‹ L'Occupation Internationale en Crète de 1900 à 1906Chapitre 67 sur 80 · PROJET D'ENQUÊTE DES PUISSANCES · texte numérisé non relu

PROJET D'ENQUÊTE DES PUISSANCES

de Thérisso. Malheureusement, ce projet échoua, et après avoir volé des remerciements aux puissances, pour la réglementation promise par elles des réformes, les députés suspendirent inopinément leurs travaux et regagnèrent leurs provinces. Cette décision laissa malheureusement aux habitants le sentiment que le Comité insurrectionnel constituait la seule représentation nalionale et les insurgés ne pouvaient qu'être ainsi encouragés à ne pas modifier leur attitude.

Dans ces circonstances, l'idée vint aux puissances de procéder à une enquête en Crète pour arriver à connaitre les principaux desiderata de la population. L'inialive de cette proposition fut prise par l'Angleterre (1); il y apparaissait que la nomination d’une Commission internationale, composée de représentants des quatre puissances protectrices pour l'examen et l'élaboration des réformes administratives et financières à apporter au régime de l'île, ne saurait avoir que des avantages: de plus, la Commission, pour hâter la fin de l’insurrection, promettait aux insurgés, au nom du H. C. une complète amnistie ; mais ce dernier, invité à faire connaître si ce projet d'enquête rencontrerait son approbation, ne parut pas disposé à lui donner son adhésion. Le 11 juin 1905, il transmettait aux puissances protetrices le télégramme suivant : « Depuis la proclamation

du 12 mai 1905 des puissances protectrices au peuple

(1) Livre Jaune, page 123, n° 184.

198 DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE IN crétois, trente jours se sont passés sans que les sédilieux s'y soient soumis: dans l'intervalle, la Chambre des députés a émis son dernier vote, que J'ai transmis aux quatre gouvernements, et suspendu ses séances en attendant la déposition des armes et le rétablissement de l’ordre. Les séditieux, au contraire, restant sourds à ladite proclamation et ne respectant pas la décision des puissances, se jouent de la déposition des armes en formulant de fausses excuses : comme cet état de choses ruine le pays et désole, sauf quelques factieux, toute la population de l’île, je prie les quatre gouvernements de vouloir bien, par une proclamation ferme et déterminant un court délai pour la déposition des armes et en appliquant au district de la Canée les mêmes mesures prises aux districts de Candie et de Réthymo, faire respecter leur décision et mettre fin à la sédition qui pourrait épuiser la patience du pays et provoquer la guerre civile avec toutes ses suites désastreuses (IF.

Le H. C. cherchait ainsi à provoquer une intervention des puissances, mais par une autre voie que celle vers laquelle l'Angleterre désirait l’orienter : il est évident. en effet, qu'un proclamation ne pouvait comporter dans la pensée du prince Georges aucune enquête préalable. Les mesures que demandait le Prince consistaient. au dire de notre Consul général à la Canée,M. Maurouard. dans l'occupation des points les plus importants de l'île par les troupes internationales.

(1) Livre Jaune, page 124, n° 186.

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