‹ L'Occupation Internationale en Crète de 1900 à 1906Chapitre 14 sur 80 · DOMINATION ÉGYPTIENNE · texte numérisé non relu

DOMINATION ÉGYPTIENNE

du roi Othon au trône de Grèce) ; mais la domination égyplienne supprima la tyrannie des beys et des Janissaires et prit les meilleurs moyens d'empêcher les Turcs d’opprimer les Chrétiens, en les excluant de l’administralion, laquelle était réservée aux Albanais. Les janissaires ne pouvant plus se livrer aux exactions dont 1ls élaient coutumiers durent, pour se procurer de l'argent, vendre leurs propriétés et des Grecs s’en rendirent acquéreurs ; la terre passait ainsi des mains de musulmans à celles des chrétiens, Malheureusement pour les Crétois, il fut décidé, à la suite des conquêtes de Méhémet-Ali, par une convention conclue à Londres le 15 juillet 1840, que la Crète lui serait retirée et rendue au sultan (1).

Cette décision est singulière, car elle aboutissait à considérer la Crète, à l'instar de l’Arabie ou de la Syrie, comme une conquête de Méhémet-Ali. Or, celui-ci l'avait reçue du sultan à titre de récompense pour services rendus.

La rétrocession de la Crète à la Turquie provoqua un nouveau soulèvement des Crétois. Soutenus au début par le consul anglais, ils eurent la déception de constater, bientôt après que l'attitude de ce dernier était toute personnelle et ne reflétait point l'opinion de son gouvernement. Toutefois, les conséquences de ce retour à la domination turque ne furent pas immédiatement res-

(1) De Cterca. Op. cit., 2° vol., page 576.

34 PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE 1 senlties par les Crétois, par suite du maintien de Mustapha comme gouverneur de l'ile jusqu'en 1852.

Lors de la proclamation de la deuxième république en France, un nouveau rayonnement des idées de liberté se propagea sur toute l'Europe. Ces idées se traduisirent en Crète par une certaine effervescence, mails Sans aucun résultat, Une insurrection autrement importante eut lieu en 1858. Elle était due à la violation du Halli- Hou-Mayoum du 18 février 1856. A la suite de la guerre de Crimée, les puissances européennes s'étaient préoccupées d'assurer la protection des chrétiens en Orient. Dans cet ordre d'idées, l'article 7 du traité de Paris du 30 mars 1856 consentait à admettre la Porte à participer aux avantages du droit des gens européens et lui garantüissait l'intégrité de son territoire, mais à la condition que les principes du droit public acceptés en Europe fussent toujours respectés par le sultan. De plus, aux termes de l'art. 9, « S. M. I. le Sultan, dans sa constante sollicitude du bien-être de ses sujets, ayant octroyé un firman qui, en améliorant leur sort sans distinction de religions ni de races, consacre ses généreuses intentions envers les populations chréliennes de son empire, et voulant donner un nouveau témoignage de ses sentiments à cet égard, a résolu de communiquer aux puissances contractantes le dit firman spontanément émané de sa volonté souveraine, Les puissances contractantes constatent la haute valeur de cette communication. Il est

bien entendu qu'elle ne saurait dans aucun cas donner

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