‹ L'océan des anciens et les peuples préhistoriquesChapitre 13 sur 28 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LES CIHHÉRIEN8

On trouvait aussi au Palus Méotide un autre peu-

P e dont leg origines plongent, comme celles des Hy-

p rb° r é eS) d’ une p ar ^ dans j a f a bi 6) d e l’autre, dans

lre * y eut des Cimmériens dans l’Asie-Mi-

Al en Grèce, dans le Latium, mais leur berceau

P r os du Bosphore qui porte leur nom. C’est là

tar ^ 0ri ^ Poncés par Hérodote, Strabon, Pline, Plu-

e ’ ^éla qui ont fourni sur ce peuple des détails circonsti -,

k n ciés. La description très-précise de Stra-

, n ° P ei 'niet pas de douter que l’îlc Cimmérienne ait été l’ii ü,

Se 10 rontan, l’une des quatre petites îles dont

ni P°se aujourd’hui la péninsule de Taman, et e ssori'e le détroit d’Iénikalé, jadis Gadès.

était

qu’il

de

Kimdrp ou plutôt les Khem-iri, descendaient e t fQ ^. qui accompagnèrent le nome d’Ammon, P^iqu > rCr ^’ avec lu*) la colonie. Khem, en hiéroglyu i e sens de noir, et iri c’est l’œil, signe de vi-

LES CIMMÉRIENS

gilanco. M. Munk nous apprend que la tribu Khem ou Kham fut la principale des tribus Misraïm d'Egypte qui se fixèrent dans deux régions d’Asie qu’il n’indique point. Nous la retrouvons sur le Bosphore où elle avait été déposée par Osiris.

Hérodote nous dit que les Pélasges avaient appris des Libyens à honorer Neptune. On peut en dire autant du dieu Khem ou Mendès, patron du nome égyptien de ce nom qui adorait un bouc sacré nourri dans le sanctuaire. Lorsqu’il mourait, toute la population prenait le deuil; or, ce symbole des premiers aïeux fut aussi celui du dieu Pan figuré avec des pieds de bouc et qu’adoraient les Pélasges d’Arcadie et du Latium.

Khem comptait, chez les Egyptiens, parmi les huit premières divinités antérieures aux douze grands dieux. Il passait pour fils d’Isis ou de la Lune, ongendré par Rha le Soleil. On le voit sur les monuments, en costume guerrier, armé do la hache et do la lance. Le mois qui lui fut consacré s’appelait paüni, où l’on trouve facilement le double radical de Pan et de Fournis, son homonyme latin. C’était le protecteur des champs et des limites. Les Arcadiens lui offraient les prémices de leurs vergers. Plus tard, lorsque la religion, s’emparant des traditions, en fit autant de mystères, Pan devint un démiurge pareil à Osiris. Eusèbe

l’identifie avec Ammon et Pluton : Osiris a nonnullis Plutonem ab aliis Ammonem, vel Jovem, vel Pana existimatur K Ges trois dieux régnaient sur des régions limitrophes et on dut les confondre souvent.

Le plus ancien des oracles de la Grèce fut celui de Pan, en Arcadie. Devant son image brûlait un feu qu’on ne laissait jamais éteindre. On prophétisait aussi en Italie au nom de Faunus. En souvenir de son origine rustique, ses autels étaient dressés dans des grottes. Les voyageurs visitent encore la caverne de Pan, au pied de l’acropole d’Athènes, et une autre lui était consacrée à Rome , sur le mont Aventin. L’on montre, dans les vallées retirées du Caucase, des grottes sacrées, la plupart creusées de main d’homme, que les gens du pays appelaient Vani-kwabi, grottes des Pans.

