HISTORIQUE DE LA CRÈTE DEPUIS L'ANTIQUITÉ
$ 1. — Domination vénitienne
Celui-ci, par le traité d’Andrinople, du 12 août 1204, l'abandonne à la République de Venise en échange d’autres possessions. Il y avait un grand intérêt pour Venise, puissance maritime qui entretenait un grand commerce avec l'Orient, à consolider sa domination sur la Crète. Mais les habitants ne se montrèrent pas plus disposés à accueillir la domination vénitienne que celle des Turcs, il fallut une véritable conquête pour faire reconnaître en Crète la suzeraineté de Venise, et, même après l’assujettissement, des soulèvements constants vinrent démontrer aux Vénitiens, que l'annexion de la Crète était plus nominale que réelle. Pendant les xm°, xiv° et xv° siècles, il n'y eut pas moins de 15 insurrections, dont certaines se prolongèrent fort longtemps ; par exemple, celle de 1340 dura huit années. Après le xv° siècle, la domination vénitienne s'affermit grâce aux réformes introduites par le gouverneur Sascarini.
Désormais d’ailleurs ,la République avait à compter avec un nouvel adversaire, les Turcs, qui, après la conquête de Constantinople (1463), ne pouvaient négliger d'étendre leur domination sur les îles méditerranéennes qui se trouvent en face de l'Asie Mineure, notamment sur celles de Chypre et de Crète. Ce fut en 1570 que la guerre éclala entre la Porte et Venise. La flotte ottomane fut détruite à Lépante ; cependant Venise dut céder Chypre
aux Turcs et conserver seulement la Crète. La défense de la Crète contre les prétentions des Turcs fut assurée par les Chevaliers de Malte, Français la plupart, mais ils étaient trop peu nombreux pour résister d’une manière efficace aux armées du Sultan. En 1647, les Turcs viennent mettre devant Candie un siège qui se prolonge pendant 22 ans : ce fut seulement en septembre 1669 que Candie capitula. Venise, dès lors, renonça à peu près enlièrement à son ancienne conquête, et, à l'exception de quelques petites places fortes, qu'elle conserva jusqu’au traité de Passarowitz (1718), elle abandonna le surplus de l’île à la Porte aux termes du traité de Paliocastro (6 septembre 1669). D'ailleurs, les Crétois n'avaient que faiblement secondé les Vénitiens dans la défense de l’île et avaient paru accepler volontiers le joug ottoman.
Venise avait essayé d’intéresser à sa cause les gouvernements européens et notamment Louis XIV. L'intervention française se produisit à deux reprises en faveur de la République Vénitienne : d’abord, plusieurs gentilshommes, enrôlés par le duc de la F euillade, partirent avec l'approbation du roi pour Candie, où ils arrivèrent en novembre 1668 ; mais la tentative ne fut pas heureuse et le duc de la Feuilyade dut s'embarquer pour la France avec les survivants le 4 janvier 1669. Une flotte française partit encore de Toulon au cours de la même année pour secourir Candie, et, sou ,2s ordres du duc de Beaufort et du duc de Navaille, elle débarqua le 19 juin 1669 à Candie. Malheureusement, le défaut d'entente en-
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