sérieuse notre expérimentation.
On trouvera, dans ce volume, le cliché dont il vient d’être question, et le lecteur pourra se rendre compte de visu si les expériences d’occultisme sont dénuées de valeur comme se plaisent à l’affirmer les gens qui n’ont jamais ouvert un livre d’occultisme.