MASSACRES DE SOLDATS ANGLAIS
darmerie se recrute par voie d'engagements volontaires ; elle est composée d'éléments indigènes et étrangers ; les commandants sont Européens ; le chef de la gendarmerie est nommé par le comité exécutif avec l'agrément des amiraux.
Ce règlement était destiné à assurer le rétablissement de l'ordre ; mais le calme ne pouvait être obtenu qu'avec le départ des troupes turques, que les amiraux avaient, d'ailleurs, à plusieurs reprises réclamé (1). Les nécessilés financières donnèrent aux puissances l’occasion de procéder à une action définitive. Sur l'accord des puissances, les amiraux devaieni prendre en mains le 3 septembre, la gestion et la perception des dimes crétoises aux lieu et place des agents ottomans ; la Porte était très hostile à cette mesure ; à Candie, l'installation de nouveaux employés par les soldats anglais donna lieu à une échauflourée sanglante, dans laquelle près de 500 chrétiens furent massacrés et environ 60 soldats anglais tués ou blessés.
A litre de représailles, l'amiral anglais se fit livrer dans les 48 heures par le gouverneur de Candie les auteurs des massacres et ordonna la démolition, dans les 24 heures, des maisons qui faisaient face aux barraquements anglais. Puis, comme ces événements attestaient que la tranquillité ne pourrait jamais régner dans l'île tant que les troupes offomanes y resteraient, les puissances expédièrent, le 10 septembre, des renforts à leurs
1) Javre Jaune, age 63, n° 96. à p
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amiraux et intimèrent l’ordre à la Porte de rappeler sans réserve toutes ses troupes qui tenaient encore garnison en Crète, sous peine de recourir immédiatement à des mesures décisives pour contraindre les troupes turques à l'embarquement (1). La Porte tenta de tergiverser, mais, devant l’insistance menaçante des puissances (France, Grande-Bretagne, Italie et Russie), elle opéra le rappel successif de ses soldats, dont les derniers, au nombre de 450, sous le commandement du général Chakir-Pacha, durent quitter l'île le 15 novembre 1898 (2).
Enfin, le 22 octobre-3 novembre 1898, après le départ de l'armée ottomane, l'accord des puissances s'étant opéré sur le choix du prince Georges de Grèce comme gouverneur de l’île, les quatre puissances qui agissaient de concert, décidèrent, sur l'initiative de la Russie, d’adresser au roi de Grèce un pro mémoria qui lui fut remis à Athènes le 26 novembre 1898. D'après ce document, le prince Georges de Grèce était nommé haut commissaire des puissances en Crète ; les puissances devaient chacune lui consentir une avance de un million à son arrivée dans l’île pour parer aux premiers frais d’administration ; le remboursement de ces avances s'opérerait sur l'emprunt crétois projeté ; le haut commissaire était investi d’un mandat de trois ans pour la pacification de l'île et l'établissement d'une administration autonome capa-
(1) Ultimatum du 5 octobre 1898, livre Jaune, pages 168 et 177, n°5 219 et 235.
(2) Pour les résistances de la Turquie, voir le Zivre Jaune, page 21, n° 19.