‹ L'Occupation Internationale en Crète de 1900 à 1906Chapitre 7 sur 80 · DOMINATION TURQUE · texte numérisé non relu

DOMINATION TURQUE

tre les Français et les Vénitiens suscita le mécontentement des premiers et l'expédition reprit la route de la France le 22 août 1669 ; ce qui donna lieu à de véhémentes protestations de Venise, laquelle ne tint aucun compte des efforts si généreusement déployés par les Français.

L'intervention de la France avait été d’ailleurs complètement irrégulière : cette puissance, n'étant point en état de guerre avec les Turcs, aurait dû observer les règles de la plus stricte neutralité ; mais, à cette époque, les règles du droit des gens étaient regardées comme inapplicables aux Turcs et on considérait les infidèles comme n'étant nullement fondés à invoquer les principes du droit international.

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Après la prise de Candie, les Turcs devinrent les maitres de l'île, sauf, cependant, les territoires montagneux de Sphakia et d’Apokorona, habités par une race de montagnards très belliqueux, dont les troupes ottomanes ne purent jamais avoir raison et qui, par suite, donnèrent toujours le signal de la lutte en faveur de l’ndépendance. Après leur conquête, les Turcs employèrent les moyens les plus violents pour arriver à l'assimilation complète de l’île, les églises furent détruites ou transformées en mosquées, des villages tout entiers durent se soumettre à une conversion forcée sous peine d’être

exposés à toutes les cruautés des vainqueurs. Les gou-

verneurs turcs donnaient eux-mêmes l'exemple des exactions, ils n'étaient choisis pour ce poste que par suite de la faveur du sultan ; craignant, dès lors, que cette faveur ne fût éphémère, ils mettaient à profit leur pouvoir pour se livrer à de véritables pillages. Les vexations ne s'arrêtaient d'ailleurs pas aux habitants, les étrangers eux-mêmes n'étaient pas épargnés. C'est ainsi qu'en 1765 le gouverneur turc de la Canée émit la prétention d'empècher les consuls européens d’arborer sur leurs demeures le drapeau de leurs gouvernements. Le Consul de France refusa d’abaisser son drapeau : en présence de son attitude très énergique, le gouverneur n'osa passer outre. Mais, d'autres personnages diplomatiques européens lurent, à différentes reprises, l'objet de mauvais traitements. C’est ainsi que, d'après M. Stein, « A la Canée, la Russie avait précédemment un consul qui, après avoir essuyé toutes sortes de désagréments de Ja part des Turcs, prit prudemment le parti de se retirer pour éviter l'orage qu'il voyait se former sur sa tête. Il avait laissé son chancelier chargé d'affaires ; celui-ci, après avoir vu le pavillon de sa souveraine renversé et mis en pièces par les plus mutins d'entre les Caniotes, fut trop heureux de sauver sa vie en se rélugiant avec le drogman chez le consul de France, qui leur procura un embarquement pour Smyrne (1). »

En 1796, un agent de la République française à Réthymo, fut l'objet de mauvais traitements de la part de

(1) Revue Bleue, du 26 novembre 1898.

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