‹ L'Occupation Internationale en Crète de 1900 à 1906Chapitre 18 sur 80 · RÉFORMES ACCORDÉES AUX CRÉTOIS EN · texte numérisé non relu

RÉFORMES ACCORDÉES AUX CRÉTOIS EN

L'insurrection, cette fois encore, fut donc un échec pour les Crélois.

Ils oblinrent cependant quelques concessions aux termes de la constitution ou règlement organique de l'île de Crète promulguée par le commissaire Ali-Pacha le 8/20 janvier 1868 et dont voici les points principaux : Une exemption d'impôt est d’abord accordée aux Crétois pour 4 ans, à dater du 1% mars 1868. L’administration générale de l'île est confiée à un gouverneur général ou vali nommé par le sultan. Le commandement des troupes appartient à un autre chef (Art. 1%). Le valr-administre l'île avec l'assistance de deux conseillers choisis, lun parmi les fonctionnaires musulmans, et l’autre parmi les fonctionnaires chréuens de l'Empire. L'ile est divisée en sandjacks ou arrondissements, administrés par des mutessarifs ou gouverneurs qui seront moilié chrétiens ét moitié musulmans, assistés d'un adjomt de la religion contraire à la leur (Art. 4 et 5). Une part est donc faite aux chrétiens dans l'administration de l'ile. Les contestations entre plaideurs de même religion sont jugées par les tribunaux de leur religion ; les contestations entre chrétiens et musulmans sont portées devant des tribunaux mixtes (Art. 9 et 11). Un Conseil général, élu par la population et composé de chrétiens ou de musulmans, suivant la religion de chaque district d'électeurs, se réunit chaque année une fois pour étudier les questions relatives aux travaux d'utilité publique, le développement des voies de communication, la formation

des caisses de crédit et tout ce qui peut servir à favoriser l'agriculture, le commerce et l'industrie, ainsi que la diffusion de l'instruction publique (Art. 12). Enfin, le nombre des impôts qui pourront être perçus dans l'île est limitativement réglé. Tel fut, sous l'influence des événements, le premier pas accompli par la Turquie ellemême, alors contrainte par les circonstances, d'entrer dans la voie de l'émancipation de la Crète.

La fin de l'insurrection permit à la Turquie de demander compte à la Grèce des difficultés que celle-ci lu avait suscitées pendant la lutte, en raison de ses envois continuels de volontaires en Crète. Le conflit menaçait de devenir aigu entre les deux Etats ; seulement lEurope, voulant éviter une guerre, décida, sur la proposition de M. de Bismarck, la réunion d’une conférence qui s'ouvrit à Paris le 24 janvier 1869. L'Angleterre, l'Autriche, la France, la Prusse, la Russie et la Turquie y étaient représentées. Il est à noter que la Grèce, à la différence de la Turquie, n'obtint pas voie délibérative, mais seulement voix consultative. La Conférence, écartant de ses travaux la question créloise qui venait de recevoir une solulion, s’occupa uniquement de la responsabihté qui revenait à la Turquie et à la Grèce dans l'insurrection. Elle déclara nettement que la Turquie ne serail pas admise à user de représailles contre la Grèce ; d'autre part, la Grèce devait s'abstenir de favoriser ou de tolérer des bandes d'agresseurs, ainsi que l'équipement dans ses ports de bâtiments armés,

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