L’Hypanis ou Kouban prenait, disait-on, sa source * in monte Spano, dans la montagne de Pan, et l’appellation de Van se retrouve dans l’Edda 1 2 , appliquée à

1 Præp- ev., 1. IL

2 Edda sœm.y t. III, p. 560. Les poèmes des Scaldes font mention d’Ymer ou Gimer qu’ils assimilent au Chaos ( Kousch ) et qui fut le père des Jotun. L’Océan fut nommé Haflt rouda, mer Rouge ou Érythrée, parce qu’il était fait du sang d’Ymer. L’Edda l’appelle aussi Egher, qui est l’ancien nom du Caucase. Cotte région est désignée clairement par cette description :

LES CIMMÉR1ENS.

ce môme fleuve qui coule, dit-elle, vers Héla, l'Enfer, et aux bords duquel habite le peuple sage des serpents Vanir, que nous avons reconnu être le même que les Hyperborées. La similitude de race et d’origine, la proximité des résidences ont confondu, dans les souvenirs des Hellènes, les Gimmériens et les Hyperborées. En Grèce, on attribuait à ceux-ci l’introduction du culte du soleil et de la lune et l’on affirmait, en même temps, que la statue en bois d’Artémis, qu’on voyait à Sparte, avait été apportée du pays des Gimmériens par Iphigénie, prêtresse de Diane en Tauride.

La fable, plus libre que la tradition sacerdotale, nous a transmis, sur ces populations primitives, des notions familières qui les représentent sous des traits vivants et naïfs. Pan et Silène, selon Diodore, furent deux grands chefs de l’armée d’Osiris, et Polyen attribue même à Pan la disposition stratégique des ailes protégeant le corps d’armée principal. Les Faunes, les Satyres, les Egipans devaient cependant former des troupes fort indisciplinées, si l’on y joint surtout les Bacchantes et les Ménades, qui cachaient leurs lances sous les pampres et parcouraient les campa-

« Jotunheim est une contrée de montagnes située à l’Orient, près de Hellheim, les Enfers, et la mer innavigable. » Edda sœm VIII.

gnes en hordes frénétiques. On reconnaît les instincts de la race africaine à cette gaîté sans frein, à cet amour pour la danse et à ces goûts sensuels. Il paraît qu’Osiris, dont le caractère était enclin à la gaîté, prenait plaisir à voir les Satyres bondir en imitant les cabrioles et les attitudes des boucs et des chèvres dont ils faisaient leurs emblèmes L En Grèce, aux fêtes de Bacchus, les jeunes gens, vêtus de peaux de bique , reproduisaient les danses grotesques que leurs ancêtres exécutaient jadis autour du char du monarque voyageur.

Le souvenir de ces peuplades primitives s’était perpétué dans File Gimmérienne par une lignée du nom de Satyrus, et Strabon signale le tombeau d’un de ces rois qui régnait sur le Bosphore trois -à quatre siècles avant notre ère. En outre, Hérodote rapporte que, de son temps, vivait dans la Scythie un peuple pasteur du nom d’Ægipodes, pieds de chèvre, qui dut

être un débris du nome de Khem, puisqu’il avait con- %

servé le symbole de cette tribu 1 2 .

En résumé, ce que la fable raconte de l’existence et

des coutumes de ces petits dieux joyeux et lascifs, retrace fidèlement les mœurs des pasteurs éthiopiens

1 Diod., L I.

2 Hérod., 1. IV, 25.

LES C1MMÉRIENS.

surprenant, au fond des bois, les blanches filles du chêne, les Dryades de la fable, et vivant, sous le beau ciel de l’Orient , dans un état de liberté et de promiscuité qui dut hâter considérablement la fusion des races.

En se reportant aux temps historiques, on lit dans Hérodote que les Cimméricns étaient maîtres des pays voisins du Bosphore, mais que les Scythes nomades, refoulés par les Massagètes, s’étant jetés sur les Cimmériens, il y en eut parmi ceux-ci qui voulurent résister à l’invasion, d’autres y céder sans combat, et la contestation devint tellement violente que les deux partis en vinrent aux mains, près du Tyras (le Dniester). Les survivants de cette lutte meurtrière abandonnèrent le pays aux Scythes et se retirèrent en Asie-Mineure. Là, ils s'établirent dans la presqu’île où, depuis, fut bâtie la ville de Sinope L

