ENTREVUE DES CONSULS ET DES INSURGÉS
avec une délégation du Comité de Thérisso. Le H. C., qui avait été pressenti sur ce point, n’avait formulé aucune opposilion. Les insurgés désignèrent comme parlementaires MM. Vénizélos, Foumis et Manos. Le doyen des consuls, M. Howard, prit la parole pour assurer aux insurgés que les puissances élaient fermement décidées à garantir l'exécution des réformes demandées; puis il les conjura dans l'intérêt du pays, d'écouter les paroles de paix qu'il leur aportait et de renoncer à une lutte qui devait s'étendre avec l'effacement des souvenirs du passé (1). Pour la première fois, le Comité insurrectionnel s’expliqua d’une manière plus catégorique sur ses intentions; il persista, bien entendu, à réclamer l'annexion à la Grèce ou tout au moins un rapprochement vers cette solution, mais, en même temps, ‘il déclara que le mouvement insurrectionnel n'avait pas été occasionné seulement par le désir d'une union avec |: Grèce ; il ajouta que Îles sentiments patriotiques et libéraux du peuple crétois avaient été profondément froissés par les procédés autoritaires employés par le gouvernement et par la négligence mise à l'entretien et à l'accroissement des forces productives de l'île, les travaux publics, l’agriculture et l’industrie se trouvant dans un égal désarroi. Les vénizélistes réclamaient donc avec la dernière énergie une politique à la fois hbérale el réformatrice.
Cette entrevue ne produisit aucun résultat pratique:
(1) Livre Jaune, page 149, n° 230.
les bandes d'insurgés continuèrent, comme par le passé, à lenir la campagne : aussi, le 15 juillet 1903 (1),une proclamation des consuls, renouvelant les assurances ce réformes prochaines par les puissances portait en même lemps qu'un délai de quinze jours était accordé aux insurgés pour déposer les armes, avec amnistie pour ceux qui obtempéreraient à cette injonction avant l'expiration de ce délai ; en l'absence de soumission, les puissances se réservaient d'appliquer la loi martiale suivani les nécessités de la situation. Cette déclaration des consus fut suivie d’une adresse du prince Georges aux Crétois le 15 juillet 1905. Le H. C. enjoignait aux habitants de l'île de se conformer patiemment à la volonté des puissances et de ne pas démériter de leur bienveillance par une résistance irréfléchie qui aurait compromis irrémédiablement la réalisation du vœu, cher à tous les habitants, de l'annexion à la Grèce (2).
Mais le délai de quinze jours assigné aux insurgés pour déposer les armes s’écoula sans qu'ils obéissent à cette injonction; en conséquence, les quatre consuls généraux décidèrent l'adoption des mesures suivantes 1° Constitution de commissions militaires imternationales de justice et de police, ayant mandat d'instruire et de juger les attentats ou offenses commis contre les troupes internationales de terre et de mer, ainsi que les crimes, délits et contraventions contre les personnes ou
(1) Livre Jaune, page 150.
(2) Livre Jaune, page 151.