‹ L'Occupation Internationale en Crète de 1900 à 1906Chapitre 26 sur 80 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LES ÉVÉNEMENTS DE 1897-1899. —— L'AauToNoME CRÉTOISE

La mauvaise volonté du sultan apparut immédialement lorsqu'il fallut procéder à l'exécution du règlement du 25 août 1896. Ce document avait été rédigé en franais ; les traductions qui en furent affichées à la Canée portaient des inexactitudes voulues (1).

L'application des réformes traîna en longueur par suite du mauvais vouloir de la Porte, qui faisait état du désaccord des puissances. La négociation d’un emprunt, qui était indispensable pour réparer les ruines causées par les insurrections, ne pouvait aboutir : la réorganisation de la gendarmerie et la réforme de la justice n'avancaient pas. Les obstacles à l'application du règlement provenaient surtout du général Saadeddin-Pacha. Sur la mise en demeure des ambassadeurs, celui-ci fut rappelé par son gouvernement le 15 décembre 1896 (2).

Dès lors, la commission constituée pour la réorganisalion de la gendarmerie commença ses travaux. Elle se

(1) STREIT. Op. cit., page 456.

(2) Livre Jaune, n° 485, page 297.

prononça pour l'admission des éléments étrangers dans le corps de police, et, malgré l'opposition du sultan, 109 Monténégrins furent enrôlés sous le commandement du major anglais Borr. Quant à la réforme de la justice, elle ne put aboutir (1).

Les musulmans de l'ile élaient, en effet, hoshles à l'accomplissement des réformes : ils tenaient des réunions secrètes, ourdissant un vaste complot contre les chréliens : sur des instigations venues de la Porte, ils se livrèrent à de nouveaux massacres à Candie, à Rethymo ct à la Canée les 12 et 18 janvier 1897. Ces massacres recommencèrent malgré les efforts des consuls, le 23 janvier ; out le quartier chrétien de la Canée fut mis à feu el à sang et les gendarmes monténégrins durent se réfugier à bord d'un navire européen pour échapper au massacre.

En présence de ces événements, les Crétois s'insurgent el proclament leur union à la Grèce. Dans ce dernier pays, l'opinion publique était singulièrement montée en faveur des Crétois, et, sous la pression de la population, le gouvernement grec dut laisser le colonel Vassos s'embarquer avec 2.000 hommes pour la Crète, dont il prit immédiatement possession au nom du roi Georges (10 février 1897). Les puissances furent un peu déconcertées par la rapidité de ce mouvement et elles ne cachèrent pas leur mécontentement à la Grèce. Elles lui firent sentir

que la question créloise était une question internationale

(1) STREIT. Loc. cit., page 475.

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