Hérodote ne marque point la date de cet événement; les géographes le placent au sixième siècle. Cependant, il résulte d’un passage de l’Iliade que les Cimmériens étaient déjà en Asie-Mineure dès une époque fort ancienne : « Pvlamène conduisit au siège de Troie les Hénètes habiles dans l’art d’élever les mules ; ils habitaient la Paphlagonie dont Sinope fut

1 Hérod., I. IV, 1-2. - Strub., 1. XI, 494.

170 LES PEUPLES PHÉH1STOHIQUES.

la capitale. » Or, Strabon, en citant les vers d’Homère, remarque que les Hénètes étaient d’origine cimmérienne, ce qui reporterait leur établissement en Asie- Mineure au delà du douzième siècle, époque du siège de Troie 1 .

De Sinope, les Hénètes cimmériens, ajoute Strabon, allèrent, avec Anténor, s’établir au fond de l’Adriatique. Ce sont les Vénètes, dont la puissance maritime date des temps modernes. DanB ces trois étapes primitives, la destinée future de ce peuple semble déjà se révéler. Nés dans le petit archipel du Méotis, parmi ces îlots rapprochés qui ne laissent circuler entr’eux que d’étroits canaux, les émigrés cimmériens recherchent une situation semblable, sur la plage opposée de la mer Noire. Plus tard, ce rameau détaché de la souche scytho-libyenne s’arrête encore sur le littoral découpé de l’Illyrie et au milieu des lagunes où naîtra un jour Venise.

La certitude d’une alimentation saine au moyen de la pêche, et le soin de leur défense assurée par l'isolement au milieu des eaux, détermina, sans doute, ces peuples à choisir des localités partout identiques. Nous inclinons à considérer, comme faisant partie de cette famille de peuples, les habitants des lacs de

1 lliad., ch. n, 852. — Slrab., 1. V, 212.

LES CIMMÉRIENS

la Suisse dont on a découvert sous les eaux, il y a quelques années, les demeures bâties sur pilotis, à l’extrémité d’étroites chaussées, et que leurs vestiges font remonter à l’âge du bronze.

Les mythographes attribuent l’origine de la colonie vénète de l’Adriatique aux guerriers qu’Æétès, roi de Colchide, envoya, sur une puissante flotte, à la poursuite des Argonautes, ravisseurs de la Toison d’or et de sa fille Médée. Après avoir passé du Danube dans l’Adriatique, en franchissant les Alpes de la Carniole, les Cimmériens livrent combat aux Argonautes, sont défaits et, dans leur découragement, se condamnent à un exil éternel. Ils se dispersent et vont fonder des colonies, les uns en Crète, les autres en Sicile, en Italie et en Illyrie. Pola de Ligurie était citée comme une de leurs colonies L

Cette fable atteste que les anciens savaient fort bien que les populations liguriennes ou pélasges de l’Adriatique étaient originaires du nord de l’Euxin, et les poètes se sont efforcés d’expliquer ce fait en le rattachant à l’événement célèbre qui mit les Grecs en rapport avec la Colchide.

Il y avait en Italie un peuple cimmérien, voisin d’un lac Averne, et on prétendait quo par là on péné-

l Strab., 1. V f 215.

trait aux Enfers. Les Marses avaient une origine semblable et ils tenaient, disaient-ils, l’art qu’ils possédaient de charmer les serpents, d’Anguitia sœur de Médéc magicienne de Colchide.

Les Ligures sont désignés par Polybe, Pline et Plolémée, sous la dénomination de Levi, Lebui ou Libui, terme qui ne diffère pas du grec XtSuaç que nous traduisons par Libyen. La fée protectrice des Illyriens, qui commande aux éléments et que célèbrent les guzlas, c’est Libussa, en grec la Libyenne. Les populations du Monténégro, en slave Czernigora, la montagne des noirs, ne démentent point cette origine, sinon par les traits, du moins par leur teint plus profondément basané que chez aucun autre peuple du midi. Nous nous figurons par eux ce que durent être les Pélasges sortis du premier mélange des Scythes et des Libyens.

