LA RÉGION DE L’OR
Barthélemy a établi avec solidité que les premières armes des Grecs furent de cuivre, et que l'usage du fer, ayant été introduit vers le temps du siège de Troie, on se servit concurremment des deux métaux L
Les Dactyles avaient été d'abord prêtres d'Ouranos
et de Rhéa, auxquels ils sacrifiaient, couronnés de chêne comme les Druides, puis ils furent eux-mêmes révérés comme dieux domestiques , semblables aux Lares et aux Pénates. Les Curètes ou Telchines naquirent d'Hécate et de Phoronée, c’est-à-dire du soleil et de la lune ( pkourô , soleil). Chassés de leur pays natal par un déluge immense, .ils vinrent s’établir dans la Troade, sur l’Ida, dans les îles de la Grèce, entr'autres à Rhodes, où ils fabriquèrent les statues de plusieurs dieux, la faulx de Saturne et le trident de Neptune I 2 .
Nous arrivons ici au premier âge de la Grèce, par ces Curètes, à la fois prêtres, guerriers et artisans, et qui instituèrent dans la Samothrace les mystères cabiriques dont l’antiquité se confond avec les premières immigrations pélasgiques. Les Doriens, à leur arivée dans le Péloponèse, trouvèrent les Curètes
I Barthélemy, Mém. de l’Acad. des Inscriptions, t. XXV.
Diod., 1. V, ch. xxxvii. — Pausan., Elidé, ch. vii.
■iï t LES PEUPLES PRÉHISTORIQUES.
établis sur l’isthme de Corinthe et dans l’Elide. Ce qui achève, au surplus, de démontrer l’origine scythique de ces premiers occupants de la Grèce, c’est l’analogie de leurs rites religieux avec ceux du druidisme. Les chants conservés par les bardes gaëls affirment que le druidisme commença dans File sainte de Séon, « Séon à la forte enceinte, dont la porte est solide. Làlo chaudron sacré est servi par neuf vierges qui célèbrent les mystères de Hu le Puissant. » Or ce sont précisément les mômes termes dont se servent les anciens auteurs grecs pour désigner Samothraka, File sainte des Pélasges et centre principal des travaux et des opérations magiques des Curètes, des Telchines et des Corybantes. Ils l'appellent la forte Saon. Artémidore disait que, près de la Bretagne, il y avait une île où on offrait à Cérès Déméter et à Proserpine un culte semblable à celui de la Samothrace. Cette île est Sein ou Séon, fameuse par ses rites druidiques L
Ainsi l’ensemble des fables et des traditions des peuples asiatiques et européens vient confirmer l’opinion que, pendant une longue durée de siècles, le Caucase dut être la source aurifère abondante où
1 Strab-, 1. X, 47‘2. — Lycophr. Alex , 77. — Davies, MylhoL of Druids, 1. III, ch. vin. — Slrabon, 1. IV, 198.