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NUAGE ■ ',^5 ORAGEUX

A la seule inspection de cette figure on voit que souvent la protection des paratonnerres a tige est tout à fait illusoire

rouge dont on reconnaît le dessin au bas de son jupon : ou bien c'est la feuille d'un peuplier dont on retrouve l'empreinte sur la jambe d'un individu ; l'image d'un wagon dessinée 6ur un poteau télégraphique; tout un paysage reproduit sur une glace en fines arborescences.

On pourrait multiplier les exemples, citer les cas où la foudre tombe sous la forme d'une boule de feu, se promenant lentement dans les habitations où elle sème la terreur sur son passage, et partout l'on constaterait les caprices les plus bizarres que notre science est impuissante à expliquer.

Peut-on, du moins, empêcher ou atténuer redoutables de l'implacable

les effets fléau?

Dès la découverte de la nature de la foudre, Franklin avait imaginé dans ce but un paratonnerre formé d'une pointe destinée à laisser fuser le fluide.

Les chances d'un choc par la foudre sont diminuées pour 1 habitation possédant un appareil de ce genre, mais, par contre, si l'installation est mal faite, rien de plus dangereux.

Un bon paratonnerre, avec pointe en cuivre doré ou en platine, doit toujours être relié très intimement avec les parties métalliques du bâtiment : charpentes en fer, tuyaux de conduite, etc., etc., et surtout enfin avec la tige qui le fait communiquer au sol.

Dès le commencement du printemps, on doit au moyen d'une pile et d'une sonnerie, s'assurer que le courant circule parfaitement dans l'ensemble.

Quelle est l'étendue de la surface protégée par l'appareil?

La plupart des traités de Physique, voire même de Météorologie, dont les auteurs se recopient mutuellement, affirment que le paratonnerre à pointe protège une

surface circulaire dont le rayon est le double de la hauteur de la pointe au-dessus du sol. Or, rien n'est plus faux.

Il n'existe pas de formule applicable à tous les cas.

Le rayon de protection varie avec la hauteur de l'édifice, sa largeur et surtout sa distance aux nuages orageux.

La figure insérée dans le texte fera mieux comprendre que toutes les démonstrations. On a même vu la foudre tomber à quelques centimètres de la base d'un paratonnerre à pointe.

Le mieux, si l'on adopte ce système, est de multiplier les tiges sur un même Édifice. Mais alors l'appareil devient fort coûteux.

Beaucoup de personnes ignorent qu'il existe aujourd'hui un dispositif autrement efficace et fondé sur une expérience due au célèbre physicien Faraday.

L'histoire de cette ingénieuse conception est assez pittoresque pour que nous ne la passions pas sous silence.

Un jour, pendant un violent orage, Faraday était à sa fenêtre tout préoccupé d'étudier le météore, lorsque la foudre tomba sur le faîte d'un clocher voisin, surmonté d'une croix soutenue elle-même par une grosse boule métallique.

Le fluide détaeha la boule oui vint rouler sur le sol. Faraday connaissait cette sphère depuis longtemps. La pluie et les intempéries en avaient oxydé les parois et y avaient pratiqué une large ouverture.

Les oiseaux en avaient profité pour y élire domicile et le savant physicien, qui les avait observés avec une longue-vue, savait qu'au moment où la foudre avait détaché la sphère, celleci contenait toute une nichée d'oiseaux fraîchement éclos.

Son premier soin fut donc de se pré-

Paratonnerru Mei.sens basé sur l'emploi de la cage de Faraday

vages opérés par l'électricité sur les petits renfermés à l'intérieur de la grosse boule métallique.

Mais quel ne fut pas son étonnement lorsqu'il s'aperçut que le nid était intact et que ses habitants piaillaient à qui mieux mieux.

Etait-ce donc par hasard que la foudre avait respecté la nichée 1 Le fluide électrique a de ces bizarreries déconcertantes; Faraday ne l'ignorait pas; cependant il résolut de tenter une série d'expériences pour s'assurer du fait.