« 11 y a dans la Gaule, dit Strabon, sur la côte de Bretagne, d'autres Vénètes semblables à ceux d’Asie- Mineure et d’Italie. » Ceux-ci sont les habitants du pays de Vannes, qui opposèrent, une résistance énergique h César lorsqu'il envahit l’Armorique. Maîtres d’une flotte nombreuse montée par des marins aguerris, ces Vénètes, frères des Pélasges vénitiens, se montraient, dès lors, les dignes ancêtres des marins bretons pour qui l’Océan est une seconde patrie.

LES CIMMÉRIENS

Los Celtes, par leur pays d’origine, aboutissent donc aussi au Méotis et h la Crimée. Éphore prétend que les Cimmériens demeurent dans des cavernes et des demeures souterraines qu’ils nomment argil. Le mot celtique argel a exactement le même sens, line longue série de ces grottes se voit encore à Inkerman, et nos soldats ont campé dans les cryptes où avait commencé leur race.

La communauté d’origine est, d’ailleurs, expressément attestée par ce passage de Plutarque, dans sa biographie de Marius : « Les Cimmériens étaient un peuple considérable et belliqueux qui résidait auprès de l’Océan, aux extrémités de la terre, dans une région boisée qu’obscurcissent les vapeurs et où les jours sont si courts que l'année se partage également entre le jour et la nuit. Il y a tout lieu de croire que c'est de ce pays qu'Homère a tiré la fable des Enfers; lorsque ces barbares vinrent en Italie, leur nom de Cimmeri se modifia en celui de Cimbri l . » Marius le savait bien, puisqu’au moment de combattre les Cimbres, à Verceil, il. crut devoir immoler sa propre fille aux dieux de l’Avernc, afin de les apaiser et d’obtenir la ‘victoire.

Il reste acquis que les Cimbres ne sont autres que

l Plut., in Mario. — Henri Martin, Archéol. celtique, p. 140.

les Cymri ou Kiniri, nom national des Bretons de 1 Armorique. Le père des Kimris Hu Gadarn vint, suivant les Triades de Bretagne, avec son peuple du pays de Hafî qui est voisin de Constantinople. Or, ce pays de Haff, de l’été en celtique, rappelle, de bien près, la montagne de Kâf qui désigne le Caucase dans les anciens écrits des Orientaux.

La passion de la mer conduisit une de ces migrations, dans leur marche vers le nord, jusqu’à la Baltique. Elle s’arrêta dans le Jutland où elle retrouvait les mêmes conditions d’existence maritime qui attirèrent ses ancêtres ou ses frères à Sinope, dans l’Adriatique et sur les côtes de Bretagne.

^hilémon, un des contemporains d’Aristote, rac °nte que les Cimbres appelaient leur mer Océan morimarusa jusqu’au promontoire Rubéas, et que la partie située au delà était nommée Cronium. Or, la mer du Nord ne saurait comporter ce titre de morimarusa , mer morte ou stagnante, que Pline applique à la mer d Azof et qu’elle justifie parfaitement dans sa partie uccidentale l . Quant à l’épithète de Cronium, merde Cronos ou Saturne, elle est habituellement employée P a r les poètes pour désigner la mer d’Azof. Le promontoire que l’auteur grec appelle Rubéas, rouge, ne

1 p Hn„ Hist. nat. ; 1. IV, c. uni.

LES CIMMÊKIENS.

serait autre alors que l’ile Érylhréc ou Érythie, aujourd’hui péninsule de Kertch, qui se projette, en effet, dans le Sivasch ou mer Putride. Ce que Philémon a cru être une description du Jutland, pays des Gimbres, n’est, en réalité, qu’une réminiscence do leur terre d’origine, le Palus Mcotide.

