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LA RÉGION DE E’OR

Les Égyptiens, dès les temps lçs plus reculés, passaient pour être fort expérimentés dans les arts métallurgiques. Ils prétendaient en être redevables à Osiris et ils disaient que leurs premiers pères avaient commencé par se faire des outils et des armes en or pour combattre les animaux féroces et cultiver la terre. Ce métal fut, de tout temps, d'un usage commun en Égypte; les murs des sanctuaires en étaient revêtus; lçs trônes étaient d'or, les diadèmes et les bijoux trouvés dans les tombes sont, en général, d’or massif. Les cercueils en étaient couverts, dès les premières dynasties; on voit, au Louvre, des figurines d'or, remontant à des dates reculées, qui sont des

chefs-d’œuvre de ciselure. Suivant, les inscriptions, ce métal était extrait des mines de Niphaïat et de Gousch, c’est-à-dire de la Libye et de l’Éthiopie. • Les recherches des modernes n’ont point fait re-

trouver de traces de mines d’or dans la haute Égypte, et les Perses, les Grecs et les Romains n’auraient pas manqué d'exploiter une ressource aussi précieuse, si elle eût existé. Les Arabes, grands chercheurs de trésors, qui ont percé et pillé, dans ce but, toutes les pyramides de la haute et de la basse Égypte, n’ont entrepris, dans le sol, aucune fouille régulière. Pourtant, on a retrouvé les carrières d’où l’on tirait le granité qui servait à construire les temples et les colosses. Pour avoir fourni à une consommation aussi abondante que celle de leurs palais et de leurs temples, il faut que les Pharaons aient puisé à des sources autres que celles de l’Égypte et de l’Arabie, car il est plus que douteux que les mines du Sinaï aient pu y suffire.

Il y a de fortes raisons de croire que cet or provenait de la Libye et de l'Éthiopie du Nord, c’est-à-dire du Caucase. Tous les métaux s’y trouvent en abondance, et cette contrée offre des vestiges nombreux d’anciennes extractions. Le voyageur Reinegg, qui visita la Circassie, en 1781, rapporte que de riches filons d’or et d'argent s’y présentent sans qu’on les cherche, mais que les habitants ne savent travailler que le fer et négligent toute autre exploitation. Hérodote étend fort loin, au nord, les gîtes aurifères. Il raconte que, dans le pays des Massagètes, entre le

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