Le résultat fut extrêmement curieux.

Malgré toute l'intensité des courants employés, le céTeBve physicien ne parvint jamais à foudroyer des oiseaux enfermés dans une sphère métallique en communication avec le sol. Même conclusion pour une cage en fils de fer.

Ainsi, loin de s'isoler pendant un orago au moyen de substances non conductrices, comme la soie ou la porcelaine, on devrait plutôt s'entourer de corps bons conducteurs. Dans un lit en fer dont les pieds communiqueraient avec le sol par des fils métalliques, on n'aurait absolument rien à redouter.

Partant de ce principe, un physicien du nom de Melsens, a imaginé un appareil peu coûteux susceptible de protéger nos habitations et que j appellerai volontiers le « paratonnerre du pauvre ». Ce n'est, au fond qu'iine cage de Faraday.

Il consiste à entourer la maison à tous les étages de fils galvanisés, reliés à des fils analogues qui descendent verticalement de la toiture. La faîtière elle-même porte un fil de ce genre, et le tout, réuni aux parties métalliques de la maison, communique, soit avec l'eau d'un puits, soit avec une rivière, soit enfin avec une fosse où l'on envoie les

cipiter au dehors pour constater les ra- eaux dégoût.

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Pour compléter l'installation, on peut, sur la faîtière, ajouter des aigrettes métalliques en forme d'ornement, mais qui sont destinées réellement à décharger l'électricité de la terre.

Ce genre de paratonnerre à la portée de tous est bien préférable aux tiges imaginées par Franklin et qui a décorent » même à l'heure actuelle nos plus beaux, monuments quel qu'en 6oit le style.

Les orages sont rarement locaux comme on le croit généralement.

Ils affectent souvent de grandes régions: celui que lacartere[irrMii t.

a parcouru la Franc»- en écharpe en 10 heures environ. Les parties

teintées sonlcellesoù l'on a observé des chutes de grêle.

Dans bien des cas, ces -sortes de paratonnerres ont donné lieu aux plus déplorables mécomptes. Souvent même ils attirent la foudre plus qu'ils ne 1 écartent. On devrait les proscrire officiellement et, de même qu'on impose aux contribuables des quantités de choses par mesure d'hygiène, pourquoi n'imposerait-on pas à chaque propriétaire l'installation sur ses iinrr eubles d'une cas;c de Faraday1?

Si le problème de la protection des ha-

bitations est résolu à l'heure actuelle, on ne saurait en dire autant des effets extérieurs des orages. Certains nuages portent souvent avec eux des réserves inimagina blés de «grêle qui sème la dévastation sur leur passage.

D'où viennent ces particules de glace accompagnant certaines nuées orageuses?

Nous avons vu que dans les hautes régions de l'atmosphère il règne souvent des froids intenses capables de congeler les gouttes d'eau.

Dès qu'ils atteignent 7 ou 8 kilomètres les brouillards donnent naissance à des nuages qui souvent représentent des séries parallèles rappelant les filaments d'une laine effilochée. Ce sont ces mêmes nuages nommés cirrus qui, en descendant, prennent la forme caractéristique des ciels pommelés; or, dans tous ces cas, les cirrus et les nuages qui en dérivent, contiennent de véritables aiguilles de glace.

On comprend donc à merveille la formation de la neige et du grésil, mais dès qu'on aborde celle de la grêle, le problème est plus délicat.

Normalement, la dimension des grêlons est comprise entre un demi-centimètre et deux centimètres ; déjà le phénomène est difficile à expliquer, mais que dire de la formation de grêlons atteignant la grosseur d'un œuf de poule. On a ramassé à Bizerte, le 2 octobre 1898, des grêlons du volume d'une carafe avec un poids dépas sant 1 kilogramme. On a cité aussi des grêlons pesant 1 200 grammes.