En indiquant ici* d’une manière sommaire, les faits ethniques qui se rattachent directement à l’objet de ce chapitre, nous nous réservons de développer, dans une autre étudo qui sera consacrée aux nations européennes, les preuves de l’irruption de cette immense marée de peuples bruns partie à diverses époques, des bords de l’Euxin, et qui inonda l’Occident jusqu'à l’Atlantique. Ce mouvement de l’Est à l’Ouest est bien antérieur au reflux, dans le même sens, des populations gothiques de race blonde, et il est très-important de constater, qu’en général, il se composa à la fois des tribus noires ou basanées des Ethiopiens de la famille du Soleil, et des clans scythiques, soit blonds, soit mélangés, de la famille de la Lune, marchant conjointement sous la direction de chefs coushites ou égyptiens. Ainsi s’expliquent ces serpents et ces croissants gravés sur les dolmens et les cromlechs de la Gaule et de l’Angleterre et ces sacrifices humains renouvelés de ceux de la Tauride. C’est à la similitude des coutumes, du lan-

gage et des traditions entre ces migrations et celles qui peuplèrent la Phénicie, la Palestine et l’Arabie, qu’il faut attribuer ces rapports nombreux qui étonnent les archéologues et ont fait supposer que les Phéniciens avaient, dès une époque très-reculée, fondé des colonies dans le midi de la France, en Espagne, jusqu’en Bretagne et en Irlande. Guillaume de Humboldt fait ressortir, sans toutefois signaler le point de départ, les ressemblances des noms de lieux sur la route suivie par les Ibères. Il y avait, dans le Caucase, deux nations voisines, les Ibères et les Albaniens dont Strabon a décrit les mœurs. Ces derniers sont évidemment des Scythes de race blanche et de famille lunaire, tandis que les Iber sont de famille solaire. Ceux-ci traversent d’abord la Thrace, où le fleuve Hèbre prend leur nom; ils le donnent également au Tibre, Tiberis, et en Espagne ou Ibérie, à un autre fleuve, l’Ebre. Le Berri, en France, l’ancienne cité d 'Iliberi, dont il ne restait au temps de P. Mêla que des ruines, sont autant de témoignages du passage des Ibères; il serait facile do les multiplier. Les Ibères occupèrent toute la péninsule espagnole et la moitié de l’Aquitaine jusqu’à la Garonne ; le nom do Gironde (Gherouon, le Géryon des Grecs) est un reste de leur langue. Les Basques, ou anciens Cantabres, sont, grâce à leurs montagnes qui les ont protégés

LES CIMMÉFUENS. 177

contre l'immixtion étrangère, le dernier rameau vivant de la race ibérienne, et leur idiome a conservé un grand nombre de mots et de formules appartenant à des peuples fort éloignés : ainsi, gor, montagne (iligor, Ligures ou montagnards), se retrouve dans le slave gora comme dans le grec oros.

La légende du tyran Géryon et de ses trois fils vaincus par Osiris et Hercule, à la tête d’une armée d’Egyptiens, est la plus ancienne tradition dont la nation Ibère fasse mention. Où l’aurait-elle puisée, si ce n’est dans les souvenirs apportés des îles Méotides par leurs premiers pères? Ils introduisirent, en même temps, les appellations qui leur servaient à désigner la terre et la mer. Gadir, chez eux, comme chez les Phéniciens, marquait le détroit, et les mots okéan et atlantique désignèrent la mer adjacente qu’ils croyaient environner la terre.

Les caractères physiques distinctifs des races devaient être alors profondément tranchés, puisque, trois mille ans après, ils subsistaient encore. Tacite remarque que les Silures de l’ouest de l’Angleterre, aujourd’hui le pays de Galles, ont le teint brun foncé et les cheveux crépus; il en conclut que les Ibères s’y étaient anciennement établis L Sans qu’il soit

1 Ag ricola, c. II. U.

478 les peuples préhistoriques.

aussi apparent, tout le monde a pu remarquer ce courant brun qui, jusqu’à l’Irlande, traverse les populations blondes, en mélangeant fréquemment les yeux bleus avec les cheveux noirs, signes évidents d’une double origine.

LES SCYTHES

LES SCYTHES

Page 1