‹ L'Occupation Internationale en Crète de 1900 à 1906Chapitre 23 sur 80 · PÉTITION DES CHRÉTIENS · texte numérisé non relu

PÉTITION DES CHRÉTIENS

déclarèrent qu'une démarche de ce genre était inopportune (1).

Enfin, sur les instances des consuls, les chrétiens consentirent à se rendre à l'Assemblée, et, le 13/25 juillet, ils arrêtèrent les termes d'une pétition tendant à améliorer leur sort. Une copie en fut transmise au sultan par l'intermédiaire du gouverneur ; l’autre fut envoyée aux consuls. Voici le texte des principales résolutions dont la sanction était demandée au gouvernement ottoman : « Le gouverneur général sera chrétien orthodoxe, nommé par le sultan après approbation des puissances (Article 2). Il sera nommé pour 5 ans et assisté d’un conseil composé de 7 membres indigènes nommés pour deux ans (5 chrétiens et 2 musulmans) et de 3 membres étrangers, Européens, sachant le grec, inamovibles (Art. 6 et 7). L'assemblée se réunira tous les deux ans et la session sera de deux à trois mois (Art. 14). Le gouverneur sanctionnera et promulguera les lois ; il aura le droit de veto (Art. 19 et 20). L'île aura une entière indépendance financière, moyennant un tribut annuel de 10.000 livres turques (Art. 24). La Porte ne pourra avoir dans l'ile plus de 4.000 soldats, qui seront cantonnés dans les principales villes (Art. 33). Les tribunaux seront mixtes dans les proportions de la population ; la peine de mort sera abolie (Art. 37 et 40). Enfin, la constitution devra être placée sous la garantie des puissances (2). »

(1) Livre Jaune, pages 115 et 119, n° 188 et 195. (2) Livre Jaune, cité, page 136, et Streit, Op. cit., page 97.

Ce projet réalisait, en faveur des Crétois, de notables avantages. D'abord, l'observation de la constitution était placée sous la garantie des puissances puis il établissait un contrôle permanent de l'administration de l'île par les Etats européens, en raison de l'admission de trois membres de ces Etats dans le conseil exécutif. La Porte se montra peu pressée de répondre à la pétition des Cré- Lois. Le sultan envoya même deux commissaires, Zichny-Pacha et Skiades-Effendi, pour persuader les Crétois de renoncer à leurs revendications. Ceux-ci, bien entendu, refusèrent catégoriquement ; ce fut le signal du débarquement de nouvelles troupes et l'aggravation de la situation générale de l'ile. En même temps, la Grèce faisait parvenir aux insurgés de nombreux convois d'armes et des munitions. En présence des événements qui se déroulaient aussi rapidement, l'Autriche proposa, le 25 juillet, un blocus pacifique de l'ile de Crète, d'accord avec la Porte (1). L'Allemagne et la Russie adhérèrent à la proposition, mais la France et l'Italie réservèrent leur réponse (2). Mais ce fut surtout l'Angleterre qui, par son opposition, mit obstacle au projet de blocus, Les raisons qu'elle fit valoir dans ce but, provenaient surtout, affirmait-elle, de l'état de l'opinion publique en Grande-Bretagne ; « les Anglais, déclarait Lord Salisbury, étaient tellement impressionnés par les actes de cruauté reprochés aux autorités ottomanes qu'il ne serait

(1) Lavre Jaune, page 155, n° 254.

(2) Livre Jaune, page 164, n° 270.

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