‹ L'Occupation Internationale en Crète de 1900 à 1906Chapitre 24 sur 80 · INTERVENTION DES PUISSANCES · texte numérisé non relu

INTERVENTION DES PUISSANCES

pas possible de faire accepter une coopération de la flotte anglaise à des mesures dirigées contre des populations chrétiennes (1). »

Il est, d'ailleurs, assez difficile de saisir le caractère de ce blocus qui, devant être opéré conjointement avec la Porte, correspondait à un acte de coercition dirigé contre la Turquie elle-même.

En présence de l'opposition émanant de l'Angleterre, le comte de Goluchowski modifia ses projets primitifs et, d'accord avec la Russie, il proposa de confier à une Commission composée des consuls de la Canée, le soin de provoquer une entente sur les changements à apporter à la convention de Halépa (2). Le représentant de la France, ainsi que celui de l'Angleterre, se déclarèrent partisans d'une mesure plus énergique, c’est-à-dire d’une entente des ambassadeurs à Constantinople (5 août 1896) (3).

D'ailleurs, les ambassadeurs, désireux d'éviter le retour d’une effusion de sang en Crète, se concertaient euxmêmes à Constantinople pour agir auprès du sultan. Toutes les puissances se trouvaient d'accord sur ce point (4). Le sultan lui-même, déclara s'en remettre aux bons offices de l'Europe pour « terminer cette question sur une base qui, tout en donnant satisfaction au peuple

(1) Livre Jaune, page 162, n° 966.

(2) Livre Jaune, page 173, n° 9289.

(3) Livre Jaune, page 180 et suivantes, n°5 302 et suivants. (4) Livre Jaune, pages 193 et 197, n°995 et 31

crélois, sauvegarderait ses droits souverains (1) ». Les Crétois acceptèrent également l'arbitrage des puissances et, le 25 août 1896, les ambassadeurs remettent un projet de règlement au sultan qui y adhère le lendemain.

Les principales dispositions de ce projet étaient les suivantes : Le gouverneur général est chrétien et nommé pour 5 ans par le sultan avec l'assentiment des puissances. Il a le droit de veto sur la plupart des lois votées par l'assemblée ; au cas de désordre dans l'île, 1l peut faire appel aux troupes impériales : les fonctions publiques sont attribuées pour 2/3 aux chrétiens et 1/3 aux musulmans : les membres de l'assemblée générale sont élus pour 2 ans ; ils tiennent des sessions biennales qui durent de 40 à 80 jours ; l'assemblée vote le budget pour 2 ans et aucune loi ne peut être applicable dans l'île sans son acceptation par l'assemblée. Les dispositions financières du firman de IS87 sont remises en vigueur et la moilié des revenus des douanes doit figurer parmi les receites de l'ile ; de même que l'impôt sur l'importation du tabac. Une commission composée d'officiers européens veillera à la réorganisation de la gendarmerie ; une commission de jurisconsulles étrangers procèdera aux réformes à opérer dans l’organisation de la justice ; la hberté de la presse est proclamée ; la prochaine convo-

cation de l'assemblée est obligatoire dans les six mois

(1) Livre J'aune, page 200, n° 336.

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