Ce sont là des exemples très authentiques, mais si l'on en croit certains rapports, il s'est présenté des cas plus eztraoi dinaires. En 1822, des grêlons fcomtx Bengale, auraient eu les dimensions d'un melon et en 1802 on aurait vu tomber en Hongrie un bloc de glace de un mètre carré

de sec-lion sur une épaisseur de 60 centimètres, et que huit hommes n'auraient pu soulever.

Comment expliquer un phénomène qui donne lieu dans l'atmosphère à la formation de masses compactes aussi grosses?

Il est certain aujourd'hui que, pendant les orages, le courant d'air chaud ascendant qui forme des cumulo-nimbus donne naissance à des mouvements tourbillonnaires à axe horizontal. Il y a donc une sorte de brassage continuel des matériaux formant le nuage. Une partie des gouttes d'eau tombe à l'arrière et donne lieu à la pluie d'orage, tandis qu'à l'avant, les gouttelettes, tournant au sein de la nuée peuvent, tout en restant liquides, atteindre des températures au-dessous du point de congélation.

Rencontrent-elles les aiguilles de glace des cirrus qui accompagnent généralement les nuages à grêle, immédiatement les gouttes d'eau se congèlent et s'accroissent de nouvelles couches de glace au cours de leur mouvement cyclonique.

Dès que le vent ascendant n'est plus suffisant pour soutenir les grêlons, ceux-ci tombent sur le sol.

Le phénomène est donc purement local, mais les orages parcourent d'immenses régions et pendant leurs longs voyages il n'est pas rare d'observer la formation de nouvelles grêles.

Il n'est donc pas étonnant qu'on ait cherché depuis le vine siècle à empêcher les conditions qui peuvent amener la grêle.

De tout temps, d'ailleurs, on a lié ensemble la foudre et la grêle, et on a cherché à atténuer l'un des phénomènes pour supprimer l'autre.

A cet effet on a imaginé de grandes perches destinées à soutirer l'électricité, puis vint le tour des pylônes métalliques, et enfin des décharges de poudre.

Comme les météorologistes ne savent pas encore prévoir les manifestations gré-

îifuges, variables suivant les années, il faudra bien du temps pour se prononcer contre l'efficacité ou en faveur des procédés employés.

Ceci me rappelle l'engouement qu'avait provoqué en 1820 l'invention du paragrêle de Lapostolle, pharmacien à Amiens.

C'était un piquet de bois relié au sol par une corde en paille. Thollard, professeur à Tarbes, lui préférait sérieusement la corde de chanvre. L'idée, quoique saugrenue, fit son chemin, et quatre ans plus tard, on comptait dans l'Europe occidentale, plus d'un million et demi de piquets paragrêles dont on célébrait les merveilleux résultats.

Ce triomphe ne devait pas être de longue durée; déjà on publiait des statistiques documentées, tendant à montrer qu'on avait beaucoup exagéré l'utilité de ces instruments, lorsque les faits fournirent la démonstration de cette thèse pessimiste.

Le 10 août 1825, une grêle formidable s'abattit sur les environs de Peterwardein et détruisit tous les vignobles. Le 22 février suivant, c'était au tour des régions du canton de Vaud d être complètement dévastées.

Or, fait assez piquant, ces contrées étaient les mieux pourvues en piquets paragrêles. Les paysans accusèrent alors les fameux piquets d'avoir attiré l'orage et désormais il n'en fut plus question.

Je ne voudrais pas être mauvais prophète, mais si l'on considère que les fusées, paragrêles ne dépassent jamais 500 mètres de hauteur, alors que les régions où se forment les grêlons sont habituellement beaucoup plus élevées, que le milieu des nuages atteint souvent plusieurs kilomètres, il est permis de se demander si nos faibles moyens d'action sont proportionnés au but que visent les inventeurs et les propagateurs de ces ingénieux procédés.

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La baisse lente du baromètre indique l'approche d'une dépression atmosphérique. Le centre est le plus proche du lieu d'observation le vendredi à 6 heures du matin : le baromètre marque 731 millimètres seulement. La courbe se relève après le passage de la dépression comme dans les cyclones mais d'une façon mjinj brusque.

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