TUTELLE DE L'EUROPE SUR LA CRÈTE
Su ant la sanction du présent règlement et l'exécution de ce dernier sera contrôlée par les puissances (1).
Les puissances présentérent ce règlement aux Crélois comme formant le maximum des concessions qui pouvalent leur être accordées et comme étant de nature à leur donner pleine satisfaction. L'amélioration apportée au sort des habitants de l'ile était certaine : c'était un pas décisif vers l'autonomie. Les puissances se chargcaient, par une commission composée de leurs consuls. de veiller à l'application du règlement. Les Crétois re- CoOnnaissants votèrent une adresse de remerciements aux ptissances. Une sorte de tutelle était ainsi établie au profil de l'Europe sur l'île : les Crétois auraient été désireux «interpréter dans le sens d’un devoir l'engagement assuiné par les puissances aux termes du règlement précilé, mais celles-ci lui attribuèrent une autre significal'on ; c'est ainsi que, l'ambassadeur d'Angleterre à Constantinople écrivait à Lord Salisbury que le mot : s'assureront de l'article 14 du règlement impliquait non pas une obligation contractée par les puissances, mais seulement un droit et que la rédaction de l’article en termes vagues élait intentionnelle (2). Cette interprétation permettait aux puissances d'exercer ou non le droit qu'elles s'élaient arrogé ; mais il semble qu'il y a là une erreur de l'ambassadeur anglais. L'intervention d'une puissance
(1) Livre Jaune, page 208 et Archives Diplomatiques, t. XIV,
page 41.
(2) STREIT. Op. cit., page 450.
dans les affaires d’un autre Etat engendre du même coup des obligations à la charge de la puissance intervenanle ; au cas particulier, d’ailleurs, les réformes promises ne pouvaient avoir quelque valeur que si la surveillance des puissances était effective (1). Si la Porte avait été laissée maitresse de l'application du règlement, les Crétois eussent vraisemblablement élé victimes d’un déni de justice analogue à ceux dont ils avaient précédemment souffert, chaque fois qu'une amélioration leur était promise ; le contrôle des puissances paraissait assurément de nature
à sauvegarder leurs intérêts.
(1) Cf. CourTuriEr. T'hèse, page 120.